La FGTB manifeste contre l’accord interprofessionnel
Rédaction en ligne
vendredi 18 février 2011, 11:58
Le réseau TEC est perturbé dans la région de Liège-Verviers et en Brabant wallon. Les actions du syndicat socialiste touchent aussi de nombreux sites liégeois, notamment.
© Belga
Le TEC sur Liège-Verviers
« En raison de la participation d’une partie importante de notre personnel à la manifestation interprofessionnelle, l’ensemble du réseau du TEC Liège-Verviers est très fortement perturbé. Près de 50 % de nos lignes sont touchées », a indiqué Stéphane Thiery, le porte-parole des TEC.
« Relever la norme maximale »
Dans le cadre de ces manifestations contre l’AIP, la FGTB espère que la rencontre prévue ce vendredi entre le groupe des 10 et Yves Leterme, Premier ministre, permettra d’amender les textes mis sur la table par le gouvernement. « Nous espérons que l’on pourra relever la norme maximale et que le gouvernement, prompt à réagir face aux marchés financiers, le sera tout autant par rapport à la grogne des travailleurs », souligne Daniel Richard, secrétaire régional interprofessionnel.
Les syndicats craignent aussi le sommet européen prévu en mars prochain où la politique de l’indexation des salaires sera remise en question. Ils stigmatisent également l’augmentation des aides aux entreprises « de l’ordre de 3,5 % d’ici 2012 alors que le salaire du travail augmentera de 3 pour 1000 ».
La plupart des lignes étaient cependant assurées vendredi matin, mais avec une fréquence largement inférieure. L’ensemble du réseau connaît donc des retards importants.
Dans le détail, à Robermont, 50 % des services ne sont pas assurés à l’heure actuelle, aucune ligne n’est supprimée mais des retards importants sont à prévoir. A Jemeppe, 65 % des services ne sont pas assurés. A Eupen, tous les bus sont sortis normalement.
En ce qui concerne Verviers, de légères perturbations sont possibles mais à l’heure actuelle, toutes les lignes sont assurées. Enfin, à Omal et Oreye, 50 % et 80 % des lignes ne sont respectivement pas assurés.
Le TEC en Brabant wallon
La circulation des bus TEC sera fortement perturbée tout au long de la matinée dans le Brabant wallon en raison d’une manifestation à Nivelles. De nombreuses lignes pourraient connaître d’importants retards. Plus de renseignements sont disponibles sur le site internet du TEC.
Large mobilisation à Liège
Plusieurs milliers de militants de la FGTB Liège-Huy-Waremme ont répondu vendredi à l’appel du syndicat à se rassembler sur la place Saint-Paul.
Couvert par 24 heures de grève le cas échéant, le mouvement a donné lieu à de très nombreuses perturbations à Liège. Dans toutes les entreprises et sociétés, des assemblées générales étaient tenues en matinée pour informer le personnel et des délégations sont ensuite parties vers la place Saint-Paul grâce à une cinquantaine de cars.
La sidérurgie était complètement à l’arrêt, les travailleurs d’ArcelorMittal ayant décrété de longue date une grève de 24 heures. Dans tout le secteur du métal, la plupart des entreprises ont tourné au ralenti : c’était le cas à la FN (arrêt complet), CMI, Techspace Aero.
C’était également le cas dans le secteur de la chimie chez Chimac ou Prayon. Dans l’alimentation, d’importants débrayages ont été constatés chez Derkenne ou InBev. Du côté des services, le siège liégeois du Bancassureur Axa était fermé tandis que des assemblées se tenaient dans les principales banques.
Du côté des services publics, outre le TEC, certaines administrations tournaient aussi au ralenti, mais le syndicat avait choisi de ne pas perturber l’enseignement.
Piquet de grève devant la centrale nucléaire de Tihange
L’accès à la centrale nucléaire de Tihange est bloqué par un piquet de grève depuis 5h00 vendredi matin.
« On s’aligne dans les actions qui ont été lancées par la FGTB au niveau national. Actuellement entre 1.500 et 1.600 personnes entrent sur le site. De nombreuses entreprises seront concernées par le blocage et, j’espère, se sentiront concernées par ce projet d’accord interprofessionnel », explique Jorge Canas-Garcia, porte-parole de la FGTB.
Pour Electrabel, l’action tombe au plus mauvais moment car le réacteur de l’unité 2 de la centrale est en cours de rechargement. Ceci conduira à un retard dans la remise en marche de l’unité.
Le piquet de grève qui restera sur le site durant toute la journée laisse néanmoins les pilotes des trois générateurs et les services chargés d’assurer la sécurité du site de la centrale.
L’action se mène dans le calme. Les travailleurs de la centrale sont peu nombreux car ils avaient été avertis de la tenue de ce piquet de grève.
La FGTB s’invite à la FEB
Environ 300 syndicalistes de la FGTB/SETCa Centre se sont rendus, vendredi matin, au siège de la FEB à Bruxelles.
Des syndicalistes ont occupé le bâtiment de la rue Ravenstein et ont notamment rencontré Thomas Leysen président de la FEB, et Rudi Thomaes, administrateur délégué, a-t-on appris auprès de Manuel Morais, secrétaire régional du SETCa Centre.
« Nous sommes venus encore dire que nous n’acceptons pas ce projet d’accord interprofessionnel de même que le coup de force du gouvernement qui veut le faire passer », a souligné Manuel Morais. « On ne désarmera pas », a-t-il prévenu.
Une partie de Nivelles paralysée
Environ 400 manifestants ont répondu à l’appel de la FGTB Brabant wallon, vendredi, et ont paralysé une partie de la ville de Nivelles en début de matinée. Les participants ont bloqué le rond-point situé à la sortie Nivelles Sud de l’autoroute E19 et se sont rendus en cortège sur la Grand-Place de Nivelles. Ils ont été rejoint, en cours de trajet, par un petit groupe de représentants de la CGSLB.
La manifestation a provoqué des embarras de circulation dans une partie de la cité et la police locale a mis en place plusieurs déviations. La manifestation, qui s’est terminée vers 10h00, s’est déroulée dans le calme. Sur la Grand-Place, les responsables de la FGTB Brabant wallon ont remercié des militants de la FGTB Charleroi de les avoir rejoints. Et salué la quinzaine d’affiliés CGSLB en soulignant que « pour la première fois, les membres du syndicat libéral ont voté contre leur appareil ».
Lors des discours, la FGTB a fait le parallèle entre les mesures qui ne la satisfont pas dans l’accord interprofessionnel (harmonisation des statuts vers le bas entre ouvriers et employés, blocage des salaires, augmentation très limitées du salaire minimal) et les bénéfices réalisés par les grandes entreprises belges, mis en rapport avec les montants d’impôts que paient ces sociétés. Ils ont appelé les militants à participer à la journée d’action nationale, du 4 mars, souhaitant que l’ensemble du Brabant wallon soit à l’arrêt.
Le zoning des Plennesses bloqué
Quelque 400 délégués et militants de la FGTB Verviers et Communauté germanophone ont bloqué, vendredi entre 5h30 et 8h30 du matin, le zoning des Plenesses, à Verviers-Nord. Les affiliés étaient disposés aux six entrées du zoning et laissaient passer au compte-gouttes les travailleurs. Ils se rendront ensuite pour 9 heures sur le parking de l’ancien carrefour d’Eupen, fermé depuis le 31 juillet 2010. La circulation vers Eupen sera fortement perturbée durant la matinée.
Plusieurs entreprises de la région telles que Spa Monopole, SCA Hygiène et products, Delacre, Polyform, Excel, les Pompes Bertrand sont à l’arrêt suite à ce mouvement.
FN Herstal à l’arrêt
Comme ils l’avaient annoncé, les affiliés CSC de la FN de Herstal sont partis en grève vendredi matin, tandis qu’un piquet empêchait les employés et cadres de rentrer dans l’entreprise.
Le mouvement de la CSC se double par ailleurs de l’arrêt de travail des affiliés FGTB qui ont décidé en assemblée générale ce matin de suivre le mouvement de grève générale lancé à Liège par la FGTB pour contester le projet d’accord interprofessionnel. L’entreprise est donc vide ce vendredi.
Le conflit entre la CSC, qui réclame la transformation d’une prime en chèque-repas, semble sans issue : après avoir rencontré le syndicat jeudi, la direction a fait savoir que ses revendications ne pouvaient être rencontrées.
La CSC entend désormais mettre la pression sur le ministre Marcourt, la Région étant l’actionnaire unique de la FN.
2.000 manifestants à Anvers
Une manifestation de la FGTB a débuté vendredi vers 10h15 à la place Leopold De Wael à Anvers. Deux milles manifestants sont présents, d’après les syndicats. Les manifestants rejoindront la Groenplaats et traverseront le centre d’Anvers. Ils auront un entretien vers 12h00 avec Bruno Verlaeckt, le président de l’ABVV-Antwerpen, Rudy De Leeuw, le président de la FGTB et Jan Vercamst, le président de la CGSLB.
Les délégations syndicales présentes sont principalement issues des industries du métal et de la chimie.
De nombreux membres du syndicat libéral ainsi que quelques membres de la CSC prennent également part à la manifestation.
(avec belga)















