Alors qu'une partie du nuage se rapproche de la Belgique, presque personne ne s'est présenté à l'aéroport de Brussels Airport, qui restera fermé jusque samedi 10h au moins. Certains voyageurs, présents dans les aéroports, espèrent néanmoins que la situation évolue. Par ailleurs, quelque 200 passagers dont le vol a été annulé en raison du nuage de cendres islandais ont passé la nuit dans la zone de transit de l'aéroport de Bruxelles parce qu'ils n'avaient pas de visa pour entrer en Belgique, a indiqué vendredi matin le porte-parole de l'aéroport Paul De Backer.
Brussels Airlines invite ses passagers à modifier leur réservation
Brussels Airlines offre la possibilité à l'ensemble de ses passagers prévus ce jeudi sur un vol de la compagnie aérienne belge de modifier gratuitement leur réservation ou d'obtenir un remboursement de leur billet, indique-t-elle dans un communiqué.
Les passagers peuvent modifier leur réservation ou se faire rembourser via leur agence de voyage, en appelant le numéro 078/18.88.89 (coût normal) ou au comptoir de la compagnie, au sein de l'aéroport.
Brussels Airlines déconseille néanmoins cette dernière possibilité afin d'éviter les files.
La compagnie offrira également son assistance à l'ensemble des passagers bloqués à l'aéroport, et ce en fonction de leurs besoins (repas, boissons, lignes téléphoniques, réservations d'une nuit dans un hôtel
).
(belga)
L'aéroport de Charleroi, lui, souligne que la plupart de ses vols risquent d'êtres annulés. Peu de personnes se présentaient vendredi matin à l'aéroport. Moins d'une cinquantaine de passagers dont le vol a été annulé en raison du nuage de cendres islandais ont passé la nuit de jeudi à vendredi à l'aéroport de Charleroi, a indiqué Mélissa Milioto, porte-parole de l'aéroport. Des lits de camp ont été mis à disposition des passagers par la Croix-Rouge mobilisée toute la nuit à l'aéroport. Peu de passagers se sont présentés jeudi soir à l'aéroport de Charleroi, respectant ainsi les instructions de l'aéroport. « Les consignes diffusées par les médias ont été bien suivies », a indiqué Mélissa Milioto. D'autres seront fortement retardés et déviés. « C'est le cas notamment des vols vers la Pologne de 17h20 et vers Budapest de 17h30 par la compagnie Wizz Air, qui sont déviés vers Cologne. Des navettes emmenant les passagers vers Cologne ont été mises en place pour permettre aux voyageurs d'embarquer malgré tout. Air Arabia, qui a également un vol prévu, n'a quant à elle pas encore décidé de ce qu'elle comptait faire », a indiqué Charleroi Airport, qui conseille à tous les passagers qui doivent prendre l'avion de contacter leur compagnie aérienne avant de se rendre à l'aéroport. Les informations sur
le statut des vols seront affichées au fur et à mesure sur leur site Internet.
En ce qui concerne Brussels Airport, les passagers dont le vol était prévu à partir de 16h30 doivent aussi contacter leur compagnie aérienne avant de se rendre à l'aéroport. Rien qu'entre 16h30 et 22 heures ce jeudi, 236 vols, dont 218 vols passagers étaient prévus. En raison du nombre important de visiteurs, les sites internet des deux aéroports sont difficilement accessibles.
20.000 passagers affectés
La fermeture de l'espace aérien au-dessus de la Belgique affectera quelque 20.000 passagers qui devaient prendre l'avion vendredi, précise Brussels Airport.
« Nous avons dit que ce serait pour 24 heures au moins, mais bien sûr en fonction de la vitesse du vent, si ce nuage passe vers d'autres régions et que la Belgique se retrouve sans ces poussières volcaniques, alors on peut reprendre beaucoup plus vite », a commenté le secrétaire d'Etat à la Mobilité Etienne Schouppe, interrogé par la télévision RTL.
« Si par contre, comme certains l'annoncent déjà, cela durait plus longtemps, alors nous allons inévitablement prolonger la mesure », a-t-il ajouté. « Dans l'intérêt de la sécurité du transport aérien, nous prendrons les mesures qui s'imposent », a encore commenté le responsable.
L'aéroport international de Bruxelles s'attend à ce que « des centaines de passagers » passent la nuit de jeudi à vendredi dans ses locaux. Des zones de repos ont été aménagées avec des lits de camps, des bouteilles d'eau sont distribuées et l'assistance médicale a été renforcée.
« Les impacts économiques sont réels mais ce n'est pas notre souci pour l'instant, notre souci c'est de veiller au bon accueil des passagers », a déclaré aux télévisions belges le porte-parole de l'aéroport de Bruxelles, Paul de Backer.
Graves conséquences financières pour l'aéroport
La paralysie totale du trafic aérien de Brussels Airport pendant deux jours a de lourdes conséquences financières pour Brussels Airlines, a déclaré ce jeudi son CEO Bernard Gustin. Non seulement l'entreprise devra payer des nuitées d'hôtel à des centaines de passagers, mais cela signifie aussi que moins de tickets seront vendus dans les semaines à venir.
« Des jours comme aujourd'hui et demain ont différentes conséquences financières » a expliqué le CEO. « Nous devons tout d'abord faire en sorte que nos passagers soient accueillis dans un hôtel, que ce soit en Belgique ou à l'étranger ».
« Ensuite, un certain nombre de passagers qui auraient dû prendre leur avion aujourd'hui et demain seront transférés gratuitement vers un autre vol, ce qui signifie que les places qu'ils vont prendre dans ces autres vols ne seront plus disponibles pour les autres passagers qui eux, ont payé », a-t-il ajouté.
De plus, le personnel de Brussels Airlines travaillera des heures supplémentaires jeudi et vendredi.
L'entretien des appareils engendrera également des coûts supplémentaires. « Chaque appareil doit recevoir un entretien toutes les 24 heures. Pour certains appareils qui restent à l'étranger, nous devons envoyer des techniciens d'entretien vers les différentes destinations », a encore expliqué Bernard Gustin.
Les tempêtes de neige de décembre 2009 qui avaient également provoqué l'annulation de certains vols, avaient coûté entre 4 et 5 millions d'euros à Brussels Airport.
Les conséquences financières exactes de l'éruption volcanique en Islande seront beaucoup plus claires d'ici quelques semaines.
(belga, afp)