Les dix droits de base du gréviste
Rédaction en ligne
vendredi 27 janvier 2012, 15:05
A l'occasion de la grève nationale du lundi 30 janvier, le réseau d'avocats progressistes Progress Lawyers Network rappelle que faire grève est un droit fondamental.
© Belga
Alors que certains s'inquiètent particulièrement des actions judiciaires préventives des entreprises pour la journée de grève de lundi prochain, le réseau d'avocats Progress Lawyers Network tenait à rappeler les dix droits élémentaire du travailleur en grève :
1. Droit de grève. Les travailleurs ont le droit d'arrêter collectivement le travail pour faire valoir leurs droits et leurs revendications. Ce droit est reconnu par une série de dispositions internationales, européennes et nationales. Il comporte aussi tous les « accessoires » nécessaires à la réussite de l'action collective : les piquets de grève, les piquets de zoning, les occupations, les grèves de solidarité, etc.
2. Huissier de justice à un piquet de grève. Les travailleurs en grève qui voient un huissier de justice arriver, peuvent éviter tout contact avec lui et ne sont pas obligés de lui prêter assistance pour l'accès aux lieux. Il ne faut rien dire à un huissier de justice parce que même s'il ne « note » rien sur le moment, il a soit un enregistreur de poche, soit une bonne mémoire qui lui permettra ensuite de faire un constat écrit (c'est la raison de son intervention). Par ailleurs, un huissier de justice, qui veut s'adresser à un travailleur ou qui veut lui remettre un acte, doit pouvoir l'identifier. Les travailleurs peuvent refuser de donner leur nom à un huissier de justice.
3. Contrôle d'identité. Le fonctionnaire de police en uniforme peut contrôler l'identité. S'il est en tenue civile, il doit se légitimer (carte, brassard). Le policier doit avoir une raison légale pour contrôler votre identité (perturbation de l'ordre public ou délit). Les pièces d'identité doivent lui être remises. Après vérification de l'identité, elles doivent être immédiatement rendues à l'intéressé. Faire grève ou exprimer son opinion est un droit et ne constitue donc pas une atteinte à l'ordre public ou un délit.
4. Manifester est un droit fondamental. Se rassembler en plein air -appellation officielle d'une manifestation- est un droit constitutionnel, en lien avec le droit à la liberté d'expression.
5. Arrestation administrative. Les policiers peuvent arrêter les personnes qui commettent un délit ou une atteinte à l'ordre public. Quand une personne n'est pas accusée d'avoir commis un délit, l'arrestation est administrative et ne peut dépasser 12 heures. Celle-ci doit être inscrite dans le registre des arrestations administratives que la personne arrêtée signe à son entrée et à sa sortie.
6. Arrestation judiciaire. Quand une personne est accusée d'avoir commis un délit, cette arrestation peut durer 24 heures au maximum sauf si, avant l'expiration du délai de 24 heures, le juge d'instruction délivre un mandat d'arrêt.
7. Interrogatoires. Chaque personne a le droit absolu de se taire. Il n'y a aucune obligation de faire une déclaration ou de signer quoi que ce soit. Les déclarations sont souvent utilisées contre l'intéressé et ses collègues. Le mieux, c'est de se limiter à la phrase suivante : « Je défends mes droits et ne désire pour le reste pas faire de déclaration ». Lors d'un interrogatoire par la police, vous avez le droit d'être assisté par un avocat.
8. Fouille. Fouille de sécurité : on cherche des objets « dangereux ». Fouille judiciaire : on cherche un objet en relation avec un délit dont vous êtes soupçonné. S'il n'y a pas de raison précise, la police n'a pas le droit de fouiller. La mise a nu est un abus de pouvoir. Il est conseillé de ne pas prendre de carnet d'adresses lors d'une action. La police pourrait porter beaucoup d'intérêt aux noms qui y figurent.
9. Prise de photos par la police ou d'autres. Prendre des photos sans autorisation est une atteinte à la vie privée. Il n'est pas normal que l'on finisse par figurer dans un « album » de la police ou un fichier d'une entreprise privée, suite à une arrestation administrative dans le cadre d'une grève ou d'une action syndicale. Il faut protester contre ces prises de photos.
10. Défendez vos droits et protestez. Si la police va trop loin (par exemple injures, coups, fouilles humiliantes) prenez immédiatement contact avec un avocat pour voir comment réagir. En cas de coups, consultez immédiatement un médecin afin d'obtenir un certificat décrivant de manière détaillée les lésions. Gardez des contacts (adresses, téléphones, e-mail) avec les autres participants à l'action pour avoir un nombre suffisant de témoignages en cas de besoin.
(rédaction en ligne)
Vos réactions
Voir toutes les réactions| Signaler un abus | Message constructif ? |
OUI 0 0 NON | |
|
|||
Les 10 droits??? Les 1000 droits, en fait tous les droits! Quand vous pouvez prendre le management en otage et que la police n'ose pas ou n'est pas autorisee a intervenir, cela veut dire que vous avez tous les droits! Adieu liberte et democratie. Et arretez de faire la morale sur le martyr des pionniers du syndicat. Oui les syndicats etaient necessaires, oui ils ont fait un travail necessaire dans le PASSE, oui ils sont encore necessaires ... AILLEURS. L'article devrait couvrir les droits des non grevistes... Mais la je rejoins Amygdale, je crains que le courage du Soir manque a l'appel...
| Signaler un abus | Message constructif ? |
OUI 15 7 NON | |
|
|||
Trop, c'est trop ! Ca alors, il doit certainement y avoir un courageux modérateur qui estime que son droit est supérieur à celui des autres qui ne sont pas favorables à la grève, il vient d'annuler plusieurs posts qui pourtant s'exprimaient aussi de droit et sans aucune animosité. Normal, les 80% de non grévistes n'ont qu'un seul droit: la fermer. Non, il m'en reste encore un, celui de ne plus être client du Soir dès le mois de mars et tant que l'on y est, svp supprimez donc mon accès au forum, je n'y reviendrai plus. Merci valeureux démocrates.
| Signaler un abus | Message constructif ? |
OUI 18 9 NON | |
|
|||
@Louise_2011 Vous êtes complètement à côté de la plaque ! Le sort d'un travailleur se résumerait donc pour vous à l'amélioration des outils de production ? Ces outils peuvent certes améliorer les conditions de travail, pas de vie ! Pour ce dernier point, il a effectivement fallu que les travailleurs se regroupent en syndicats ! Vous voulez une preuve ? En ce moment même, des chinois produisent des produits qu'ils n'ont pas eux-même l'occasion d'acheter. Il utilisent des outils modernes pour la production et pour pouvoir améliorer leurs conditions de VIE (via une augmentation salariale), il font... GREVE !
| Signaler un abus | Message constructif ? |
OUI 14 27 NON | |
|
|||
@Louise_2011 A lire votre commentaire, vous témoignez d'une méconnaissance édifiante de l'histoire de votre pays et de vos droits... Vos propos sont une insulte aux martyrs de la grève générale de 1886 qui sont morts pour ce droit de grève. Relisez la question sociale... J'ajouterais que je ne pense pas que cette grève va changer quoi que ce soit mais je comprends parfaitement ceux qui la font! En effet, n'oubliez pas que l'austérité actuelle provient de la crise des subprimes et des banques qui ont périclité et que l'on a dû de facto sauver. Ensuite, c'était la crise de la dette publique en Europe. Dès lors, je comprends ces gens qui crient leur rage de devoir payer pour une faute qu'ils n'ont pas commise et pour l'avenir infernal que la finance mondiale leurs a donné.
| Signaler un abus | Message constructif ? |
OUI 19 25 NON | |
|
|||
















Et le droit au travail des non-grévistes? Et la liberté de circuler? Et le respect des décisions prises démocratiquement par le Parlement pour sauver notre pays de la ruine?