Mark Eyskens : « Une sécession fera de la Flandre une sorte de Kosovo »
BOURTON,WILLIAM
vendredi 07 mai 2010, 07:38
Une victoire des partis séparatistes aux élections de juin pourrait avoir des conséquences « graves et négatives pour l’avenir économique de notre pays », affirme Mark Eyskens, ancien premier ministre et ministre d’État. Tous les détails dans « Le Soir « de ce vendredi.
Sylvain Piraux - Le Soir
Mais il estime qu’on parlera de plus en plus de scission du pays en Flandre, surtout si les francophones continuent à dire non à toute réforme de l’État.
La victoire de partis comme la N-VA et le Vlaams Belang aux élections de juin pourrait par exemple provoquer la dégradation de la note de la Belgique sur les marchés internationaux. « Une hausse des taux d’intérêts est évidemment une catastrophe pour le budget de la Belgique, une catastrophe pour les investissements et donc une catastrophe pour l’économie », souligne-t-il.
S’il reconnaît qu’on parle de scission en Flandre, Mark Eyskens estime que cela ne se fera jamais « pour la simple raison qu’il faudrait modifier la Constitution et que les francophones et les Bruxellois ne l’accepteraient jamais. » La seule solution des Flamands serait alors de faire sécession.
« Mais ce qu’on sous-estime en Flandre, c’est qu’en cas de sécession, la Wallonie et Bruxelles continueront à former la Belgique – une « petite Belgique »- sur le plan international », explique-t-il.
La Flandre se retrouverait dans une situation similaire à celle du Kosovo, avec des États qui rechigneraient à reconnaître son indépendance.
« Les Flamands doivent aussi se rendre compte que Bruxelles deviendra une ville presque exclusivement francophone », rappelle-t-il. « La frontière d’une République de Flandre se situerait donc au nord de Bruxelles. »