Le souverain a rencontré jeudi et vendredi les présidents des cinq partis de la majorité ainsi que ceux des écologistes du nord et du sud du pays et la présidente du SP.A, Caroline Gennez. Il poursuivra ses consultations au cours du week-end. Il recevra notamment les partenaires sociaux samedi.
Van Rompuy espère pouvoir travailler avec le gouvernement actuel rénové, revigoré et réinstallé
Le président du Conseil européen espère pouvoir travailler avec le gouvernement actuel, a-t-il expliqué lundi dans une séquence diffusée par la VRT. Le bon sens vaincra, souhaite-t-il.
« Une semaine, c'est long en politique. On verra ce qui se passera mais j'espère que le bon sens vaincra, comme beaucoup de Belges flamands et francophones. Je me réjouirai de travailler avec le gouvernement actuel rénové, revigoré, réinstallé », a-t-il déclaré, interrogé lors d'une conférence.
(Belga)
Chacun attend la fin de ces consultations. Quelques contacts informels ont eu lieu par ailleurs, surtout entre partis francophones. Ceux-ci, comme les partis flamands, ont par ailleurs décidé de jouer la prudence. Ils ont en effet convenu qu'aucun négociateur ne participera aux émissions télévisées dominicales consacrées au dossier.
Pour la reprise éventuelle des négociations, le CD&V disait vendredi ne pas avoir l'intention de prendre une initiative pour renouer le dialogue puisqu'il n'est pas responsable de la situation de crise.
Rétablir la confiance
Dans certains partis on souligne que les consultations du roi ont pour but de restaurer la confiance.
L'Open VLD a dit jeudi matin que la confiance était rompue. Les événements de jeudi après-midi à la Chambre l'ont définitivement ébranlée, ajoute-t-on dans les autres partis. Il faudra donc un peu de temps pour sortir de cette situation. Cela ne vaut pas la peine de se remettre à table si on n'est pas certain de la volonté de chacun d'aboutir, disait-on encore dans des partis de la majorité. Certains doutent en effet de la véritable volonté de l'Open VLD et du MR d'aboutir à un compromis.
Alexander De Croo, le président de l'Open VLD, le parti qui a déclenché la crise, est quelque peu revenu sur ses positions jeudi soir. Il a expliqué que les négociations pourraient reprendre mais à certaines conditions. « Si ceux qui ont brisé la confiance font un effort pour la restaurer, on peut réévaluer la situation », a-t-il expliqué. Mais pour lui, son parti pourrait participer à des discussions qui se déroulent dans les limites du texte de Jean-Luc Dehaene et qui aboutissent rapidement, par exemple pour jeudi prochain.
Les présidents des partis francophones se sont dit prêts à rouvrir les discussions avec l'Open VLD mais n'acceptent pas de nouvel ultimatum. Ce nouveau délai fixé par l'Open VLD semble d'autant plus difficile à tenir que la confiance est rompue et qu'il faudra sans doute encore quelques jours avant de se remettre à négocier si on n'y arrive.
Les revirements successifs de l'Open VLD en laissent d'ailleurs plus d'un perplexe. Alexander De Croo a en effet participé à la négociation sur la déclaration qu'Yves Leterme aurait dû lire à la Chambre jeudi avant de déclarer, à l'issue de la réunion et à la surprise générale, que la confiance était rompue. Après avoir mis définitivement le feu aux poudres jeudi à la Chambre, il a à nouveau entrouvert la porte à la négociation jeudi soir tout en fixant de nouvelles conditions.
Plusieurs partis ont tenu des Bureaux pour informer leurs mandataires de l'évolution de la situation. Le CDH a réuni un Bureau politique jeudi soir. Le PS a fait de même vendredi tout comme le CD&V et Ecolo.
Alexander De Croo brise le colloque singulier
Par ailleurs, fait inhabituel, Alexander De Croo s'est exprimé jeudi soir sur la VRT à l'issue de son entretien avec le Roi, rompant le colloque singulier, une règle non écrite du système constitutionnel belge.
Les observateurs font remarquer qu'après la volonté de l'Open VLD de tenir jeudi une séance plénière de la Chambre en l'absence de gouvernement, c'était la deuxième fois en 24 heures que les libéraux flamands foulent au pied les us et coutumes de la démocratie belge.
« Le roi a dit : est-ce clair que vous voulez une solution rapide à BHV ? C'est vrai, vous avez bien lu, lui ai-je répondu », a commenté Alexander De Croo sur la VRT. « Quelles options envisagez-vous pour amener une solution à BHV ? », a encore demandé le chef de l'Etat cité par le président du VLD.
Bacquelaine demande une réaction officielle de la Chambre après l'incident du Vlaams Belang
Le chef de groupe MR, Daniel Bacquelaine, a écrit vendredi au président de la Chambre, Patrick Dewael, après l'incident provoqué jeudi par le Vlaams Belang dans l'hémicycle de la Chambre, a indiqué la RTBF. Il réclame une réaction officielle et publique de la Chambre au début de la prochaine séance plénière.
M. Bacquelaine rappelle l'indignation des groupes politiques francophones après cet événement qu'il qualifie de « très grave ». Les parlementaires et militants qui se sont ainsi introduits dans l'hémicycle et au balcon de celui-ci ont sciemment enfreint le règlement, explique-t-il.
Le chef de groupe demande si l'absence de réaction du service de sécurité de la Chambre a fait l'objet d'une enquête interne, si les identités des personnes qui ont mené cette action sont connues, si les procédures de sécurité seront adaptées et si des procédures judiciaires sont envisagées.
Le point sera abordé lundi lors de la Conférence des présidents.
(Belga)