Une entreprise propose des primes pour les non-grévistes
Rédaction en ligne
mardi 24 janvier 2012, 17:09
L’entreprise Veldeman Bedding a décidé d’offrir une prime de 30 euros à ses employés qui viendront travailler le 30 janvier, malgré la grève générale, ce qui a poussé la FGTB à doubler la mise en offrant une prime de 60 euros.
©Pierre-Yves Thienpont - Le Soir
La direction de Veldeman Bedding, une entreprise du Limbourg qui vend des matelas, a expliqué avoir proposé cette prime pour être en mesure de répondre aux commandes de ses clients étrangers, qui « ne comprennent pas la grève ».
Après cette offre, le nombre de salariés souhaitant faire grève serait passé d’une cinquantaine à une vingtaine, sur un total de 150 employés, selon la direction. En réaction, la FGTB a décidé de surenchérir en faisant passer de 30 à 60 euros l’indemnité de grève versée à ses affiliés chez Veldeman Bedding.
Une prime contraire à la législation internationale
Or, selon Guy Cox, directeur-général du département Relations collectives de travail au sein du SPF Emploi, Travail et Concertation sociale, cette prime de 30 euros promise par la direction de l’entreprise Veldeman Bedding aux travailleurs non-grévistes est contraire à la législation internationale. Pour étayer sa position, Guy Cox s’appuie sur l’avis du comité pour la liberté syndicale de l’Organisation internationale du Travail (OIT) qui dit qu’aucune bonification ne peut être attribuée pour qu’un travailleur ne se déclare pas en grève.
« Le droit fondamental à la grève ne peut être limité », précise pour sa part la Convention internationale de Genève. « Et en France, des initiatives semblables ont été condamnées par les plus hautes juridictions », a poursuivi M. Cox. Selon ce dernier, si un tel cas parvenait devant un tribunal belge, « le juge pourrait en outre se laisser guider par un article de la loi anti-discrimination » qui interdit toute discrimination sur base de l’appartenance à un syndicat.
Quant à la prime de 60 euros que voulait octroyer la FGTB aux grévistes, avant de finalement revenir sur sa décision, elle n’est pas contestable, « les syndicats déterminant ce qu’ils donnent à leurs membres », a conclu Guy Cox.
De son côté, l’entreprise a annoncé la tenue d’une réunion entre direction et syndicats, demain/mercredi matin, afin d’aplanir le conflit lié à son initiative.
(Belga et AFP)
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@Keule Ceux qui s'opposent à la grève vous diront que le moyen "moral" est les urnes. Le problème que j'y vois est que les prochaines élections fédérales ne sont pas pour demain et que les élus n'ont aucune obligation de tenir leur engagements électoraux. Evidement, dans notre système, on ne peut pas voter tous les jours pour un gouvernement (hum, surtout s'il lui faut des centaines de jour pour être formé), néanmoins, je pense qu'un mécanisme de vote de confiance au programme gouvernemental permettrait d'entamer un processus allant dans le sens d'une validation populaire (feedback loop)... Mais cela requiert des débats d'une qualité et exhaustivité grandement supérieures aux standards actuels.
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Au 19 siècle, quand le petit peuple se révoltait contre leur condition, l'on faisait venir l'armée pour écraser leur révolte. Car le bon ordre des puissants était mis à mal. Au début du 20 siècle il y a eu la crise 1929-1930. Au 21 siècle la crise est devenue technique. Je constate qu'à chaque fois le monde de la finance et politique, trouve toujours le même argument pour avoir une certaine croissance financière et de faire des profits. Nos aïeuls ce sont battue pour plus liberté. Leur épouse pour le droit de vote. Certain ont la mémoire très courte ! Je ferais grève par respect a tout ceux qui ce sont battus pour simplement vivre plus décemment. 30EUR donné par cette entreprise n'est pas respectueux pour leurs personnels.
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Il y a beaucoup de raison pour ne pas faire grève : on peut penser que les mesures d'austérité sont justes et indispensables, on peut penser que les mesures ne sont pas justes mais que la grève n'est pas l'arme qui convient pour lutter contre cette décision, ou quelque soit son opinion on peut être dans une telle position économique qu'il n'est pas possible de perdre un jour de travail. Mais vendre des convictions contre 30 EUR c'est juste désespérant car cela signifie que la nature humaine n'a pas évolué depuis que Judas a touché ses 30 deniers.
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@Sensei Suffisament approfondie que pour exhaustivement déterminer et calculer les implications d'une grève ou, encore, optimiser les process afin de maximiser l'un ou l'autre facteur (le bénef dans 99,9% des cas) ;) Cela dit, j'avoue m'être fait manichéen sur le coup afin de mettre en évidence le "signal" tel qu'il est perçu par beaucoup de travailleurs. L'employeur n'y est pour rien ? A défaut de ne pas être en opposition (employeur vs salarié) il peut, au minimum, s'en battre complètement (Le verra-t-on à votre manif du Samedi ?). Et cela, c'est y être pour quelque chose. Mais, ni vous, ni moi, ne le savons. Je pense que ce sont ses salariés qui sont le mieux placés pour le déterminer. Une grève de la consommation ? Cela sera aussi détrimental pour l' "employeur qui n'y est pour rien"... Sauf si on fait dans le symbolique et qu'on achète Lundi ce que l'on a pas acheté le Samedi.
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Prime légal si cette prime est aussi payé les autres jours de non gréve