Afghanistan : la Défense minimise l’incident

Rédaction en ligne

vendredi 09 avril 2010, 14:26

Le ministère de la Défense concède que l’incident du type de celui arrivé vendredi à des démineurs belges est « grave » mais tempère en ajoutant que « ce n’est pas la première fois » que ça arrive.

Le ministère de la Défense a minimisé vendredi le caractère exceptionnel de l’incident survenu la semaine dernière dans le nord de l’Afghanistan, au cours duquel des démineurs belges ont été pris sous le feu lors d’une embuscade mortelle pour trois soldats allemands et six Afghans, soulignant que « ce n’était pas la première fois » et que finalement aucun des militaires belges n’avait été blessé, au cours d’un point de presse hebdomadaire – le 38e du genre depuis juillet dernier mais auquel assistaient, une fois n’est pas coutume, de nombreux journalistes. L’un des collaborateurs du ministre de la Défense, Pieter De Crem (CD&V), a toutefois admis qu’il s’agissait d’un incident « grave ».

Les porte-parole ont confirmé la seconde version de l’accrochage du vendredi 2 avril, celle admise mardi par le ministère de la Défense après que l’un des démineurs eut indiqué sur le site internet paracommando.be que lui-même et un de ses collègues avaient participé aux combats contre les insurgés – des talibans présumés – avant de regagner, plusieurs heures plus tard, leur cantonnement de Kunduz. Mais au final, « il ne s’est rien passé (de grave) pour les Belges » qui s’en sont sortis « tous sains et saufs », a souligné l’un des porte-parole, le commandant Didier De Weerdt, rappelant que ce genre d’incident était évoqué lors de chaque point de presse hebdomadaire.

Le commandant De Weerdt s’est refusé à fournir tout détail sur la chronologie de l’incident – « un contact avec des éléments ennemis » –, ajoutant que ce genre de renseignement était réservé à la commission parlementaire de suivi sur les opérations à l’étranger, qui se réunit une fois par mois à huis clos et rassemble désormais à la fois des députés et des sénateurs. La Défense ne communique en principe (vers la presse et donc le grand public) qu’en cas d’incident mortel, a-t-il souligné. Il a néanmoins assuré que la Défense communiquerait plus rapidement si un incident plus grave se produisait.

Le porte-parole de M. De Crem a aussi expliqué le retard dans l’établissement de la seconde version de l’accrochage par les 6.000 kilomètres séparant l’Afghanistan de Bruxelles et par le laps de temps nécessaire pour faire remonter l’information vers l’état-major de l’armée. « Cette (première) information s’est avérée incomplète, puis on l’a complétée », a-t-il dit. Il a démenti toute « opération d’étouffement » évoquée le matin même par le syndicat socialiste CGSP dans le journal ‘Het Laatste Nieuws’ et rappelé des propos de M. De Crem, qui affirme fréquemment que « le risque zéro n’existe pas » lors d’opérations militaires. Mais nos troupes sont bien entraînées et équipées pour ce genre de mission, a-t-il assuré.

(belga)

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