Di Rupo : « Il faut préserver la concertation sociale »
Rédaction en ligne
lundi 30 janvier 2012, 15:44
Les trois principaux syndicats belges considèrent la grève comme un succès. Ils exigent désormais une reprise rapide des négociations. « Nos alternatives sont crédibles » a commenté Anne Demelenne, secrétaire générale de la FGTB.
« Un succès », s'est félicité le président de la CSC, Marc Leemans, à l'occasion d'un rassemblement au Rond Point Schuman peu avant midi. « Le mouvement est très bien suivi. Les gens sont déterminés et ne supportent plus que les travailleurs soient les premiers à payer le prix des mesures d'économies », a-t-il ajouté. Son de cloche identique du côté du président de la FGTB, Rudy De Leeuw, et de la CGSLB, Jan Vercamst, pour qui « grâce au succès de la grève générale, les discussions relatives à l'index ne sont plus sur la table du gouvernement ».
Les grévistes syndiqués toucheront 30 euros d'indemnité
La grève est une suspension temporaire du contrat de travail et à ce titre, l'arrêt de travail suspend l'obligation pour l'employeur de rémunérer un travailleur en grève. Si la grève est reconnue par le syndicat, comme c'est le cas lundi, ce dernier verse une indemnité de 30 euros par jour et par gréviste, somme prélevée dans la caisse syndicale. Les grévistes n'ont pas droit à leur rémunération quotidienne lors d'un jour de grève, mais leurs droits sociaux sont maintenus. Ainsi, le jour de grève est assimilé à un jour de travail et est pris en considération dans le calcul de la pension. L'employeur n'a pas l'obligation de rémunérer les non-grévistes qui n'ont pu se rendre sur leur lieu de travail. Ceux-ci doivent prendre leurs dispositions, une fois la grève annoncée, pour remplir leurs obligations professionnelles. Dans le cas où ils seraient empêchés d'atteindre leur lieu de travail, ces travailleurs peuvent se tourner vers l'Office national de l'emploi (Onem) auquel ils peuvent demander une indemnisation. "Une démarche qui n'aboutit que très rarement", selon Roger Blanpain, professeur émérite de droit social.Les 3 syndicats réclament désormais une reprise rapide des négociations sur le programme gouvernemental tout en avertissant qu'ils rejetteront les adaptations à la marge. « Le recul social doit cesser », a encore affirmé le patron du syndicat socialiste qui attend un « signal clair » du gouvernement dans les prochains jours.
A Liège, « l'adhésion des travailleurs au mouvement a été impressionnante. Même les travailleurs hésitants se sont volontiers ralliés à l'action. Tout s'est passé sans incident », constate Jean-Marc Namotte, le Secrétaire fédéral de la CSC Liège-Huy-Waremme. La majorité des entreprises liégeoises sont à l'arrêt, à l'exception de quelques PME, tout comme la plupart des services publics.
« Nos alternatives sont crédibles »
« Nos alternatives à l'austérité sont crédibles. Pourtant, elles sont balayées d'un revers de la main au nom de la doctrine ultra-libérale qui règne actuellement », a commenté lundi après-midi Anne Demelenne, la secrétaire générale de la FGTB.
Selon cette dernière, la mobilisation est « un succès », malgré la « résignation » qui semble gagner une partie de la population. « Certaines personnes ont peur ou sont résignées et pensent que les mesures imposées sont le seul moyen de sortir du tunnel. Or, nos alternatives, telles que les euro-obligations ou des mesures visant une fiscalité plus juste, vont au-delà des slogans et sont porteuses de justice sociale », a précisé Anne Demelenne. « Il faut désormais que le gouvernement nous écoute ; écoute ce qu'il se passe sur le terrain et reprenne une véritable concertation », a-t-elle ajouté.
Forts de cette revendication, les syndicats ont déjà indiqué qu'ils évalueront l'évolution de la situation dans les semaines à venir. « Nous ne sommes pas des gréviculteurs' mais nous évaluerons la situation et si nécessaire, nous prendrons nos responsabilités », a conclu Anne Demelenne.
Di Rupo : « La grève est une réalité »
Le Premier ministre Elio Di Rupo a insisté sur l'importance, et le soutien du gouvernement, à la concertation sociale alors que le pays connaissant lundi une grève générale pour dénoncer les mesures d'austérité adoptées en décembre dernier. « La grève est une réalité », a indiqué M. Di Rupo lundi après-midi lors de son arrivée au bâtiment du Juste Lipse. « Ce qui est important, c'est de préserver la concertation sociale entre employeurs et employés. Et le gouvernement soutient cela », a ajouté M. Di Rupo.
Interrogé par la presse sur la simultanéité de la grève et du sommet européen, le Premier ministre a tenu à bien les discerner. « Il s'agit de deux affaires différentes. La grève est la responsabilité des syndicats. Le sommet européen est organisé dans de bonnes conditions. Il est important pour le pays de pouvoir accueillir ce sommet sans problème », a insisté M. Di Rupo.
Belga
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" Il faut préserver la concertation sociale " - Elle est bonne !
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@praxi : Cela commencera par de la micro-économie de proximité et des réseaux d'échange, y compris la création d'une banque coopérative. Tout est à réinventer, Ensuite pour déboucher dans les champs de la mezo et macro-économie il faudra se servir également des outils mis en place par le système pour l'entrepreneuriat. Il faudra passer du paradigme "individu entrepreneur" au paradigme "collectif entrepreneur". En somme, il ne s'agit pas d'une voie révolutionnaire pour renverser le système capitaliste, mais d'une utilisation de ses rouages pour créer autre chose. C'est cela que je nomme "dépassement". De telles expériences ont cours en Amérique Latine. Pourquoi pas chez nous ?
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Gilles D, et comment financeriez-vous ce nouveau système solidaire et partageur?
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Pour faire dans le plus sérieux, de plus en plus de personnes ne voudront plus accepter les conditions qui leur sont faites par un modèle économique de plus en plus cruel qui porte atteinte à leur liberté et qui détruit le vivre ensemble. elles revendiqueront un modèle plus solidaire, plus partageur où l'économie est au service de l'humain et non dans son asservissement. Et comme ce système n'accepte plus aucun contre pouvoir, elles feront sécession en n'acceptant plus de jouer le jeu social qu'on leur impose et elles construiront à côté de l'existant inacceptable un ailleurs acceptable. En somme, elles n'imposeront pas au plus grand nombre ses solutions, mais se détacheront, si besoin est, de lui. Ce pourrait être le suprême droit à l'autodétermination versus à ce qu'on nous impose sous couvert de libéralisme économique qui devient à force d'excès, liberticide.
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Gilles D, les expériences en cours en Amérique Latine, ont-elles engendré suffisamment d'argent pour combler un trou budgétaire de 12 milliards d'euro?