Enthousiaste, Jean-Michel Javaux, « seul aux manettes », a utilisé un langage parlé pour essayer de répondre ce midi à un maximum de « chatteurs » du « Soir. Le vice-président d’Ecolo a notamment déclaré qu’il existait une génération politique prête à faire des accords au-delà des frontières. Face aux trois partis traditionnels « qui ont trop le nez dans le guidon », Ecolo « est devenu et restera un parti indépendant capable de nouer différents types de coalition en fonction du contexte, des programmes d’abord et du respect aussi ».
Quelques réflexions à retenir de cet exercice difficile :
À propos des élections
Pourquoi aller voter le 13 juin ? Parce que sans gouvernement, il n’y aura pas d’argent pour les pompiers et les policiers, pas de réformes structurelles des pensions, pas de soutiens fiscaux à la transition écologique de l’économie, etc. Parce que les trois partis traditionnels ont trop le nez dans le guidon et une relation difficile avec leur ex-famille, parce qu’il y a une génération politique qui, au-delà des difficultés du moment et des frontières, est prête à faire des accords… Je n’étais pas d’accord avec la stratégie d’Alexander de Croo mais j’ai eu une très bonne relation avec lui, comme avec les patrons flamands comme avec Marianne Thyssen.
À tous ceux qui hésitent à aller voter. Et après ? Les mêmes aux manettes pour les mêmes blocages ? Le même refus de dialogue ? Et donc le chantage financier ?
« Non, l’Olivier n’est pas la seule coalition possible. Ecolo est devenu et restera un parti indépendant capable de nouer différents types de coalition en fonction du contexte, des programmes d’abord et du respect aussi. »
« Entre la musculation communautaire des deux côtés ; entre « je serai le plus fort pour vous protéger » et « sans nous, plus de francophones », il reste peu de place pour parler des priorités : la transformation entamée par les entreprises et trop peu par les politiques de notre économie en économie durable ; une meilleure gouvernance et un nouveau modèle social émancipateur. »
À propos des négociations
Venant de l’opposition, nous avons cru être constructifs en participant (et en restant) à la table des négociations avec Groen, et le résultat c’est que la moitié de la population pense que nous sortons du gouvernement qui a mis la pagaille en Belgique
Mon engagement pour défendre les francophones, je l’ai prouvé depuis 5 ans en participant à chaque réunion des partis en étant seuls dans l’opposition. Mais si c’est uniquement pour servir la soupe à Olivier Maingain qui se nourrit d’un non-accord, alors effectivement, nous avons une vue différente.
À propos des Flamands
« Je ne suis pas certain que les Flamands veulent vraiment l’homogénéité territoriale car ils savent que Bruxelles est une région à part entière et je suis certain que nous aurions eu un accord sur BHV avec quelques jours de plus. »
À propos d’écologie
« Je vois la centrale de Tihange de ma fenêtre et je reste persuadé qu’il faudrait d’abord fermer les deux plus vieux réacteurs et en même temps améliorer l’efficacité énergétique, la part des énergies renouvelables (vers 20/30 %) + un mix énergétique et poursuivre la recherche dans des énergies du futur y compris la fusion si on y arrive un jour. »
À propos de Bruxelles
« L’élargissement de Bruxelles est la réponse francophone à la scission pure et simple de BHV. C’est devenu un leitmotiv mais parfois un slogan aussi. Je préfère quand on réfléchit à l’hinterland économique, au droit d’inscription ou au respect des facilités et des minorités bétonnées dans des lois spéciales (majorité des 2/3 et majorité dans chaque groupe linguistique). »
À propos du futur gouvernement
« Un gouvernement d’union nationale sans opposition est à l’opposé de tout ce que j’ai étudié ; cela peut exister durant un court laps de temps mais la démocratie vit par les critiques, remarques, suggestions d’une saine opposition »
« Je n’ai pas peur de négocier avec personne, sauf les fachos bien sûr. J’ai toujours dit que je trouvais bizarre que des partis séparatistes se présentent aux élections fédérales mais je connais plein de Flamands qui votent N-VA pour le reste de son programme. »
À propos de la scission
« Je trouverais cela idiot parce que cela coûterait très cher à tout le monde mais c’est le rôle de tous les responsables politiques de se préparer à tous les scénarios. » « À tous ceux qui parlent scission, je change de casquette et prends celle de politologue : quid de la reconnaissance internationale ? Qui reste dans la zone euro, à l’ONU, à l’Otan etc. ? La différence avec Slovaquie et Tchéquie, c’est Bruxelles, région à part entière. Comment se partage-t-on la dette nationale ? Un bon accord vaut mieux que des années d’inertie, non ? »
Résumé fait par Yves De Partz