« Sans Europe fédérale, on ne s’en sortira pas »
Rédaction en ligne
samedi 04 février 2012, 14:46
Guy Verhofstadt en est persuadé : les euro-obligations sont la seule solution pour sauver l’euro. Entretien vidéo
Il nous attend dans son bureau de chef du groupe libéral (ADLE) au Parlement européen. Un peu bougon. Mais il suffira de quelques minutes pour qu’il s’embrase. Passionné, agité, drôle, indigné, volontariste, forcené, prédicateur, acharné. Guy Verhofstadt n’a pas changé : il est toujours habité.
Aujourd’hui, c’est par l’Europe. Il a raté de justesse la présidence de la Commission européenne ? Qu’importe, il va embraser le Parlement, dont il se sert comme tête de pont pour faire advenir cette Europe fédérale – et ces euro-obligations dont il est persuadé qu’elles sont la seule solution pour sauver l’euro.
Le Belge Guy Verhofstadt est aujourd’hui une conscience européenne, peut-être « la » conscience européenne. Avec le Vert allemand Daniel Cohn-Bendit, ils forment un duo d’emmerdeurs flamboyants qui secoue les lenteurs et les postures des dirigeants de l’Europe. Durant notre heure d’entretien, l’homme sera comme un bolide vrombissant. Qui n’a pas une minute à perdre pour médire ou s’épancher, car il a une course contre la montre à gagner : vous convaincre, vous citoyens – et, ce mercredi 8 février, vous, lecteurs du Soir –, d’être plus que jamais des Européens.
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L'Europe n'est pas fédérale et c'est un problème, car elle présente ainsi des distorsions recherchées par les spéculateurs. Ces faiblesses sont clairement apparues lors des dernières attaques financières. Par exemple, où en sont l'harmonisation et la solidarité ? La première mesure pour sauver l'Europe consiste à harmoniser les taux pour tous les pays, pour la dette publique, et aussi pour les taux bancaires au secteur privé afin d'éviter les distorsions (donc spéculation) structurelles entre les coûts d'investissement. Les euro-obligations, elles, seront utiles s'ils elles sont destinées à des citoyens ou des organisations de l'Union. Plus notre dépendance financière augmente vis-à-vis de l'étranger, plus notre redressement économique sera compromis, comme cela a été démontré dans les pays du tiers-monde.
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[58] Citoyen87 >l'abstentionnisme c'est une manière comme une autre de contester une volonté politique qui leur réfute le droit à s'exprimer sur des choix de société comme par exemple au sujet de l'adhésion de la Belgique à l'EU ou à garder une constitution belge, facon 1830, qu'ils reconnaissent comme étant la leur (seul un peuple à le pouvoir d'adopter une constitution et en aucun cas on ne peut le contraindre en ce sens). Ceux qui sont ou seront élu ne représenteront donc qu'eux même et ce qui les prives de la légitimité nécessaire pour qu'ils puissent s'exprimer au nom d'autrui. D'autre part, et part définition, un député européen c'est élu par un électeur européen devrait forcément avoir la nationalité européenne . Et personne au monde ne reconnait l'existence officielle d'un peuple européen (même à l'Assemblée des nation) Ce qui résume l'EU à une multinationale et pas plus.
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@jeanbodar Concernant l'abstentionnisme, mon point de vue est que ceux qui n'exercent pas leur droit de vote: c trop facile! Et venir critiquer ceux qui en font usage: c encore plus malsain...Une hypocrisie propre à notre époque et un déni des luttes précédemment menées! Ensuite, oui la Finlande et d'autres s'opposent aux euros-obligations et à l'application de l'article 122. Mais sur le L.T, ils en payeront peut-être les conséquences vu qu'ils font partie intégrante de l'UEM et que l'Euro est aussi leur DEVISE! Principe naturel de la symbiose selon laquelle ce qui touche l'un affectera l'autre!
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@ cioyen 87 : Lors des dernières élections, les eurodéputés ont été élus par 31% de la population (en comptant les votes obligatoires en BE, IT et LU), donc évoquer leur "représentativité" tient de la méthode Coué. Quant aux Traités, ils ne sont jamais dépassés puisqu'ils sont systématiquement repris dans la liste des nouveaux traités. Maintenant, si votre thèse était aussi claire, pourquoi les PIIGS l'auraient-ils pas utilisé contre les "méchants" (il n'y a pas que l'Allemagne qui refuse, certains comme la Finlande le font plus discrètement)?
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Mais les euro-obligations présentent plusieurs défauts. 1) Elles trouveront certainement acquéreur à l'étranger à cause de la bulle monétaire dollar dont les détenteurs veulent se défaire, mais ceci va accroître notre dépendance et réduire notre marge de manoeuvre économique. 2) Les spéculateurs joueront entre les bons du trésor US et les eurobonds. Pour calmer le jeu, il ne restera qu'une solution, fusionner l'euro et le dollar (ce à quoi s'attelle déjà Draghi me semble-t-il). Les financiers de Wall Street auront atteint leur objectif, noyer les dettes libellées en dollar dans l'UE. Les "bons gestionnaires" de la zone euro sont perdants sur toute la ligne, des disputes en perspective. Pour résoudre ce problème, ainsi que pour stopper l'envolée d'une dette publique privatisée, il n'y a qu'une seule solution : Abolir l'article Lisbonne 123. Fin de la spéculation, Les Etats se financent à taux zéro, les intérêts récupérés vont à la relance !