Plan S de Lutgen : « Le grand danger, c'est la rupture »
GIL DURAND
lundi 13 février 2012, 12:12
Jean-Pascal Labille, secrétaire-général des Mutualités socialistes, s'est dit plutôt positif à la lecture du plan S de Lutgen. Mais n'exclut pas la gestion strictement wallonne de certaines compétences.
©Sylvain Piraux Le Soir
Transférer et réorganiser de façon optimale les compétences émanant de l'Etat fédéral, c'est l'objectif de Benoît Lutgen, qui présente, dans nos pages ce matin, son « plan S », censé distribuer sans couac allocations familiales, de chômage, aides à l'emploi aux Wallons et Bruxellois.
Jean-Pascal Labille, en tant que secrétaire-général des Mutualités socialistes, qu'en pensez-vous ?
« Je n'ai pas été contacté personnellement (NDLR : le président du CDH a dit avoir eu des contacts informels avec l'ensemble des partenaires, mutuelles, syndicats, patronat de toutes affiliations) et tout ne me parait pas clair. Cela dit, je peux adhérer à un certain nombre de points : assurer la pérennité d'un système de protection sociale, inviter les partenaires sociaux autour de la table Des propositions qui vont dans le bon sens. Ce sont des évidences mais qui, ces temps-ci, sont toujours bonnes à rappeler. »
Vous êtes plutôt positif, alors
« En partie. Le grand danger, c'est la rupture. Si on veut changer complètement de modèle, il faut faire très attention à la période de transition, quand les compétences seront transférées aux Régions. Comment garantir le service au citoyen pendant cette période ? Il y a là un danger. Mais le plan de Benoît Lutgen est plutôt rassurant sur ce point »
Pourtant, Benoît Lutgen prône un modèle qui recentralise à l'échelle francophone. Au lieu de régionaliser, ce que certains socialistes soutiennent Pas vous ?
« Ca dépend de quelle matière on parle. Selon moi, il faut voir au cas par cas. Je ne suis pas opposé, sur le principe, à une gestion « francophone » pour certains dossiers. Mais pour d'autres, les soins aux personnes âgées par exemple, je pense qu'une gestion régionale est préférable. Attention, une gestion au niveau wallon ne veut pas dire qu'on exclut toute collaboration, toute réflexion, tout pont avec Bruxelles ! Pour chaque compétence, la question mérite débat »
Donc, ce « modèle fédéré de protection sociale », pour ou contre ?
« Quelle société voulons-nous ? Quels services allons-nous offrir demain aux citoyens ? Ce sont ça, les questions à se poser. La tuyauterie, c'est important, c'est vrai. Mais au final, la seule chose qui compte, c'est le service rendu au citoyen. Peu importe qui les chapeaute, l'important, c'est que les services rendus soient de qualité. »
Vos réactions
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Tout cela annonce, à terme, le plan T (Terminus tout le monde descend)!
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Et le Rantan Plan ? Entre les plans B, S, W,... il n'y en aura qu'un seul qui tiendra, le TIRETON -Plan
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Mr Ludgen ne pourrait-il pas consacrer son temps à voir où la Wallonie va épargner 250 millions de ses dépenses courantes avant de déjà prévoir comment il va faire pour dépenser ces 15 milliards? Dépenser c'est plus facile, d'accord mais économiser c'est pour ça qu'on vous élit Mr Lutgen.