Viseur : « La rupture avec Bruxelles serait une folie »

BEATRICE DELVAUX ET PASCAL LORENT

samedi 28 janvier 2012, 12:23

Que pense le bourgmestre démissionnaire de Charleroi du plan W défendu par Jean-Claude Marcourt et qui fait grand bruit parmi les Francophones ?

Viseur : « La rupture avec Bruxelles serait une folie »

Pierre-Yves Thienpont - Le Soir

« Il y a différents phénomènes à l’œuvre »

1)On peut tirer son chapeau aux négociateurs mais qui peut dire qu’on est arrivé à la fin du processus ? On est parti pour dix ans, et au-delà, quid ? Cela peut même aller beaucoup plus vite si la N-VA continue à progresser électoralement. J’ai quand même l’espoir pour la Flandre que la réforme se fasse et que l’on mesure au nord du pays que la gestion de ces compétences qui viennent du fédéral n’est pas si facile ; la faiblesse linguistique de Di Rupo va faire en sorte que contrairement aux gens qui maîtrisent la langue, il va montrer beaucoup d’empathie pour la culture et la générosité du nord du pays. Ce qui est neuf. Di Rupo n’a pas ce mépris culturel de la Flandre, mépris par ailleurs totalement déplacé car sur le plan des arts contemporains, ils sont en avance sur nous. J’espère qu’à un moment donné, se déclenche en Flandre le sentiment d’être reconnu, qui prendra le pas sur un sentiment d’infériorité mal placé. Cela permettrait de soutenir les partis flamands au gouvernement. Par ailleurs et c’est indispensable, la réforme de l’Etat doit aboutir très vite : la crédibilité de la Belgique est en jeu !

2)Il y a un transfert massif de compétences qui ne sont pas des transferts techniques. Cela appelle des modifications de comportements dans les régions. Il nous reste 10 ans pour nous adapter, même les syndicats wallons le disent.

3)Le problème de la Wallonie, est un problème de culture d’appartenance. Notre risque : Bruxelles est vraiment devenue une capitale, avec une démographie galopante et une capacité économique, supérieure à la Flandre. Avoir renforcé les moyens pour Bruxelles dans la réforme de l’Etat est excellent car à partir de là, Bruxelles région rayonne économiquement et socialement. Son rayonnement va jusque Anvers au Nord, Charleroi, Mons, Ath, même Namur. Ces villes ont une dépendance économique vis-à-vis de Bruxelles. Et Bruxelles a besoin d’habitants qui font la navette, de moyens de communication qui empiètent tout autour de son territoire (comme le RER), de capacité d’attraction culturelle. Difficile pour la Wallonie d’avoir une culture d’appartenance, lorsqu’une bonne partie de son territoire dépend de la capitale. Nous avons un risque identique à celui posé à une époque au New Jersey (entre New York et Philadelphie aux Etats Unis). C’est pourquoi une rupture avec Bruxelles serait une folie économique. Tous les autres centres de croissance wallons sont aussi en dehors du territoire: Liège est tournée vers l’Euregio, Namur-Luxembourg vers le Luxembourg et Tournai vers Lille.

Quelles conclusions en tirez vous ?

La Wallonie est une région qui doit se poser des questions : comment faire en sorte que la Wallonie ait une identité économique et culturelle. Une des faiblesses de la Fédération Wallonie Bruxelles est que Bruxelles devient très cosmopolite et a donc une personnalité très différente, une vision très différente. La Wallonie elle aujourd’hui ne parvient pas à définir son identité autrement que dans des discours politiques, elle est en recherche de personnalité. Qui ne peut être un repli !

Que pensez vous des projets W de Jean-Claude Marcourt ?

Je suis frappé dans le discours de Jean-Claude Marcourt par le fait qu’il insiste sur l’enseignement. C’est normal car l’enseignement définit l’identité. Mais son plan Wallon a été mal défendu et mal explicité. Il faut forger une identité wallonne, la région a des moyens, mais il reste un éclatement provoqué par l’éclatement économique que je vous ai décrit.

La réflexion doit être menée . Mais Marcourt n’a pas été particulièrement adroit. On doit en plus toujours finir par les considérations institutionnelles, pas commencer par là. Il est obsédé par l’enseignement pour les raisons identitaires mais c’est le cœur de la Communauté française : cela complique tout évidemment.

La culture Wallonne , à développer ?

C’est difficile à construire car très vite les rivalités se manifestent. Et il faut une culture qui repose sur l’ouverture. Tous les partis doivent participer à cette réflexion, l’exemple du New Jersey devrait les inspirer.. Le transfert de compétences font passer la Wallonie dans une autre catégorie, lui pose une série de nouvelles exigences. La méthode utilisée pour lancer le débat est très ennuyeuse car cela risque de cristalliser, de figer alors que ce débat est nécessaire.

Y-a-til un risque d’affaiblir Bruxelles en menant ce débat ?

Il ne faut en tout cas pas courir ce risque car tout le monde payerait les pots cassés !

Propos recueillis par Béatrice Delvaux et Pascal Lorent

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[25] kaoti dit le 29/01/2012, 13:30

Ce ne sont pas les soidisant indentités régionales ni culturelles ni linguistiques qui font qu'il y a un repli sur soi des régions, mais bien les entités électorales. Sans une cirsconsription qui compose et la Wallonie et Bruxelles, la FWB est une coquille vide et a au tant de sense qu'une FFB. Il est trops tard pour une circonsription fédérale alors il vaux mieux qu'on arrête de romantiser sur des identités et des fédérations.

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[24] casrai dit le 29/01/2012, 12:07

Ce qui me plait dans le discours de ce bourgmestre de Charleroi, c'est qu'il est entrain de reconnaitre que la wallonie n'existe pas. Le federalisme linguiste belge est un echec. Il faut prendre exemple sur celui de Suisse et se baser sur un federalisme provincial de 8 à 10 regions pour toute la Belgique.

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[23] niark dit le 29/01/2012, 12:03

[2]FrancophoneDeFIandre : 100% d'accord avec vous. Pour moi Wallonie et Bruxelles ont vocation a formé un seul Etat. Je suis bruxellois, et quand je vais en Wallonie, je me sens dans mon pays. En Flandre, je me sens à l'étranger. Je le dis avec sérénité, c'est juste un constat. Mais l'obstacle à la création d'un Etat belge francophone est la main-mise, l'occupation, de la Flandre sur Bruxelles. Plutôt qu'un "plan W", je trouve qu'on devrait surtout réfléchir à libérer Bruxelles.

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[22] niark dit le 29/01/2012, 11:59

[8]freedom vous savez, Liège c'est 25% de chômeurs, Charleroi 30% ... des quartiers pauvres, beaucoup d'étrangers ... faut-il donc aussi tourner le dos à ces villes ? Ne rester qu'entre communes rurales et petites villes ? Je ne vous le conseille pas, car si les communes rurales ont un taux de chômage en général bas, c'est parce qu'elles sont peuplées de navetteurs qui vont chercher l'emplois ... dans les grandes villes : 120.000 wallons à Bruxelles, 100.000 à Liège et 80.000 à Charleroi ... Alors pas de poujadisme, mais de la solidarité !

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[21] Opinion dit le 28/01/2012, 20:08

Sérieusement, à part Marcourt qui d'autre brigue la rupture ? Personne. Pourquoi ? Par ce que c'est ridicule, infondé et hors de propos. Alors pourquoi est-ce qu'on en parle encore ??? On crée toute une histoire en partant de rien. Est-ce que les medias francophones ne trouvent vraiment rien d'autre comme sujet à aborder ? On se flamandise.. C'est triste..

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