Une Commission spéciale sur les abus sexuels dans l’Eglise
Rédaction en ligne
jeudi 28 octobre 2010, 16:46
La Chambre a décidé à l’unanimité jeudi la constitution d’une Commission spéciale relative au traitement des faits de pédophilie dans une relation d’autorité en particulier au sein de l’Eglise.
Dans les interventions des députés, il y eu notamment celle de Carina Van Cauter (Open Vld) qui a surpris l’assemblée en déclarant qu’elle avait elle-même été victime en 1972 et n’avait pas reçu d’écoute de la part de la la Justice.
Les 13 membres de la Commission
3 N-VA (Sophie De Wit, Daphné Dumery et Siegfried Bracke)
2 PS (Karine Lalieux et Valérie Déom)
2 MR (Marie-Christine Marghem et Daniel Bacquelaine)
1 CD&V (Raf Terwingen)
1 sp.a (Renaat Landuyt)
1 Open Vld (Carina Van Cauter)
1 Ecolo/Groen ! (Stefaan Van Hecke)
1 VB (Bert Schoofs)
1 cdH (Christian Brotcorne)
En 1994, le procureur de Bruxelles lui a signifié « en une seule ligne » que les dossiers de 1972 avaient été détruits. « L’affaire Dutroux a changé les choses en ce qui concerne l’écoute des victimes mais apparemment tout n’est pas encore parfait », a-t-elle dit.
Mme Van Cauter a voulu faire connaître son cas personnel en soutien à toutes les victimes, a-t-elle indiqué.
Par ailleurs, les différents intervenants ont précisé la portée de la Commission. Daniel Bacquelaine (MR) et Karine Lalieux (PS) ont notamment souligné qu’elle pourra se transformer en Commission d’enquête si elle constate qu’on lui met des bâtons dans les roues.
Ils ont aussi insisté sur le fait que la première mission de la Commission sera de vérifier qu’elles ont été les relations entre l’Etat et l’Eglise et de réaffirmer la séparation indispensable entre ces deux institutions. Seul l’institution judiciaire peut sanctionner et cette compétence ne peut être déléguée, a souligné M. Bacquelaine.
Plusieurs intervenants dont Raf Terwingen (CD&V) et Karine Lalieux ont condamné les propos de Mgr Léonard pour qui juger des hommes d’église qui ne sont plus en fonction relèverait de la vindicte et de la vengeance. Pour Christian Brotcorne (cdH), la Commission est une « réponse adéquate à des faits accablants ».
Mme Lalieux a aussi rappelé que la Commission ne serait pas « une chambre d’écoute » pour les victimes. Celles-ci doivent porter plainte et s’adresser aux Maisons de justice pour recevoir l’assistance à laquelle elles ont droit.
La Commission s’est réunie immédiatement après la séance plénière pour nommer son bureau. Karine Lalieux (PS) a été désignée présidente.
Stefaan Van Hecke et Carine Van Cauter ont été nommés vice-présidents. Il y a aussi quatre rapporteurs : Sophie De Wit, Marie-Christine Marghem, Raf Terwingen et Renaat Landuyt.
La Commission se réunira une première fois le 10 novembre à 14 heures 15 pour fixer l’ordre de ses travaux, désigner d’éventuels experts et déterminer les auditions qu’elle entend organiser.
(belga)