La périphérie toujours moins flamande

LAMENSCH,MICHELLE

jeudi 08 avril 2010, 08:21

Une étude de la VUB évoque une « déflamandisation significative » de la périphérie. Par Michelle Lamensch

La périphérie toujours moins flamande

Le Soir (Pierre – Yves Thienpont)

Francisation, « déflamandisation » de la périphérie bruxelloise, ces mots font peur aux nationalistes flamands. Et la tendance, qui n’est pas neuve, n’est pas près de s’arrêter, malgré les « arrangements » de bourgmestres CD&V et décrets de la Région flamande, réservant l’achat de nouvelles constructions aux néerlandophones.

Dans une étude de 2009 (1), le démographe de la VUB, Didier Willaert, révèle qu’« une grande partie des habitants actuels de la périphérie habitaient autrefois Bruxelles ». Il évoque également une « déflamandisation significative » de la périphérie parce que cette arrivée « massive » de la capitale s’est doublée d’une désertion flamande vers le reste de la Flandre et la Wallonie.

Cette double tendance migratoire, enregistrée, en réalité, depuis une cinquantaine d’années, selon la VUB, s’est encore renforcée depuis 2003.

En 1999, le solde migratoire indiquait un afflux annuel de 2.800 Bruxellois (belges et étrangers) en périphérie. En 2006, cet afflux était de 5.600. La part des Belges dans ce solde, naguère négative, opère un redressement. De 2001 à 2006, les Bruxellois attirés par la périphérie sont surtout des trentenaires très qualifiés, diplômés en français. Tandis que les Flamands qui émigrent ont la vingtaine et un diplôme en néerlandais. Poussant plus loin son analyse, le démographe de la VUB observe que les ex-Bruxellois francophones très qualifiés, qui continuent de quitter la capitale, s’installent de préférence dans une commune à facilités, ou en Wallonie, plutôt que dans une commune sans facilités.

À l’inverse, la frontière linguistique représente un « réel obstacle » pour les Flamands hautement qualifiés. Peu d’entre eux s’installent à Bruxelles, préférant la Flandre, voire des communes wallonnes voisines de la Flandre.

Autre constat : le nombre de jeunes Flamands qui délaissent la périphérie s’est « considérablement accru » récemment. La hausse de l’immobilier l’expliquerait en partie. Les coûts, en moyenne supérieurs de 35 % au reste de la Flandre, auraient connu, partout en Flandre, une « augmentation spectaculaire » depuis 2004. À cet égard, la VUB approuve le décret Wonen in eigen streek, réservant les nouvelles constructions en zone d’extension d’habitat à des acheteurs présentant un lien « important et durable » avec la commune.

La « déflamandisation » de la périphérie s’accompagne aussi d’une diminution du nombre de néerlandophones à Bruxelles. La VUB y prône, dès lors, un renforcement de l’enseignement du néerlandais. Elle dit ainsi espérer qu’en cas d’exode urbain récurrent, un nombre croissant de gens venant s’établir en périphérie maîtriseraient les bases du néerlandais. La VUB suggère également au gouvernement flamand d’encourager l’installation de Flamands à Bruxelles, en y développant une politique d’accueil (soins de santé, accueil des enfants, etc.).

Vos réactions

Je me connecte Je m'inscris

Nouveau : changement dans la procédure de connexion. En savoir plus

Quelques règles de bonne conduite avant de réagir