Le Vatican dénonce la « séquestration » des évêques

Rédaction en ligne

samedi 26 juin 2010, 18:11

La « séquestration » jeudi des évêques belges lors d’une opération de police enquêtant sur d’éventuels nouveaux cas de pédophilie est « un fait grave et invraisemblable », qui « n’a pas de précédent, même dans les vieux régimes communistes ».

Le Vatican dénonce la « séquestration » des évêques

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La « séquestration » jeudi des évêques belges lors d’une opération de policiers enquêtant sur d’éventuels nouveaux cas de pédophilie est « un fait grave et invraisemblable », a déclaré ce samedi le cardinal-secrétaire d’État Tarcisio Bertone, cité par l’agence Ansa.

Child Focus juge les perquisitions hors de proportions

Les perquisitions qui ont visé jeudi l’Église catholique dans le cadre d’une enquête sur des abus sexuels envers des mineurs étaient hors de proportions, a jugé ce samedi Child Focus.

« Nous ne remettons pas en question les perquisitions de la justice, mais bien la manière dont celles-ci se sont déroulées. Ce n’était pas proportionnel », a commenté ce samedi le porte-parole de Child Focus, Dirk Depover.

« Les victimes qui avaient contacté la commission (Adriaenssens, ndlr) ne souhaitaient pas toutes saisir la justice. Or, lors de ces perquisitions, tous les dossiers de la commission sans distinction ont été saisis », a-t-il ajouté.

« Avec l’affaire Vangheluwe, tout s’est accéléré. Beaucoup de gens ont fait part de leur récit à la commission Adriaenssens. Mais cette dynamique est aujourd’hui menacée par ces perquisitions ».

Pour Child Focus, il n’a pas été suffisamment tenu compte dans l’organisation de ces perquisitions des conséquences au niveau sociétal.

(belga)

« Cela a été une séquestration, un fait grave et invraisemblable. Ils (les évêques, ndlr) sont restés neuf heures sans boire ni manger », a dit le numéro 2 du Vatican.

« Il n’y a pas de précédent, même dans les vieux régimes communistes », a ajouté le cardinal italien.

Des enquêteurs mandatés par le parquet de Bruxelles ont perquisitionné jeudi des bâtiments dépendant de l’archidiocèse de Malines-Bruxelles, dont le palais épiscopal de Malines, au nord de Bruxelles, au moment où s’y déroulait une réunion des évêques belges en présence du nonce représentant le Vatican.

Ces policiers étaient à la recherche de documents, notamment de courriers entre des victimes présumées de prêtres pédophiles et les autorités catholiques.

Vendredi, le chef de l’Église catholique de Belgique, Mgr André-Joseph Léonard, s’est élevé contre l’attitude de la police.

« La justice fait son travail et elle avait le droit de perquisitionner. J’ai néanmoins trouvé un peu étonnant que cela aille jusqu’à forer dans les tombes archiépiscopales et que tous les évêques aient été enfermés jusqu’au soir », a-t-il déclaré.

Pour lui, le fait de « séquestrer, entre guillemets » les évêques revenait à faire montre d’un « zèle peut-être excessif ».

Le Vatican avait protesté officiellement dès vendredi contre les modalités de l’opération policière belge, se disant « indigné » face à la « violation des tombes » de deux archevêques défunts de Malines-Bruxelles.

La secrétairerie d’État « exprime sa vive stupeur pour les modalités selon lesquelles ont été effectuées certaines perquisitions par les autorités judiciaires belges » et « son indignation pour la violation des tombes des cardinaux Jozef-Ernest Van Roey et Léon-Joseph Suenens », selon le communiqué.

(afp)

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