Les petits arrangements en périphérie globalement condamnés
Rédaction en ligne
mardi 06 avril 2010, 06:30
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La plupart des politiques qui ont commenté le reportage de la VRT sur les arrangements en périphérie bruxelloise ont quasi-unanimement condamnés ces pratiques. Même du coté flamand où seule la N-VA tempère.
@Dominique Duchesnes – Le
Les réactions ont été nombreuses au lendemain du reportage de l’émission de la VRT « Panorama » diffusée dimanche soir. Pour rappel, le reportage rapportait que plusieurs communes de la périphérie bruxelloise, comme Overijse, Gooik et Vilvorde, avaient conclu des arrangements avec des promoteurs immobiliers pour que les nouveaux logements soient vendus en priorité à des néerlandophones.
Olivier Maingain a sans doute été le plus virulent. Le président du FDF a affirmé au Soir que son parti pourrait introduire une plainte au pénal pour atteinte à la vie privée, précisant que le sujet serait remis sur la table « lors des négociations sur BHV ». « Ce que font les trois bourgmestres CD&V est une atteinte à la vie privée puisqu’on profile les candidats acheteurs sur base d’une série de données personnelles comme leur régime linguistique » a-t-il déclaré, tout en insistant sur le fait que « c’est un reportage de la VRT qui dénonce ces dérives nationalistes. Je suis content de voir qu’une prise de conscience commence à émerger au Nord du pays. »
Le CDH, via communiqué, s’est dit « choqué » par les faits révélés. Estimant qu’il s’agissait là de pratiques « anticonstitutionnelles et illégales qui constituent une atteinte au droit à l’accès à la propriété et au principe de non-discrimination ainsi qu’à la vie privée, notamment, parce qu’il s’agit de sélectionner les candidats acquéreurs en fonction de données personnelles telles que la langue pratiquée par ceux-ci », le CDH a annoncé qu’il examinait les possibilités de saisir la Commission de protection de la vie privée. En conclusion, le CDH déplore cette escalade « qui démontre combien il est urgent de résoudre ce conflit communautaire en tentant de trouver des solutions structurelles qui, notamment, améliorent la protection des droits des francophones ».
Des arrangements qualifiés d’« illégaux » en Flandre
En Flandre aussi, le reportage a été abondamment commenté. « Ces arrangements sont illégaux », a réagi l’ancien ministre flamand du Logement, Marino Keulen (Open Vld). « C’est pourquoi ils sont conclus de manière informelle. S’il y avait des traces écrites, on pourrait sévir », poursuit-il. M. Keulen se dit dérangé par le fait que les bourgmestres concernés en appellent au code flamand du logement (wooncode). « Celui-ci ne dit rien à propos de l’achat de logements », selon l’ancien ministre. « Le code flamand du logement stipule uniquement l’obligation d’apprendre le néerlandais pour les candidats locataires de logements sociaux. Les bourgmestres se cachent donc derrière des sophismes », souligne-t-il.
Même son de cloche du coté du CD&V. Le parlementaire flamand Eric Van Rompuy (CD&V) a également indiqué désapprouver les pratiques bourgmestres visés.
Seul Geert Bourgeois (N-VA), le ministre flamand de l’Intérieur, ne s’est pas rallié à ces prises de position en estimant que ces bourgmestres de la périphérie bruxelloise stimulaient le caractère flamand de leur commune en agissant de la sorte. Geert Bourgeois a indiqué avoir du respect pour l’initiative, précisant toutefois « attendre un avis juridique » avant de se prononcer sur le fond de l’affaire.
