Des cartes postales pour nos militaires
Rédaction en ligne
mercredi 07 avril 2010, 17:02
Ce mercredi, c’est la journée des vétérans. Pour l’occasion, l’Institut des Vétérans a décidé de distribuer des cartes postales dans trois gares du pays. Une mobilisation matinale pour sensibiliser les voyageurs.
Belga
« Soutenez nos vétérans ! Steune onze veteraans « . Voilà ce que l’on pouvait entendre ce mercredi matin à la gare de Bruxelles-Central, mais aussi dans celles de Namur et de Gand-Saint-Pierre. Des membres de l’Institut des vétérans ont distribué plus de 14.000 cartes postales. Mais dans quel but ? Ecrire un mot pour nos militaires actuellement en mission en Afghanistan, au Liban ou dans d’autres pays étrangers. Une opération simple, mais qui produit son effet. Les voyageurs sont nombreux à accepter la carte et à la remplir tout de suite pour la déposer dans une boîte. D’autres refusent. « Ils pensent qu’on essaye de leur vendre quelque chose ou de leur soutirer des dons », nous dit l’un d’eux, revenu d’Afghanistan.
Une opération nouvelle, mais pas la première
Cette opération n’est pas la première du genre. Lors des éditions précédentes, il s’agissait surtout de rendre hommage. Un mur du souvenir avait même été inauguré la première année. C’est « un jour de commémoration et de reconnaissance pour les 28.000 vétérans belges », relève l’Institut. Un jour pourtant peu connu du grand public.
« Les militaires ont droit à une reconnaissance, ils ne sont pas assez connus de la population. La première reconnaissance, c’est le public qui la donne «, souligne Pascal Gautier, responsable du service « Mémoire et Communication » de l’Institut des Vétérans. Un site permet aux Belges d’envoyer des messages de soutien aux militaires à l’étranger.
Beaucoup de voyageurs disaient ne pas connaître cette journée. Mais leur avis est unanime quant à l’utilité de ce genre d’opération : les militaires belges en mission à l’étranger seront contents de voir que l’on pense à eux, et pas seulement leur famille. Une grand-mère et son petit-fils se baladaient dans la gare. Le papa du garçon, militaire, a servi en Afghanistan. « Mon fils était heureux de recevoir des nouvelles de la famille et de la Belgique quand il était là-bas, il y a trois ans. Il les attendait même avec impatience », témoigne-t-elle. Et d’ajouter : « Je pense que ces cartes postales feront plaisir aux militaires, ça leur fera chaud au cœur de voir que l’on pense à eux, qu’ils ne sont pas si seuls ».
Une mobilisation sur les réseaux sociaux
L’Institut a créé une page Facebook dont on peut devenir fan. « C’est une façon de faire vivre la mémoire des militaires, ce qui est aussi le but de notre service «, ajoute Pascal Gautier. « Nous avons créé un profil pour chaque soldat tombé en mission, reprenant son histoire, parfois incomplète. Cela peut inciter les gens qui ont connu ce militaire à se manifester et à faire partager ses souvenirs. Famille, collègues et connaissances ont aussi la possibilité de nous envoyer des photos pour faire vivre la mémoire de ces militaires morts en mission ». Utiliser Facebook représente une manière différente de se souvenir, autrement que par un mémorial ou une cérémonie.
Et cette façon de faire remporte un certain succès. « Nous avons déjà des centaines de fans sur plusieurs profils. On peut devenir fan d’un seul profil ou du groupe entier. C’est fantastique de voir que ces soldats ne sont pas oubliés », fait remarquer Pascal Gautier.
L’Institut des vétérans communique aussi sur twitter. Le côté interactif semble être important pour l’Institut des vétérans. Un chat vidéo en direct permettra aussi aux familles de discuter avec leur mari, leur fils, un membre de leur famille, en mission à l’étranger. « Nous avons décidé d’organiser ça pour vraiment marquer le pas et montrer qu’en Belgique, nous pensons aux militaires qui sont là-bas. Ca leur permet aussi de toujours avoir un contact avec leur famille « .
Une rencontre avec les jeunes
Faire vivre la mémoire des vétérans constitue un but essentiel de l’Institut. Et sensibiliser les jeunes. Ses membres vont à la rencontre des ados, souvent accompagnés d’un vétéran : des soldats qui ont participé à des missions, comme celles du Congo en 1960 ou de l’Afghanistan de nos jours. « Ils partagent leur vécu avec les jeunes et leur font passer un message de tolérance et de démocratie », rapporte Pascal Gautier.
Le statut de « vétéran » est un titre honorifique reconnu par la loi du 10 avril 2003. Il concerne les membres du personnel de la Défense qui participent ou ont participé à des missions et opérations extérieures, qu’elles soient militaires ou humanitaires armées, de 1960 à aujourd’hui.
Contrairement à ce que l’on pense, il ne faut pas être âgé pour être un vétéran. Certains n’ont que 22 ans. Un arrêté royal du 12 octobre 2006 détermine les opérations auxquelles il faut avoir participé pour devenir « vétéran » - le site de l’Institut en reprend la liste où figurent notamment l’Afghanistan, l’Albanie, le Congo, l’Irak et le Kosovo.
L’octroi du titre honorifique de vétéran « a permis d’étendre l’expression de la reconnaissance nationale à ces hommes et femmes qui souvent, prennent de gros risques pour leur vie et leur santé loin des leurs », souligne l’Institut.
Des soldats pour rétablir la paix
Cent soldats belges sont présents sur le sol afghan depuis 2008 et 70 autres sont venus les rejoindre en 2009 dans le cadre de l’OTAN. Ils sont affectés dans une compagnie de protection sur l’aéroport international de Kaboul, dans les « équipes provinciales de reconstruction », à l’état-major ISAF (forces internationales d’assistance et de sécurité), dans la région nord, à Masar-E-Sharif.
Les militaires belges sont au Liban depuis 2006 dans le cadre de l’opération ONU « BELUFIL », où ils s’occupent essentiellement de déminage. A l’heure actuelle, nos soldats ont déminé plus de 15.000 pièces qui n’avaient pas encore explosé. C’est de cette façon que l’armée belge participe au maintien de la paix au Moyen-Orient. Quatre militaires ont perdu la vie dans cette mission au Liban.
Depuis la création de la Belgique, 50.000 Belges sont décédés lors de guerres ou d’opérations militaires. Depuis 1960, 146 ont perdu la vie en mission.
Elodie Lamblin (St)





