Opération Calice : le parquet refuse tout commentaire au sujet de l’arrêt
Rédaction en ligne
vendredi 13 août 2010, 14:28
La chambre des mises en accusation de Bruxelles. a rendu comme prévu vendredi matin son arrêt. Ce dernier a été rendu à huis clos. Le parquet de Bruxelles s’est refusé à livrer son contenu ou le moindre commentaire. Sinon qu’il restait toujours titulaire de l’instruction « à ce stade-ci ». L’avocat Van Steenbrugge se dit indigné par le manque d’informations.
(Belga)
La chambre des mises en accusation de Bruxelles, saisie par le parquet général en vue d’examiner la régularité de l’instruction menée par le juge d’instruction Wim De Troy visant l’abus sexuel d’enfants et d’éventuelles tentatives d’étouffements d’affaires au sein de l’Eglise, a rendu comme prévu vendredi matin son arrêt. Ce dernier a été rendu à huis clos. Le parquet de Bruxelles s’est refusé à livrer son contenu ou le moindre commentaire.
Lors d’un point presse organisé par le parquet de Bruxelles vendredi en fin de matinée, ce dernier a indiqué que le juge d’instruction De Troy ne lui avait pas autorisé à communiquer au sujet de l’arrêt rendu par la chambre des mises. « On ne peut aller à l’encontre d’une décision d’un juge d’instruction », a indiqué une porte-parole du parquet de Bruxelles, Estelle Arpigny. Celle-ci a juste précisé que le juge d’instruction Wim De troy était toujours titulaire « à ce stade-ci » de l’instruction.
L’audience vendredi dernier en chambre des mises s’était elle-même tenue à huis clos. Le juge d’instruction Wim De Troy avait alors fait rapport sur son enquête judiciaire. L’examen de l’enquête judiciaire intervient après que l’avocat de l’archevêché de Bruxelles-Malines et du cardinal Danneels a écrit au parquet général pour se plaindre au sujet des perquisitions du 24 juin.
L’arrêt de la chambre des mises devrait être versé ultérieurement au dossier, et les victimes qui se sont constituées parties civiles devraient alors pouvoir prendre connaissance de son contenu, a précisé une source judiciaire.
Mandatés par le parquet de Bruxelles, des enquêteurs avaient mené des perquisitions spectaculaires le 24 juin, notamment au palais épiscopal de Malines, siège de l’Eglise belge, au moment où s’y déroulait une réunion des évêques, gardant enfermés ces derniers pendant des heures.
Les policiers étaient à la recherche de documents, dont des courriers entre des victimes présumées de prêtres pédophiles et les autorités catholiques. Ils ont également longuement interrogé l’ancien chef de l’Eglise belge, le cardinal Godfried Danneels, qui n’a toutefois pas été inculpé. Le pape Benoît XVI en personne avait dénoncé « les modalités déplorables » de l’opération policière et exprimé sa « solidarité » aux évêques belges.
Les scandales de pédophilie touchant l’Eglise catholique en Belgique surviennent après ceux signalés ces dernières années en Irlande, aux Etats-Unis, en Allemagne ou encore en Autriche. Ils ont éclaté en avril avec la démission de l’évêque de Bruges, Roger Vangheluwe, qui a reconnu avoir abusé d’un jeune garçon de son entourage pendant des années.
Me Van Steenbrugge indigné par le manque d’informations
L’avocat Walter Van Steenbrugge, qui défend certaines victimes présumées d’abus sexuels au sein de l’Eglise, s’est montré indigné face au refus du juge d’instruction Wim De Troy de livrer le contenu de l’arrêt rendu vendredi matin par la chambre des mises en accusation. « J’ai entendu dire de source officieuse que la chambre des mises aurait suivi les réquisitions du procureur (…). Il y a probablement un certain nombre d’actes qui ont été annulés mais dans quelle mesure, on l’ignore », a réagi Me Van Steenbrugge.
L’avocat est indigné par le manque d’informations. « Mes clients sont parties civiles dans cette affaire et ont demandé à plusieurs reprises d’être entendus par la chambre des mises. Le parquet général n’a lui-même pas jugé bon de réagir ou de reconnaître leur existence. Même aujourd’hui, nous sommes laissés complètement dans l’obscurité alors que le Code d’instruction criminelle stipule que les victimes ont le droit à l’information », a regretté l’avocat. Ce dernier dit suivre le développement de l’affaire « avec une stupeur croissante ». Il a le sentiment de revenir à la période de l’affaire Dutroux, « lorsque l’arrogance du pouvoir était à son apogée ».
Les clients de Me Van Steenbrugge se sont constitués parties civiles le 3 août dernier et peuvent accéder à leur dossier à partir du 3 septembre. De cette façon, ils devraient prendre connaissance de l’arrêt de la chambre des mises en accusation.
(avec Belga et AFP)