Vanhengel veut voter la proposition de scission
Rédaction en ligne
jeudi 22 avril 2010, 12:15
Selon Vanhengel, la scission de BHV doit être mise à l’ordre du jour sans délai. François-Xavier de Donnea (MR) y voit un crédit d’une semaine mais Francis Delpérée (CDH) juge cela illégal. Au CS&V, on évoque une dernière tentative.
(Belga)
Selon le vice-premier ministre Guy Vanhengel (Open VLD), les partis flamands doivent maintenant voter à la Chambre la proposition de loi qui scinde l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vivorde. « Je crois que les négociations sont à l’arrêt et maintenant, il faut faire ce que l’on a toujours dit : en cas d’échec des négociations, nous devons voter la proposition de loi. L’Open VLD a toujours été plus que responsable mais à un certain moment, nous perdons toute patience », a-t-il déclaré. Selon M. Vanhengel, les partis flamands doivent demander la mise à l’ordre du jour de la Chambre du texte déjà approuvé en Commission. Le vice-premier ministre ne voit pas pourquoi il faudrait parler de crise si cette proposition était approuvée. « Ce n’est pas parce qu’une proposition de loi est approuvée que c’est une crise », a-t-il dit.
Le sp.a pas disposé à entrer dans un gouvernement intérimaire
Le sp.a n’est pas disposé à entrer dans un gouvernement intérimaire si l’Open Vld quittait la majorité, a confirmé jeudi le chef de groupe sp.a au Sénat, Johan Vande Lanotte. « La population a besoin d’un gouvernement qui gouverne. S’il n’est pas capable de le faire, il faut un nouveau gouvernement », a-t-il dit. La stabilité est nécessaire pour permettre à un gouvernement de travailler, a-t-il ajouté. « Un gouvernement intérimaire, qui ne tiendrait que pendant un an jusqu’aux élections, ça n’est pas une bonne chose », a-t-il dit.
Et de faire remarquer : « ce n’est pas à l’opposition de sauver le gouvernement ». M. Vande Lanotte ne veut pas non plus dramatiser la situation actuelle. « Cette crise ne dit pas grand-chose sur la Belgique mais sur la majorité actuelle », a-t-il répondu à un journaliste de la télévision néerlandaise.
Selon François-Xavier de Donnea (MR), « Implicitement, le VLD nous donne encore un peu de temps pour négocier et éviter un vote jeudi à la Chambre ». Si le texte est mis à l’ordre du jour, le vote aura lieu jeudi prochain. Sauf si un accord est trouvé d’ici là.
Pour Francis Delpérée, constitutionnaliste, l’idée que les Flamands puissent voter leur proposition de loi de scission de BHV dans une semaine est illégale : « ce n’est pas du droit, nous dit-il, toute la jurisprudence montre qu’un tel vote est prohibé tant qu’un conflit d’intérêt est en cours, ce qui est le cas ». Tous s’interrogent sur cette nouvelle provocation venue de Flandre.
A 11h, la réunion était toujours en cours.
« Encore une petite tentative »
Le sénateur Pol Vandendriessche (CD&V) a plaidé jeudi matin, à l’entame d’une réunion du groupe CD&V au parlement, en faveur d’une « petite tentative encore » pour aboutir à une solution négociée sur BHV, sur la base des propositions formulées par le médiateur royal Jean-Luc Dehaene. En dehors de ce « paquet », rien ne sera possible, a-t-il jugé.
Onkelinkx : une scission « impossible »
Interrogée dans les couloirs de la Chambre, la vice-première ministre PS, Laurette Onkelinx, a répété son appel à la responsabilité. Un vote à la Chambre de la proposition scindant BHV est, selon elle, impossible. Les francophones enclencheront la procédure de sonnette d’alarme. « Il n’y aura pas de vote, c’est impossible. Il y a une procédure de sonnette d’alarme qui empêche l’agression d’une communauté contre une autre », a-t-elle expliqué. Ce faisant, le problème serait renvoyé au gouvernement fédéral qui pourrait tomber sur la question. La Belgique irait alors « vers une crise grave, une crise de régime peut-être », a-t-elle ajouté.