Grève générale : « rigueur » contre « austérité »

Rédaction en ligne

dimanche 29 janvier 2012, 17:14

Débats dominicaux Le gouvernement a défendu ce dimanche, par la voix de plusieurs ministres, les mesures de rigueur budgétaire, face à des représentants syndicaux très critiques contre « l'austérité ».

Citant les exemples de pays du sud de l'Europe, mais aussi du Royaume-Uni, la secrétaire générale de la FGTB, Anne Demelenne, a affirmé que les coupes budgétaires pousseraient le pays vers la récession. Le secrétaire général de la CSC, Claude Rolin a, pour sa part, réfuté toute irresponsabilité des syndicats, en soulignant que le préavis de grève avait été donné très longtemps à l'avance.

Avec des accents différents, les ministres ont défendu l'action du gouvernement. Les mesures décidées en Belgique sont très différentes de « l'austérité aveugle » mise en oeuvre en Angleterre, a dit la vice-première ministre PS Laurette Onkelinx. « On fait un amalgame entre l'austérité aveugle et des rigueurs obligatoires », a renchéri la vice-première cdH Joëlle Milquet.

Le ministre MR du Budget, Olivier Chastel, a critiqué « une réaction inappropriée » des syndicats, soulignant que le gouvernement belge est « le seul d'Europe » à garantir le maintien de l'âge de la pension légale, l'indexation des salaires et le caractère illimité dans le temps des allocations de chômage.

M. Chastel a exclu que la grève puisse amener la majorité à changer de cap. « Nous appliquerons l'accord de gouvernement, un point c'est tout », a-t-il affirmé.

« Si le gouvernement reste dans une attitude de surdité générale, il y aura encore d'autres mouvements sociaux », a rétorqué Claude Rolin.

Thierry Bodson, secrétaire général de la FGTB wallonne, a en outre réfuté que le caractère illimité du chômage ait été maintenu. Selon lui, la réforme du stage d'attente, à l'issue duquel les chômeurs ne bénéficieront plus que de trois années d'allocations, privera au moins 50.000 personnes d'allocations à partir de 2015.

« L'immense majorité d'entre eux ne sont pas des étudiants, mais des gens qui ont travaillé. Toutes les caissières qui ont travaillé à temps partiel et qui sont licenciées sont dans ce cas de figure », a-t-il expliqué à Belga.

Les débats télévisés ont aussi porté sur la perspective d'un saut d'index, évoquée par le ministre des Finances, Steven Vanackere (CD&V) dans une interview. Laurette Onkelinx a fermé la porte à cette option, en affirmant que le PS ne la cautionnerait en aucun cas.

Elle a reçu le soutien de Joëlle Milquet, selon qui « le saut d'index n'est pas à l'ordre du jour » du gouvernement fédéral.

La promesse a été accueillie avec scepticisme par les syndicats.

« Nous avons perdu confiance », a répondu Anne Demelenne.

L'économiste Bruno Colmant a suggéré de « moduler » le saut d'index, en plafonnant l'augmentation de salaire pour les revenus les plus élevés. Thierry Bodson, a rejeté cette option. Pour réduire les inégalités, il est préférable selon lui d'accentuer la progressivité de l'impôt, avec des tranches à 55 % et 65 %.

Le déroulement de la grève de lundi a également provoqué quelques frictions. Pour Jo Libeer, l'administrateur délégué de l'organisation patronale Voka, « les premières victimes de la grève, ce seront les entreprises. On fait des problèmes à des gens qu'on ne vise pas. Pour nous, il serait inacceptable de bloquer les zonings industriels. Il y a bien sûr le droit à la grève, mais il y a aussi le droit au travail », a-t-il dit.

Sans soutenir les blocages, les syndicats n'en ont pas vraiment exclu la possibilité. « Nous ne les soutenons pas, mais la colère est grande. Je ne réponds de rien », a affirmé Anne Demelenne.

(Belga)

Vos réactions

Voir toutes les réactions
Je me connecte Je m'inscris

Nouveau : changement dans la procédure de connexion. En savoir plus

Quelques règles de bonne conduite avant de réagir
[21] bigboum dit le 14/02/2012, 16:14

La mécanique de la dette veut qu'elle soit indestructible et elle entrainera la récession, la Grèce, c'est ici demain, des plans d'austérité vont se succéder et presseront encore le citoyen, jusqu'à ce qu'il soit réduit en esclavage. Soyons sérieux l'euro n'a rien apporté que du contraire. Maintenant il faut serrer ceinture et encore plus demain. Quest-ce donc cette idée de ne rien faire et de subir au profit de l'oligarchie pompeuse. Battons nous!

Signaler un abus

Message constructif ?

  OUI 0 0 NON

 

[20] PhilV dit le 31/01/2012, 16:58

Merveilleux! Ainsi, une grève générale dénoncée par 80% de la population et suivie par une minorité d'irréductibles est "un grand succès"! L'autosatisfaction syndicale est décidément sans limite. Pas étonnant lorsqu'on entend la camarade Demelenne expliquer, sans rire, au "patron des patrons" belge que les entrepreneurs gèrent mal leurs entreprises! La vérité, c'est que quand il n'y a plus d'argent dans un ménage, on doit faire des économies. Point. Si l'état belge avait été géré en bon père de famille, cad sans dépenser plus que ce qu'il gagne, nous n'ens erions pas là. A propos, qui est au pouvoir de manière ininterrompue en Belgique (et en Wallonie) depuis plus de 20 ans??

Signaler un abus

Message constructif ?

  OUI 6 4 NON

 

[19] berry536 dit le 30/01/2012, 06:10

Si on veut que les choses bougent , ça ne pourrait se faire qu'en descendant dans la rue !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! mais aussi en réfléchissant dans l'isoloir en votant en connaissance de cause ( connaître déjà le programme de tous les partis serait déjà une bonne chose ) .

Signaler un abus

Message constructif ?

  OUI 8 7 NON

 

[18] dsti dit le 29/01/2012, 20:29

pour candide67 Oui, le problème c'est l'emploi. La grève va-t-elle créer de l'emploi ? La seule façon intelligente d'aborder le problème est la concertation, qui n'est refusée ni par le gouvernement, ni par le patronat. Que les syndicats demandent une conférence sur l'emploi et viennent avec leurs propositions concrètes(pas avec des slogans à la Demelenne contre les banques) et si la conférence n'aboutit à rien et que le gouvernement ne tranche pas, alors qu'ils fassent une grosse manif le DIMANCHE (j'y participerai), mais détruire l'image de la B à l'extérieur comme ils le font par une grève générale est inconscient comme l'a dit le président du parti socialiste flamand.

Signaler un abus

Message constructif ?

  OUI 11 10 NON

 

[17] citoyen dit le 29/01/2012, 20:14

Les travailleurs ont le droit de faire les lois Le but de la grève n'est pas de modifier une loi ou d'obtenir un dialogue. Les travailleurs ont le droit de faire les lois, parcequ'ils représentent la majorité de la population et parce que ce sont eux qui contribue en majorité aux recettes de l'état. Que ceux qui s'opposent à la grève se demandent si les mesures du gouvernement leur profite ou leur font du tort, et qu'ils se demandent à qui elles profitent vraiment. Pourquoi les patrons et les partis flamands s'opposent à la grève? Quels intérêts cette grève menace t'elle? Les intérêts des gens qui écrivent sur ce forum ou de leurs enfants? Au contraire!

Signaler un abus

Message constructif ?

  OUI 8 8 NON

 

Voir toutes les réactions