Pédophilie dans l’Eglise belge : seuls 5% des plaintes ont abouti
Rédaction en ligne
lundi 12 avril 2010, 16:01
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Plus de 300 plaintes pour des cas de pédophilie ont été portées à la connaissance des évêques de Belgique, mais 15 seulement ont abouti et les coupables n’ont jamais été sanctionnés, accuse un prêtre qui a assisté de nombreuses victimes.
Fondateur du groupe de travail « droits de l’homme dans l’Eglise » qui défend les victimes d’abus dans l’Eglise, le père Devillé, 65 ans, a déploré le manque de soutien de la hiérarchie catholique belge.
La réaction du porte-parole des évêques
Il existe une commission « indépendante et compétente » pour les victimes d’actes pédophiles dans les années 90 qui « sont toujours en souffrance aujourd’hui », a rappelé lundi Eric De Beukelaer, porte-parole des évêques de Belgique, en réaction aux propos de Rik Devillé. Eric De Beukelaer a répondu à ces propos qu’« il était difficile de réagir sur ces chiffres, mais que pour les personnes qui sont toujours en souffrance actuellement, il existe une commission pour le traitement des abus sexuels ». Et d’ajouter que « les évêques ont toujours pris au sérieux ce genre de plainte ».
La commission pour les traitements d’abus sexuels commis par des prêtres a été créée en 1998, à la suite de l’affaire Dutroux. « Avec les scandales de pédophilie qui éclatent un peu partout, des personnes ayant subi des abus il y a des années éprouvent le besoin d’en parler », note Eric De Beukelaer. « Il y a généralement prescription, mais la commission sert à reconnaître leurs souffrances », a encore indiqué le porte-parole qui a rappelé que la commission, composée de pédopsychiatres, de prêtres juristes et de bénévoles compétents, accueille et écoute « sans pour autant réparer le mal qui a été commis ».
(belga)
« Très peu d’évêques nous ont aidés », a-t-il soutenu. Dans la grande majorité des cas, les victimes se sont entendu dire que leur affaire était « malheureusement prescrite », a-t-il déploré.
Dans certaines affaires, les victimes ont même été poursuivies pour diffamation, s’est-il insurgé.
« Nous avons eu le cas d’un prêtre accusé à trois reprises d’abus et qui à chaque fois a été muté dans un endroit où il n’était pas connu, et où il continuait de sévir », a raconté le père Devillé. Ordonné prêtre en 1969, le père Devillé a dirigé jusqu’en 1981 la paroisse de Buizingen à Hal. Il est aujourd’hui à la retraite.
« Pendant des décennies, l’Eglise a mal géré le problème de la pédophilie en son sein », a reconnu le nouveau primat de Belgique, Mgr André Léonard, lors de son homélie pascale, en dénonçant « un silence coupable ».
Le porte-parole de la Conférence des évêques catholiques de Belgique Eric De Beukelaer, a pour sa part proposé la création d’une commission d’enquête sur la manière dont l’Eglise de ce pays a traité dans le passé des affaires de pédophilie parmi les membres de son clergé.
Par cette commission d’enquête, les comportements du passé de l’Eglise catholique de Belgique pourraient être décryptés et étudiés, cela avec le soutien de l’Eglise, a-t-il affirmé.
(afp)
