Maingain : « Céder au nationalisme flamand le renforce »

Rédaction en ligne

mardi 04 mai 2010, 15:47

Le président du FDF, Olivier Maingain, a répondu aux questions des internautes du Soir. Il insiste : les francophones ne doivent « pas céder sans contrepartie aux exigences flamandes ». Relisez l’intégralité du chat

Maingain : « Céder au nationalisme flamand le renforce »

Olivier Maingain Photo : Le Soir/Sylvain Piraux

Un accord ne sera-t-il pas encore plus difficile à trouver après les élections, particulièrement si un parti comme la N-VA est plébiscité au Nord du pays ?

« Premièrement, je ne suis pas du tout convaincu que ce sont forcément les partis nationalistes et séparatistes qui sortiront renforcés des élections. Indépendamment de cela, je constate que le CD&V, au regard des négociations depuis 2007, ne s’est pas montré plus conciliant à l’égard des demandes francophones. Et sur BHV, Jean-Luc Dehaene n’a pas été spécialement ouvert aux préoccupations des francophones.

Il ne s’agit pas de refuser tout dialogue institutionnel avec les partis flamands mais on ne peut accepter que ce dialogue se fasse au départ des seules demandes flamandes. Toutes les exigences francophones doivent être mises sur la table. On ne peut pas accepter une discussion où les partis flamands considèrent dès le départ qu’il y a des demandes francophones qui sont écartées d’office. A l’évidence, M. Dehaene n’avait pas compris ou ne pouvait accepter ce que les Francophones demandaient. c’est ce que j’ai rappelé par mes déclarations

Si les partis flamands veulent négocier – comme nous l’avons fait en 2005 – cela sera bénéfique pour tout le monde et cela privera les plus nationalistes en Flandre de certains arguments. »

N’est-il pas temps de régler BHV « à n’importe quel prix » pour enfin s’attaquer aux problèmes socio-économiques ?

« Croire qu’on va pouvoir aborder les problèmes socio-économiques si les francophones font des concessions aux Flamands est faux. Car lorsque des mauvais accords institutionnels sont conclus, on s’expose toujours à de nouveaux problèmes. Ce qui explique, d’ailleurs, que le problème de la périphérie reste aussi vif dans le débat politique.

Ceux qui pensent qu’en cédant toujours au nationalisme flamand on calme le jeu, se trompent. Au contraire, on le renforce.

il n’y a pas d’avenir pour une Belgique fédérale que le nationalisme flamand aurait ruiné. Le nationalisme flamand porte durement atteinte à la réputation de la Belgique à l’étranger. il ne s’agit pas d’un conflit de langue mais du respect des valeurs et principes démocratiques. Tel est un des enjeux de BHV. »

Le FDF sera-t-il présent en Wallonie ?

« Oui, il y aura en tout cas un ou plusieurs candidats FDF sur la liste du Sénat qui couvre toute la Wallonie et Bruxelles-Hal-Vilvorde. Le premier candidat FDF sur la liste du Sénat sera fort probablement Didier Gosuin, ancien ministre.

Pour la Chambre, c’est une question qui reste ouverte. Je reçois beaucoup de messages de Wallons qui souhaitent voter FDF et j’en suis très honoré. Mais je suis modeste, je n’ai pas encore de personnalités qui ont des responsabilités dans la vie locale en Wallonie. Leur présence n’est toutefois pas exclue. Sinon, j’invite les Wallons à voter MR. »

Le MR soutient-il à 100 % la ligne du FDF ?

« Didier Reynders a toujours été très clair. Il a toujours dit que les propositions Dehaene n’étaient pas acceptables. Daniel Bacquelaine, chef de groupe à la Chambre, l’a répété à maintes reprises. Je n’étais d’ailleurs pas le premier à le dire. L’unité francophone est une réalité au sein du MR. »

Propos recueillis par Gil Durand, avec l’aide des internautes