Di Rupo met Merkel en garde
VINCENT QUITTELIER
lundi 23 janvier 2012, 09:37
« Moi, je ne dis pas aux autres pays ce qu'ils doivent ou ne doivent pas faire », lance le Premier ministre belge dans Der Spiegel. Le jour même de sa visite en Allemagne.
Belga
Dans une interview à l'hebdomadaire Der Spiegel, Elio Di Rupo met en garde la chancelière Angela Merkel à ne pas interférer trop avec les réformes économiques de la Belgique. « Je ne dis pas aux autres pays ce qu'ils doivent ou ne doivent pas faire. Chaque pays a ses traditions que nous devons respecter. Nous nous sommes engagés au niveau européen à des objectifs communs, mais chaque gouvernement décide lui-même de la façon de les atteindre. »
Interrogé par le Spiegel sur la nécessité de voir la Belgique adopter des réformes telles que l'Allemagne les a réalisées avec l'ancien chancelier Gerhard Schröder, Elio Di Rupo invite à ne pas comparer la situation d'un pays avec celle d'un autre, ajoutant qu'à l'époque de M. Schröder le monde financier ne pesait pas autant sur les politiques budgétaires qu'aujourd'hui. La Belgique est un pays où la situation économique est plutôt bonne, dit-il. En 1993, le ratio de la dette était de 137 %, il est passé à 85 % à la mi-septembre 2008. « Donc vous ne pouvez pas dire que nous n'avons pas été rigoureux », fait-il observer, rappelant que de grandes réformes socio-économiques viennent d'être lancées durant les trois premières semaines d'activité du nouveau gouvernement.
Interrogé sur le maintien de l'indexation des salaires et des allocations, un système propre à la Belgique et au Grand-Duché de Luxembourg que l'Allemagne dénonce régulièrement, M. Di Rupo souligne que cela fait partie de la tradition sociale du pays. « Je vais écouter ce que Mme Merkel a à dire et je suis certain qu'elle écoutera ce que j'ai à lui dire », indique le Premier ministre belge.
« Un modèle européen défendu par les 27 »
Le Premier ministre soutient notamment que « l'Europe ne doit pas s'inspirer du modèle allemand ou du modèle d'un autre Etat-membre mais développer un modèle européen défendu par les Vingt-sept ». M. Di Rupo ne nie pas le « rôle important » que joue l'Allemagne sur le plan économique : elle vient en soutien des autres pays qui doivent lui en être reconnaissants, dit-il. « Cependant, l'Allemagne doit également coopérer avec les autres pays, car son avenir dépend aussi de leur prospérité ».
Le Premier ministre socialiste observe que Mme Merkel et le président français Nicolas Sarkozy s'entretiennent régulièrement du devenir européen ou de l'avenir de la zone euro. « Mais chaque pays doit pouvoir être entendu en ce qui concerne des décisions relatives aux dix-sept pays de la zone euro ou les Vingt-sept de l'Union européenne ».
Van Quickenborne approuve
Le vice-premier ministre libéral flamand Vincent Van Quickenborne ne trouve rien à redire à l'interview donnée au magazine Der Spiegel par Elio Di Rupo. « Il dit que l'Europe ne peut pas se contenter de prôner des mesures d'économies, à cet égard, il marque un point. L'Europe doit également veiller à la croissance et aux investissements », a réagi Vincent Van Quickenborne sur la VRT-Radio.
A Berlin ce lundi
Le Premier ministre belge s'envole ce lundi matin depuis Melsbroek à destination de Berlin, où l'attend un lunch avec la chancelière Angela Merkel. Un certain nombre de dossiers bilatéraux devraient être au menu, mais les discussions porteront principalement sur l'organisation du sommet européen du 30 janvier. Lundi également, la chancelière rencontrera à ce sujet les présidents respectifs de la Commission européenne et du Conseil européen, MM. José Manuel Barroso et Herman Van Rompuy.
(avec Belga)
Vos réactions
Voir toutes les réactions| Signaler un abus | Message constructif ? |
OUI 0 0 NON | |
|
|||
@[63] VHB : Après avoir appris le français..... ce que vous avez fait rapidement et d'une manière remarquable (je le pense vraiment), ne pourriez-vous aussi apprendre la solidarité?
| Signaler un abus | Message constructif ? |
OUI 3 4 NON | |
|
|||
Cher VHB. Je vais être court car "dsti" a déjà dit ce que je pensais. Je tiens seulement à rappeler à VHB, que les socialistes sont particulièrement énervés et déçus des choix politiques de Di Rupo, premier ministre, et le syndicat FGTB voit rouge contre Monsieur Di Rupo. Alors oser dire que celui-ci veut fortifier sa politique sociale c'est de votre part avoir une grosse paille dans l'oeil.
| Signaler un abus | Message constructif ? |
OUI 5 4 NON | |
|
|||
à VHB Cette agressivité vis à vis de Di Rupo est maladive. Qu'a-t-il dit qui soit négatif pour la Flandre ? Il a défendu le fait que chaque pays puisse pratiquer des politiques différentes pour atteindre le même but (et la politique de régionalisation qu'il pratique va dans le sens voulu par la majorité en Flandre). Il a repris les propos de Magnette, insistant sur le fait qu'ils ne représentaient pas la position de la B. Il a demandé que l'Europe se préoccupe d'une politique de relance et de création d'emploi (ce qui pour S&P est fondamental). D'autre part, en Hollande, il a défendu les positions flamandes sur Anvers et l'Escaut. Et en B, il fait avaler aux syndicats un programme de centre droit (le même programme avec des socialistes dans l'opposition entrainerait une grêve générale comme en 60). Un peu d'objectivité svp.
| Signaler un abus | Message constructif ? |
OUI 13 3 NON | |
|
|||
Il ferait mieux de la jouer profil bas. L'exemple vient d'en haut, pas du bas.
| Signaler un abus | Message constructif ? |
OUI 7 12 NON | |
|
|||
















L'hôpital se moque de la charité Pour qui se prend notre premier ministre ? C'est le mendiant qui donne des leçons du doneur. Il était jusqu'il y a peu, le président d'un parti qui a galvaudé les fonds publics depuis un demi siècle. Angela M. veille sur l'argent des contribuables allemands et fait bien. Puissions-nous suivre l'exemple de nos voisins germaniques (même socialistes !) et rentrer dans un gestion saine exempte de copinage et de corruption.