Inscriptions dans le secondaire : des dessous pas nets
Rédaction en ligne
mardi 08 juin 2010, 19:36
Un court-métrage réalisé par Infor-Jeunes en caméra cachée met au jour des pratiques, parfois illégales, de directions d'école. La ministre de l'Enseignement obligatoire Marie-Dominique Simonet a souligné que le décret missions prévoit des « sanctions pour les écoles en cas de « refus » ou de « pressions » avérés lors de l'inscription à l'école. La vidéo
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Dans ce film tourné dans cinq écoles bruxelloises « réputées complètes », il est notamment question, lors de demandes d'inscriptions, d'exigences telles que la copie du bulletin de cinquième primaire, de frais d'inscription importants ou de lettres de motivation. Il est fait état de « soucis » en vertu des résultats et du comportement, de population scolaire « belgo-belge à 90 % », de voyages scolaires obligatoires onéreux. Certaines des exigences posées sont « illégales », soutient-on chez Infor-Jeunes. D'autres, plus « politiquement correctes », visent la « sélectivité sociale », estime-t-on.
Il n'est jamais question face aux caméras cachées de l'indice qui permet aux familles venant d'écoles primaires socio-économiquement défavorisées d'être prioritaires à l'inscription. En revanche, des familles plus aisées se voient offrir des informations portant sur les critères géographiques et de proximité parentale.
Infor-Jeunes appelle au renforcement de l'information des critères du décret auprès des familles et à une plus grande centralisation des inscriptions. « Il faut mettre l'accent sur l'information du décret si on veut qu'il porte ses fruits », a indiqué lundi à la presse la directrice d'Infor-Jeunes Laeken Chantal Massaer dans une interpellation du monde politique. Il faut « limiter l'impact de l'entretien » lors de l'inscription ce qui permettra de mieux les réguler, a indiqué Vincent Roelandt, directeur d'Infor-Jeunes Bruxelles.
Il était important de « mettre en lumière la réalité des milieux populaires après des années de meurtrissures vécues par des parents évincés des inscriptions alors qu'on a largement entendu les détracteurs des décrets Arena et Dupont », a encore dit Mme Massaer.
Le délégué aux droits de l'enfant Bernard Devos a pour sa part souligné « la grande corrélation entre pauvreté et immigration » concernant la « discrimination » soulevée. Il s'est engagé à « relayer les inquiétudes » mises au jour dans le film d'Infor-Jeunes. « On ne peut pas dire que Mme Simonet n'a rien foutu mais elle aurait dû mieux informer plus tôt », a-t-il conclu évoquant le suivi du décret de l'actuelle ministre de l'Enseignement.
Sanctions prévues en cas de pressions ou de refus avérés
La ministre de l'Enseignement obligatoire Marie-Dominique Simonet a souligné que le décret missions prévoit des « sanctions » qui peuvent être « disciplinaires » ou « financières » pour les écoles en cas de « refus » ou de « pressions » avérés lors de l'inscription à l'école.
Soulignant que « c'est précisément pour éviter les situations dénoncées par Infor-Jeunes que le décret a été mis sur pied », la ministre a rappelé les initiatives prises pour assurer l'information des parents : circulaires aux directions, formulaire d'inscription, notice explicative annexée au formulaire, numéro vert (0800.188.55), site internet (www.inscription.cfwb.be), powerpoint mis à disposition des associations de parents et des associations de terrain oeuvrant dans les quartiers moins favorisés et dépliant reprenant les informations de base.
Mme Simonet a rappelé que les seules exigences posées par le décret relatif aux inscriptions en première année du secondaire sont le « dépôt du formulaire unique d'inscription dans l'école qui constitue la première préférence de la famille », et l'acceptation des « projets éducatif, pédagogique et d'établissement », ainsi que du « Règlement général des études » et du « Règlement d'Ordre Intérieur (ROI) ». Avant l'inscription définitive, « l'élève devra également fournir la preuve de réussite du certificat d'étude base (CEB) ».
(Belga)