Les écoles de devoirs manquent de moyens

HUGUES DORZEE

jeudi 19 janvier 2012, 08:49

Les écoles de devoirs, qui accueillent plus de 15.500 enfants du côté francophones, éprouvent de nombreuses difficultés : sous-financement, contrats précaires… Le reportage dans Le Soir

Les écoles de devoirs manquent de moyens

©Thomas Blairon – Le Soir

Sous-financement chronique, contrats précaires, locaux pas toujours adaptés, manque de soutien de la part des établissements scolaires…

Une étude réalisée par la Ligue de l'enseignement confirme ce que d'aucuns dénoncent depuis longtemps déjà : en Communauté française, les écoles de devoirs (EDD) manquent de moyens. Or celles-ci jouent un rôle social évident, en particulier dans les zones urbaines.

Le profil du public ? Mixte (80 % des enfants sont issus de l'immigration), mais plutôt défavorisé sur le plan socio-économique. La demande ? Elle ne cesse de croître et certaines écoles de devoirs ont instauré des listes d'attente…

Aussi, soulignent les auteurs de l'étude, Valérie Silberberg et Antoine Basantay, en cette période de précarité galopante, « on peut craindre un accroissement de la pauvreté infantile et donc une demande encore plus accrue en termes de soutien à la scolarité ».

Un soutien aujourd'hui à deux vitesses. « Toutes les écoles ne perçoivent pas de subsides pour organiser des études dirigées ou surveillées », rappelle la Ligue de l'enseignement. Celles-ci sont souvent laissées au bon vouloir des pouvoirs organisateurs. Et il manque souvent d'enseignants disponibles.

Les cours particuliers ? Ils sont payants (de 10 à 50 euros de l'heure, selon les tarifs appliqués dans le privé). Avec un marché en pleine expansion sur lequel on retrouve le pire comme le meilleur. Et, au bout du compte, constate l'étude, une « remédiation à deux vitesses, corollaire d'un système éducatif lui-même inégal ». Avec, d'un côté, des familles aisées qui se tournent vers les cours privés en vue d'obtenir « des résultats en termes d'efficacité et de performances ». Et de l'autre côté, les écoles de devoirs peu ou mal encadrées…

Course aux subsides

Malgré un décret qui depuis 2004 réorganise le secteur (avec une reconnaissance obligatoire de l'ONE, un projet pédagogique par EDD, un code de qualité…), et un budget relevé de 10 % par le ministre Nollet (Ecolo), beaucoup d'écoles de devoir fonctionnent avec des contrats précaires (temps partiels, bas salaires…) ; des animateurs « avec des profils, des formations et des niveaux de diplômes très variés » ; dans des locaux « pas toujours adaptés ou sécurisés » ; en courant après les subsides (fédéral, Région, Fondation Roi Baudouin…) ; avec des projets hétérogènes (avec uniquement ou sans animateurs bénévoles) et avec, ou non, une participation financière des parents (de 1 à 75 euros/an, selon les cas).

Malgré ces difficultés, chaque école de devoirs, sur la base d'une approche éducative spécifique, assure de larges missions, se félicite l'étude de la Ligue. Un travail « qui s'inscrit dans la durée » et prend en compte « les difficultés scolaires, psychologiques, sociales et/ou culturelles ». Mais mériterait d'être davantage valorisé par les pouvoirs publics.

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[11] andev dit le 19/01/2012, 16:15

[6]Allya dit le 19/01/2012, 11:42 J'hallucine quand je vois les commentaires [2] et [3]! Il y a des parents qui sont obligés de travailler tous les deux et qui rentrent tard, Evidemment qu'il faut investir dans l'éducation et l'enseignement. C'est la société entière qui y gagne./// On devrait au moins vérifier si ces enfants n'ont pas de parents qui ont la possibilité de garder eux-mêmes leurs enfant(s)! Cela en ferai déjà un tas de moins! Ensuite, vu la situation dans les écoles: les élèves qui ne foutent rien de toute la journée sinon crééer des problèmes et des discussions ne doivent pas non plus trainer à l'école après les cours. Et enfin, on en a tellement et de plus en plus qui ne sont pas du tout près à s'introduire dans notre société et nos écoles parce que incapables et/ou non-intéressés qu'on est tout au plus en train d'ajouter quelques seaux d'eau à la mer! Continuons comme on le fait et notre enseignement se retrouvera bientôt au niveau du tiers monde...

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[10] bruwal dit le 19/01/2012, 15:36

Tout à fait d'accord pour augmenter l'aide, augmenter les capacités d'accueil. Investir dans un enseignement de qualité est toujours gagnant. Mais j'introduirais une obligation: celle de la présence au moins d'un parent (sans emploi): il apprendra la langue et éventuellement la même matière que son enfant. Et tant pis pour "les feux de l'amour" et "inspecteur Barnaby"!

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[9] gijsen dit le 19/01/2012, 14:56

Les écoles de devoirs... Merveilleuse découverte de notre société pour pallier les lacunes de l'entourage parental de la jeunesse. ........... " Pas le temps , va voir ta mère... Elle a pas le temps . Tant pis , moi je vais au foot . Et tes profs , y foutent quoi ? Démerde -toi ..." Belle société que celle où les gens qui s'occupent de leurs enfants doivent EN PLUS payer pour les fainéants ou les profiteurs ... ou ...

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[8] carpe diem dit le 19/01/2012, 13:41

@6 entièrement d'accord avec vous! Nos politiques devraient faire une priorité de tout ce qui touche à l'apprentissage des enfants..Tant au niveau de la manière dont cet apprentissage se déroule (une tête bien faite au lieu d'une tête bien pleine) qu'en ce qui concerne l'encadrement (en ce y compris le soutien scolaire). Ce qui, bien entendu, ne doit pas décharger les parents de leur responsabilité (j'entends par là qu'ils doivent continuer à éduquer leurs enfants)

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[7] Lidju dit le 19/01/2012, 12:58

@[6] Allya Vous avez parfaitement raison.quelque soit la ou les raisons de cet état de fait, il faut intervenir et la formation est le meilleur moyen. Cependant 15 500 enfants en difficulté en communauté française, c'est... énorme. Il y a deux sorte de personnes suite à une chute: Il y a ceux qui se ramassent et qui repartent et ceux qui restent par terre et qui attendent de l'aide. Je pensais que ces derniers étaient des margianux très minorotaires. Je me trompais. Ils sont nombreux et de plus en plus nombreux. Il y a un grand problème dans notre société puisqu'elle génère de plus en plus des gens fragiles. Tout le monde voudrait d'une société ou tous auraient les mêmes chances au départ et le fait est qu'on s'en éloigne. Nous donnons du poisson à ceux qui ont faim, mais nous n'apprenons plus à pecher. Le problème, traité ainsi, ne risque pas de se résoudre.

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