Prêtre pédophile : André Léonard savait
DELEPIERRE,FREDERIC
jeudi 29 avril 2010, 10:31
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Un adolescent abusé par le prêtre de son village s’en était ouvert auprès d’André Léonard, alors évêque de Namur.
Thierry du Bois )
Rebondissement dans un ancien dossier de pédophilie impliquant un prêtre du Sud-Luxembourg. Une expertise psychologique pratiquée sur Joël Devillet, la victime qui avait 14 ans à l’époque des faits, a révélé ses résultats. Selon la victime, ils pourraient impliquer le nouveau primat de Belgique, Mgr Léonard : abusé sexuellement par un prêtre alors qu’il était enfant de chœur, à Aubange, Joël Devillet reprochait à Mgr Léonard une certaine passivité dans la prise de sanctions à l’égard de l’abbé pédophile.
Le porte-parole de Léonard : « Laissons la justice faire son travail »
Le porte-parole de Mgr Léonard n’a pas tenu à trop s’exprimer sur l’affaire : « Cette affaire a déjà suffisamment suscité la polémique, nous ne souhaitons pas réagir aux propos de monsieur Devillet. » Il a encore ajouté que le tribunal de Namur avait partiellement donné raison à l’archevêque le 17 février 2009 dans sa procédure civile contre Joël Devillet. Il y a encore une procédure qui court à propos de l’invalidité de M. Devillet et sa demande de dédommagement. « Nous laissons la justice faire son travail », a encore précisé Eric De Beukelaer.
(Belga)
L’an dernier, devant le tribunal civil de Namur, l’ancien enfant de chœur avait tenté d’obtenir réparation de l’évêché de Namur suite à son éviction, après 3 ans passés au grand séminaire. Les autorités ecclésiastiques avaient jugé son profil psychologique inadéquat pour accéder à la prêtrise. En février 2009, le tribunal civil l’avait débouté : il avait estimé que Devillet n’apportait pas la démonstration que ses reproches à l’encontre de Mgr Léonard seraient à l’origine de son échec lors de sa formation de séminariste. Le tribunal avait jugé que la victime n’avait pas essayé d’accéder à la vie religieuse par une autre voie que celle de la prêtrise via le grand séminaire.
Joël Devillet se voyait débouté. Le tribunal civil considérait la demande de l’indemnisation pour la perte de trois années de séminaire comme non fondée. Un second échec après celui essuyé devant le tribunal correctionnel d’Arlon, qui avait constaté la prescription de l’action publique, le 11 février 2004.
Une porte restait ouverte. Celle des préjudices moraux et psychologiques subis. Selon Joël Devillet, les résultats de l’expertise concluent que les troubles dont il souffre sont imputables à 16 % à son éviction. « Un pourcentage important », selon Me Chomé, l’avocat de la victime, qui s’interroge sur l’attitude future de Mgr Léonard, « qui semble s’être lancé dans une opération “mains propres” au sein de l’Eglise belge ».
La victime a écrit un livre, « Violé par un prêtre », paru en 2009 aux Editions de l’Arbre. L’ouvrage va être traduit en néerlandais. Dans ce livre, Joël Devillet reprend des courriers d’André Léonard.
