Fin de partie pour Di Rupo. A qui le tour ?
Rédaction en ligne
vendredi 03 septembre 2010, 22:03
Déchargé par le Roi de sa mission de préformateur, Elio Di Rupo a énuméré les avancées réalisées, malgré l’échec de la préformation. « Je ne souhaite pas la fin de la Belgique », a-t-il affirmé.
BELGA
Après avoir constaté l’échec de la négociation, M. Di Rupo s’est rendu chez le roi pour lui faire ce qu’il a appelé “un dernier rapport” de sa mission.
“C’est avec tristesse que j’ai constaté que deux partis n’ont pas pu accepter les dernières propositions”, a constaté M. Di Rupo pour qui un accord équilibré était pourtant possible.
Le préformateur a énuméré les avancées qu’il avait engrangées et qui devaient permettre de déplacer le centre de gravité vers les entités fédérées. “Malheureusement, sur BHV et Bruxelles, les discussions n’ont pas pu aboutir”, a dit M. Di Rupo.
Il a insisté sur le fait qu’un accord devait être évalué dans son ensemble et a ajouté que les francophones s’étaient montrés ouverts et constructifs pour faire évoluer la Belgique, “mais pas à n’importe quel prix”.
“Il est temps de repartir sur d’autres bases”, a encore dit M. Di Rupo. Quand il sera déchargé définitivement de sa mission, il redeviendra président du PS.
Son parti continuera à se montrer constructif, a-t-il ajouté.
“Je ne souhaite pas la fin de la Belgique”, a encore dit M. Di Rupo, qui a plaidé pour le dialogue et pour que “les Wallons et les Bruxellois soient respectés au même titre que les Flamands”.
La N–VA : pas de valet noir
La N-VA a regretté, vendredi, l’échec des négociation de préformation. Mais, ajoute le parti, les différences entre la dernière proposition du préformateur Elio Di Rupo et les précédente était “cosmétique”. On transférait toujours structurellement de l’argent à Bruxelles sans garantie pour la révision de la loi de financement. Plus globalement la proposition ne répondait pas aux attentes de la majorité des flamands en matière de réforme de l’Etat, dit le N-VA dans un communiqué.
La N-VA souligne, à propos de la dernière proposition formulée ce vendredi, qu’elle prévoyait toujours de transférer structurellement de l’argent à Bruxelles même si le montant était ramené à 250 millions d’euros contre 300 précédemment. De cette façon, les francophones assuraient à Bruxelles au moins 1 milliard d’euros sur la base d’une législature tout comme dans la proposition initiale du préformateur, alors que les Flamands n’avaient aucune garantie sur la réforme de la loi de financement.
La seule avancée enregistrée dans la dernière proposition était l’affectation précise de l’argent transféré à Bruxelles.
La N-VA souligne aussi qu’il y a eu manifestement au cours des dernières semaines des tentatives pour l’isoler et la mettre sous pression. “Nous constatons aujourd’hui que la dernière proposition ne répond pas du tout aux attentes des flamands”, dit encore la N-VA.
Et d’insister que les flamands demandent une responsabilisation des entités fédérées. Une réforme de l’Etat sans responsabilisation n’a pas de sens, dit le N-VA qui ajoute que les flamands n’ont reçu aucune garantie en la matière. Parallèlement, les francophones voulaient la garantie d’un refinancement de Bruxelles. “On peut difficilement parler d’équilibre dans ces conditions”.
La N-VA conclut en regrettant l’échec et ajoute qu’un accord était cependant possible: un financement temporaire pour Bruxelles en attendant la nouvelle loi de financement. Tant les francophones que les flamands auraient ainsi pu avoir un intérêt à une révision de la loi de financement.
Le parti parle de manque de confiance et conclut en disant qu’il ne veut “refiler le valet noir” à qui que ce soit. L’échec est de la responsabilité de tous, dit la N-VA. (D’après Belga)