Moins de francophones à la mer ?

MELANIE GEELKENS

lundi 18 avril 2011, 07:56

Bilan mitigé à la Côté belge après une semaine de vacances de Pâques. Du moins si l'on en croit les commerçants. Le dossier dans Le Soir

Moins de francophones à la mer ?

Archive Le Soir (Roger Milutin)

Goedemiddag ! Is het nog mogelijk om een kamer te reserveren ? » « Bonjour, pourriez-vous me dire où se situe le mini-golf ? » Devant le comptoir de l'Office du tourisme d'Ostende, les touristes défilent. « Ici, on accueille les clients dans toutes les langues », annonce cordialement l'hôtesse à notre arrivée. Son visage ne tarde pas à se rembrunir. « S'il y a moins de Wallons à la Côte belge ? » Gênée, l'employée part à la recherche de son directeur. Et revient seule. Ce dernier ne souhaite pas nous répondre. « Et moi je n'ai rien à vous dire. Tout le monde est le bienvenu ici. Point final. »

Visiblement, notre question jette un froid. Serait-elle fondée, cette rumeur annonçant une baisse de la fréquentation francophone due aux problèmes politiques actuels ? Les « Franstaligen » préféreraient-ils désormais les charmes du littoral du Nord de la France à celui du plat pays ? Dans les cafés ostendais, sur les bancs publics, les conversations se mènent tantôt en français, tantôt en néerlandais. « Les problèmes linguistiques, c'est une affaire de politiciens, rigole Yves Van de Vierge en s'affairant sur la terrasse de sa brasserie. Tout ce que je peux vous dire, c'est qu'ici je parle beaucoup plus français que néerlandais. »

La réceptionniste d'un hôtel quatre étoiles accueille notre question avec le même étonnement. « Tous les « last minute » pour le week-end de Pâques sont réservés par des francophones », assure-t-elle. « On n'a jamais eu de remarques de la part de nos clients, poursuit la manager de l'établissement, Joy Aerts. Sauf une fois. Nous avions envoyé des mails pour annoncer que les chiens n'étaient plus admis dans le restaurant. Et un client nous a répondu : « Les Wallons le sont-ils toujours ? » Ça s'arrête là. »

Même son de cloche dans l'établissement voisin. « J'ai seulement l'impression qu'ils sont parfois mal à l'aise. On dirait qu'ils pensent qu'on leur en veut, soutient Joris Loones, gérant d'un hôtel en bord de digue. En tout cas, ils font plus d'efforts pour parler le néerlandais ! Mais je n'enregistre pas de baisse de réservations. Peut-être est-ce différent dans les autres villes de la Côte ? »

Pour le vérifier, direction Coxyde. « La Pépinière », « La Mouscronnoise », « L'Amazone », « La Maison de la mer »… Les enseignes des différents commerces donnent le ton. « Ici, les francophones représentent 60 % de la clientèle, explique Sophie Vandamme, secrétaire de l'Association des commerçants de l'horeca. Selon moi, ce chiffre ne diminue pas. Mais il y a quelques jours, un hôtelier coxydois s'est exprimé dans la presse et a affirmé que les Wallons ne voulaient plus venir. Du coup, tout le monde dit qu'il y en a moins ! »

Luc Deltombre, l'hôtelier en question (par ailleurs également conseiller communal Open VLD) persiste et signe. Selon lui, les habitants du Sud bouderaient le Nord depuis plusieurs mois. Une baisse de fréquentation qui avoisinerait les 10 %. « J'ai envoyé des mails à tous mes clients, explique-t-il. Et j'ai reçu beaucoup de réponses de personnes affirmant qu'elles préféraient désormais aller en France, à cause de la situation politique. Elles disaient que c'était la seule manière de démontrer que les Flamands avaient besoin d'eux. »

Dans les commerces de la Zeelaan, les avis sont toutefois moins catégoriques. « Oui, les clients nous parlent de la crise politique, confirment les hôteliers et restaurateurs interrogés. Non, ils n'arrêtent pas de fréquenter Coxyde pour la cause. »

Elle court, elle court, la rumeur… Et elle n'est finalement peut-être pas infondée. Selon le Westtoer, la Fédération du tourisme en Flandre-Occidentale, la Côte belge serait confrontée, depuis quelques mois, à un certain désamour francophone. « On ressent effectivement une différence dans certaines stations, affirme Geert Hoorens, responsable communication. Sur 100 clients wallons, il y en a peut-être 5 qui sont mécontents et qui s'en vont. Il s'agit d'une tendance tout à fait récente, que nous avons du mal à comprendre. Les francophones réagissent sans doute de manière plus émotionnelle. »

Pour autant, cette « réaction émotionnelle » n'est pas prise à la légère. Les touristes wallons et bruxellois représentent quelque 20 % du chiffre d'affaires côtier. D'ici 2012, la Fédération s'apprête à lancer une vaste opération séduction dans tout le sud du pays. D'ici là, tous les acteurs du tourisme espèrent entrevoir la fin de ce marasme politique. Flamands et Wallons partagent sans doute ce point commun.

Vos réactions

Voir toutes les réactions
Je me connecte Je m'inscris

Nouveau : changement dans la procédure de connexion. En savoir plus

Quelques règles de bonne conduite avant de réagir
[294] Byleth dit le 20/04/2011, 01:10

@[271]paquebotfrance: Bien sûr, si vous êtes français, ça change tout. Un jour, des flamands ayant compris que ma copine n'était pas flamande (mais elle comprends le néerlandais) lui ont demandé si elle était française ou wallonne.. Elle a dû dire "Français" (désolé mais quelle horreur ^^) en imitant un peu l'accent pour qu'on la laisse tranquille; de la manière dont ça s'est passé, c'était limite une agression.

Signaler un abus

Message constructif ?

  OUI 0 0 NON

 

[293] Alain D dit le 19/04/2011, 17:37

Réciproque en Ardenne ? C'est avec surprise que j'entends un commentaire symétrique relatif à la baisse de fréquentation des flamands en Ardenne sur la RTBF. Ne serait-il venu à l'idée de personne d'interroger sur une cause de baisse de fréquentation - Mer (francophones) et Ardenne (flamands) - liée à la baisse de pouvoir d'achat des moyens et bas salaires ? La réduction des analyse au prisme linguistique est dans l'air du temps et un peu courte.

Signaler un abus

Message constructif ?

  OUI 0 1 NON

 

[292] pimprenelle1793 dit le 19/04/2011, 13:25

Ils ont cassé la Belgique. C'est plus fort que moi, depuis le vote historique des dernières élections, chaque fois que je croise un Flamand, la question se profile dans ma tête : "fait-il partie des 30% qui ont voté pour la NVA ?". La meilleure solution que j'aie trouvée pour ne plus vivre ces sensations désagréables, c'est de me rendre en Flandre le moins possible.

Signaler un abus

Message constructif ?

  OUI 1 0 NON

 

[291] ccequejepense dit le 19/04/2011, 13:19

Cela fait 10 ans que je ne mets plus les pieds à la Vlaamse kust. Pourquoi aller donner notre argent à des gens qui nous méprisent. Les flamands de la Côte nous font risette mais n'en pensent pas moins des franskillons et de Walllons en particuliers. Walen buiten ont-ils dit, prenons les aus mots

Signaler un abus

Message constructif ?

  OUI 2 0 NON

 

[290] Andre Facousier dit le 19/04/2011, 13:10

Sondage en ligne sans aucune valeur scientifique.

Signaler un abus

Message constructif ?

  OUI 1 0 NON

 

Voir toutes les réactions