La pratique non-violente des piquets de grève « ne peut être entravée»
Rédaction en ligne
mardi 07 février 2012, 17:46
Les actions judiciaires intentées contre les piquets de grève en Belgique violent la charte sociale européenne, a conclu le Conseil de l'Europe.
© AP
Les démarches en justice contre les piquets de grève en Belgique violent la charte sociale européenne, a conclu mardi le Comité européen des droits sociaux (CEDS), un organe du Conseil de l'Europe chargé de veiller au respect de cette convention internationale. La décision n'a toutefois pas de force contraignante.
Il y a deux ans, la FGTB, la CSC et la CGSLB avaient saisi le comité pour dénoncer l'intervention jugée excessive du pouvoir judiciaire dans les conflits sociaux. Les syndicats affirmaient que les procédures judiciaires ont conduit au fil des ans à un détricotage du droit de grève. Les tribunaux belges ont effet rendu de nombreuses décisions ordonnant l'arrêt de piquets, même si cette jurisprudence n'est pas uniforme.
Une pratique qui ne peut être entravée par la voie judiciaire
Le CEDS a largement suivi l'argumentation des syndicats, que contestait le gouvernement. S'il admet que les intimidations sont « de nature à porter atteinte à la liberté des non-grévistes », le comité juge « légitime que les travailleurs grévistes cherchent à entraîner l'ensemble des travailleurs dans leur mouvement ». La pratique non-violente des piquets de grève ne peut pas être entravée par la voie judiciaire.
Le CEDS a donc conclu, par 8 voix contre 4, à la violation de la charte sociale européenne. Les juges minoritaires ont joint une opinion dissidente à la décision.
Conclu en 1961 et revisité en 1996, la charte est l'une des références juridiques européennes en matière de droit social. La décision du comité sera transmise au Conseil de l'Europe, qui pourra y donner suite, sans toutefois pouvoir imposer de mesures à la Belgique.
Les syndicats belges applaudissent cette décision
Les organisations syndicales belges ont néanmoins « applaudi » le jugement. Dans un communiqué, elles ont plaidé pour un recours plus fréquent aux conciliateurs sociaux, à leurs yeux « les personnes indiquées pour essayer, en cas de conflit collectif, de trouver par la conciliation et la médiation une solution acceptable pour les deux parties ». En outre, les syndicats « demandent aux ministres de l'emploi et de la justice de faire le nécessaire pour diffuser la décision du Comité européen des droits sociaux auprès du pouvoir judiciaire ».
Les organisations patronales sont étonnées
Le patronat a également réagi à la décision du comité. La FEB, l'UWE, le VOKA, et BEC se sont félicité de ce qu'il « ait confirmé que le droit de grève n'est pas absolu, à savoir, que ses auteurs doivent tenir compte des droits et des libertés d'autrui ».
Les organisations patronales « s'étonnent » toutefois « que le CEDS arrive à une conclusion impraticable ». « Face à un piquet, comment un employeur pourrait-il faire respecter ses droits alors que les syndicats ne disposent pas de la personnalité juridique », selon un communiqué conjoint.
(avec Belga)
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faire un barrage filtrant sur une autoroute ou bloquer l'accès d'un zoning, ce n'est pas un piquet de grève. Se mettre à l'entrée de l'entreprise autour d'un brasero et distribuer des tracts pour sensibiliser les non-grévistes ça c'est faire un piquet. Mais sans bloquer les travailleurs qui ne sont pas du même avis. Libre de faire grève, mais libre de travailler aussi.
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Des applaudissements peut-être un peu hâtifs ? Les syndicats pourraient se mordre les doigts de cet avis. En effet, si celui-ci consacre le droit au piquet de grève, il confirme que celui-ci doit être non violant et simplement informatif. Or qui dit piquet non violant dit piquet non bloquant - il suffira donc qu'un seul travailleur soit empêché de travailler suite à des menaces physiques ou morales pour que le piquet rentre de l'illégalité. De même, les blocages routiers, même filtrants, ne semblent pas répondre à la définition du piquet non violant et informatif et ils pourraient donc être poursuivis légalement ...
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Des applaudissements peut-être un peu hâtifs ? Les syndicats pourraient se mordre les doigts de cet avis. En effet, si celui-ci consacre le droit au piquet de grève, il confirme que celui-ci doit être non violant et simplement informatif. Or qui dit piquet non violant dit piquet non bloquant - il suffira donc qu'un seul travailleur soit empêché de travailler suite à des menaces physiques ou morales pour que le piquet rentre de l'illégalité. De même, les blocages routiers, même filtrants, ne semblent pas répondre à la définition du piquet non violant et informatif et ils pourraient donc être poursuivis légalement ...
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@19 BruxellesDansMaRue OK les grandes avancées sociales du xxe sont dues aux luttes (illégales à l'époque) de nos ancêtres dont des syndicalistes. OK, le droit de grève est un droit constitutionnel (acquis depuis). Vu que le droit de grève est légal, les syndicats sont donc les outils de l'état et il faut donc inventer un mode d'action du XXIéme ( illégal par définition) comme par exemple, forcer les piquets. ça c'est le vrai progressisme qui lutte contre l'appareil sclérosé du syndicalisme qui ressemble à une vielle bobonne qui pleure tous les jours en regardant les photos prises il y a 50 ans lors de son élection de miss-monde
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Ce qui est moins rassurants.... ... c'est que l'on répète à l'envi que l'avis n'est pas contraignant.... Et dans ce monde où tout ce qui est légal est permis même si c'est illégitime... Espérons tout de même que l'avis freinera le retour vers l'appel à l'armée à cheval pour réprimer les grèves, comme cela se faisait au 19ème siècle et se fit encore en 1960.