Il n’y a jamais eu autant de Belges au chômage. C’est le constat très cru du conseiller économique du gouvernement. La situation est donc plus grave que durant la crise pétrolière des années 70. Même dans les années qui ont suivi la guerre, on n’a pas connu pareille situation. Selon le commissaire au Plan, Henri Bogaert, « il n’y a jamais eu autant de chômeurs en Belgique ». A ce titre, 2010, ce sera l’annus horribilis sur le front de l’emploi. A politique inchangée, il devrait y avoir cette année 43.000 chômeurs supplémentaires. L’année 2011 ne sera guère plus encourageante : le nombre de personnes en recherche d’emploi devrait encore augmenter, de 34.000 unités. Un constat pour le moins brutal, lorsqu’on consulte les chiffres qui prévalaient avant la crise. Entre 2006 et 2008, le nombre de chômeurs avait baissé de 109.000 unités.
Les trois défis
1. Le chômage : Pour le Commissaire au plan, Henri Bogaert, l’année noire de l’emploi sera 2010. En deux ans, la Belgique devrait compter 77.000 chômeurs de plus. Et pourtant, on a limité la casse par rapport aux prévisions.
La solution : Une réforme de la politique de l’emploi, notamment la procédure d’accompagnement des chômeurs. Et sans doute, prolonger les mesures anti-crise.
2. La compétitivité : Les coûts salariaux s’emballent. Nos entreprises souffrent d’un handicap de compétitivité face à l’étranger.
La solution : la modération salariale. Patrons et syndicats se verront à l’automne pour tenter de conclure un accord interprofessionnel qui doit fixer les marges de hausse de salaire pour les trois années à venir. Explosif…
3. Le budget : Un déficit public de 16 milliards. Et une dette proche de 100 % du PIB. La situation budgétaire reste préoccupante. Le déficit devrait s’élever à 4,5 % du PIB en 2010 et plus dans les années suivantes si rien n’est entrepris.
La solution : on n’évitera pas l’austérité. La Belgique a besoin d’une remède de cheval : elle doit trouver 20 milliards d’euros d’ici 2015 si elle veut retrouver l’équilibre. Il va falloir sabrer dans les dépenses publiques et sans doute augmenter les impôts.
(avec B.Dy)