Adieu, Béné !

BEATRICE DELVAUX

vendredi 09 novembre 2007, 10:00

Les funérailles de Bénédicte Vaes, journaliste au « Soir », ont lieu ce vendredi à 10 heures à Wezembeek. Bénédicte Vaes s'en est allée vendredi après midi. Les hommages à cette grande et belle dame ont afflué à notre rédaction.

*

Dewez

Bénédicte Vaes est décédée des suites d'un cancer fulgurant. Elle venait d'avoir 60 ans. Elle était journaliste au service « politique et social « » du Soir depuis 1980. Jusqu'au bout, elle se sera battue pour ses valeurs : la tolérance, la solidarité, le respect quelle que soit l'origine des personnes. Les funérailles auront lieu vendredi prochain, le 9 novembre, à 10h à Wezembeek (église du Parvis Saint Pierre).

Chère Béné, je ne sais si cela t'apaisera, mais ce combat contre la maladie est le seul qui aura eu raison de toi. Car au bout de ta plume, tu les as tous bravés, les intolérances, les fanatismes, les égoïsmes, les extrémismes, les naufrages humains. En bas de ton regard solaire et de ton rire jouisseur, il y avait ces mains gigantesques dont on se disait qu'il fallait qu'elles se déchaînent sur un clavier, au risque sinon de t'échapper et d'aller étrangler bêtise et intolérance.

Superbe emmerdeuse, va, qui dès l'aube assommait son rédacteur en chef, son chef, son collègue, peu importe, de coups de fil, SMS ou mails, afin que Le Soir s'empare de la nouvelle que son radar toujours en éveil venait de capter. Pas un syndicaliste ou un politique – qu'il partage ou non ses convictions – n'aura échappé à son obstination téléphonique pour obtenir le dernier carat. À l'imprimerie, hier soir, ils étaient déjà orphelins des bouclages en catastrophe qu'elle a précipités plus d'une fois.

C'est dans la minute qu'elle répondait « partante » pour suivre les mineurs du Limbourg en colère, confesser les femmes humiliées d'Agadir ou assister aux congrès du Vlaams Belang. Bravant dans ce dernier cas les risques qu'il y avait à confronter la plume au poing, ceux dont elle n'avait de cesse de dénoncer le discours haineux dans le journal.

Notre tristesse est infinie : nous perdons l'une de nos plus belles compagnes et notre journal un de ses plus braves soldats. Car Bénédicte portait haut nos valeurs : démocratie, tolérance et respect des droits de l'homme et de la femme.

À nos amis flamands, je voudrais dire que oui, elle était l'une de leurs plus sévères pourfendeuses, mais que sa dureté n'avait d'égale que son amour pour eux. Pour rien au monde, elle n'aurait laissé sa place backstage aux concerts contre l'intolérance de Tom Barman. Elle était aussi la coauteure anonyme de « La lettre à nos amis flamands » qui déboucha quelque mois plus tard sur notre « Face-à-face Nord-Sud » avec De Standaard.

Intraitable, têtue, de mauvaise foi parfois évidemment, mais imparable dans la connaissance de ses dossiers et toujours prête au dialogue et à la confrontation. J'ai perdu ma plus vibrante compagne dans ce dialogue que nous voulions permanent, intense, joyeux, franc avec vous, amis du Nord du pays. Je ferai tout pour continuer à l'entretenir pour deux.

Bénédicte, jeudi, je te disais en notre nom à tous : « Pars en paix. Tes valeurs sont dans nos veines, ta force et ta douceur dans nos cœurs. » Aujourd'hui, c'est écrit dans le journal. Pour toujours.

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[56] christine dartevelle envoyer un message personnel dit le 8/11/2007, 16:00

adieu et merci
merci pour nous avoir secoués!merci pour la conviction, la clairvoyance, le sens du journalisme indépendant et ethique

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[55] Caritat envoyer un message personnel dit le 7/11/2007, 21:57

Adieu
S'il n'y avait qu'un article à lire, c'était bien le votre. Vous m'avez fait aimer le soir. Vous nous manquerez, beaucoup.

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[54] Joe Troci envoyer un message personnel dit le 7/11/2007, 20:30

Au secours !!!
Bénédicte Vaes.......Ils l'ont fait !!!.....STP, force toi aussi les portes...du paradis....Y a personne dans les rues de Bruxelles et de Belgique....Où sont les consciences et les personnes de bonne volonté.....Fais vite, et delivre nous ton message "à la ville et au monde"....MERCI......Fortissimi Sunt Belgae !

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[53] Jean-Claude Marcourt envoyer un message personnel dit le 7/11/2007, 13:53

Un caractère trempé
Bénédicte savait allier passion et rigueur. Talent rare mais aussi femme de caractère et de conviction. Notre dernière collaboration est tellement typique d'elle. Ce printemps, elle avait tenu à organiser une interview croisée de mon collègue flamand, Franck Vandenbroucke et de moi-même sur la gestion comparée du chômage en Flandre et en Wallonie. Bref une initiative centrée à la fois sur le sort des plus faibles, sur un dialogue sans complaisance entre Régions et sur les vertus démocratiques du débat. Trois principes qui la caractérisent. Et un caractère que je n'oublierai pas.

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[52] Fred Cauderlier envoyer un message personnel dit le 6/11/2007, 13:55

Salut Béné
On a souvent eu l’occasion de se croiser en reportage. Toi pour « Le Soir », moi pour « RTL ». On s’échangeait des points-de-vues, des idées et aussi beaucoup d’anecdotes.Etudiant, je te lisais avce beaucoup d’intérêt. Plus tard, je refusais de partir sur le terrain sans te lire car il y avait toujours une finesse d’analyse, une information en plus, récoupée, ditillée pour faire avancer le débat.Et puis, il y a ce jour où Guy Verhofstadt invite les journalistes pour rouler à vélo dans la région de Gembloux. Tu es arrivée ultra souriante avec ton cigarillo. Je me souviens t’avoir taquiné : « Béné, ton cigarillo… Tu vas le garder pour pédaler ? »… Tu t’es retournée et tu as rigolé en me lachant : « Si tu arrives avant moi à la fin du parcours, je t’en donne un ! ».Tu savais que je venais d’arrêter de fumer. Tu savais aussi que jamais je n’arriverais avant toi. D’ailleurs personne, à part le premier ministre n’a franchi la ligne d’arrivée avant toi. Tu es la seule a avoir parcouru les 60 km sans sourciller. Après 3 km, j’avais lâché !Cette anecdote, c’est tout toi, une battante pleine d’humour qui sait ce qu’elle veut. Merci d’avoir été un si bel exemple pour les plus jeunes de la profession.Bon voyage Béné. Même si cette fois, tu as franchi la ligne d’arrivée trop tôt.Fred.

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[51] Michaël Potar envoyer un message personnel dit le 6/11/2007, 12:04

Son sourire restera
Je suis journaliste, et j'ai eu la chance de la rencontrer lors d'un stage à la rédaction du Soir, en 2005. J'ai été très peiné d'apprendre son décès. Mais, même triste, je ne peux m'empêcher d'avoir un sourire en pensant à elle: rayonnante, taquine et pleine d'entrain. Elle nous manquera. Et son sourire restera.

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[50] Akela envoyer un message personnel dit le 6/11/2007, 11:42

Merci Madame...
Merci, Madame, pour vos commentaires acérés mais justes. Merci Madame, pour votre lucidité, pour votre engagement, pour vos combats en faveur des plus petits. Merci Madame pour cette plume qui, trempée dans le vitriol ou l'essence de rose, a toujours eu le parfum de la sincérité et de la vérité.Au revoir, Bénédicte, et merci !

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[49] PhilippeWalkowiak envoyer un message personnel dit le 6/11/2007, 09:23

Béné
Je garderai d'elle sa rigueur et son foisonnement intellectuel.. mais ausi le souvenir de reportages en Amérique du Sud dans la foulée d'un Premier Ministre ou encore un dernier repas sur une terrasse ensoleillée au début de cet été. Elle était pleine de projets.Et bien entendu, elle était une des invitées régulières de notre "club de la Presse" du vendredi soir où les discussions se sont souvent prolongées bien au-delà de l'antenne...Elle laisse un grand vide...

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[48] Joe Troci envoyer un message personnel dit le 5/11/2007, 20:25

In memoriam
Elle s'est levée pour l'unité du pays, la protection des minorités et des plus faibles.http://www.citoyens.stools.net/Aecouter/Undimancheenautomne.mp3Fortissimi Sunt Belgae...........

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[47] Joe Troci envoyer un message personnel dit le 5/11/2007, 20:24

In memoriam
Elle s'est levée pour l'unité du pays, la protection des minorités et des plus faibles..........http://www.citoyens.stools.net/Aecouter/Undimancheenautomne.mp3.............Fortissimi Sunt Belgae...........

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[46] david pestieau envoyer un message personnel dit le 5/11/2007, 18:58

Solidaire
Bénédicte Vaes était une journaliste très active et engagée, notamment sur le terrain de la lutte sociale où nous l'avons souvent rencontrée. Bénédicte avait encore modéré un débat sur le nationalisme, lors de notre dernière fête du 1er mai du PTB. La rédaction de Solidaire remet ses condoléances à ses proches et à ses collègues de la rédaction du Soir. DP

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[45] irish envoyer un message personnel dit le 5/11/2007, 16:51

au revoir
Bénédicte, en tant que syndicaliste qui t'a rencontré de temps à autre, lors d'un manif pour le non-marchand. Je veux seulement dire un très grand merci à celui qui nous a compris, lorsque personne d'autre voulait nous entendre. Nous t'oublirons jamais. partez en paix, tu a fais plus que ton devoir parmi nous.Merci.BG

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[44] jacquelinefio envoyer un message personnel dit le 5/11/2007, 15:20

adieu
J'ai la chance d'avoir pu partager quelques rares moments privilégiés avec toi et Claude. Ce qui m'a toujours impressionnée chez toi c'est ta passion pour la vie, ton métier et tes valeurs. Claude perd son âme soeur et Le Soir une grande journaliste.

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[43] Brunolefebvre01 envoyer un message personnel dit le 5/11/2007, 13:57

Christiane Vienne
Je tiens à marquer mon affection. L'expression est belle et elle correspond à ce que je ressens pour Bénedicte. Il y a tant de choses à dire au sujet de son professionnalisme, de ses compétences en matière d'écriture et de ses qualités de cœur ! J'ai envie de souligner ce que j'aimais le plus chez elle, cette qualité si rare de savoir écouter.J'ai fait sa connaissance il y a cinq ans, lorsque je me suis investie en politique. Elle était impressionnante les premières minutes et ensuite et pour toujours, elle avait cette capacité de vous mettre à l'aise. Son écoute était magnifique, attentive et scrutative, elle voulait aller au fond des choses et au fond des êtres. Elle acceptait de se laisser étonner et jamais elle ne m'a donné l'impression d'avoir écrit son article dans sa tête et de ne vouloir entendre que ce qui conforterait son opinion. A l'inverse, elle était tout en concentration, l'intelligence acérée et la plume sans complaisance mais lucide et empathique. Chacune de ses questions était une occasion d'aller plus loin dans la réflexion, de bousculer les idées toutes faites et bien souvent, je suis sortie de l'entretien la tête en ébullition ... Elle représente pour moi ce que le journalisme politique a de meilleur, ses valeurs imprégnaient son action et interpellaient ses interlocuteurs.Claude, je pense à toi, elle vivra toujours pour ceux qui l'ont aimée et qu'elle a marqué de sa lumineuse personnalité. Christiane Vienne

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[42] philippe dewolf envoyer un message personnel dit le 5/11/2007, 13:19

Merci
A travers les écrits lus dans les quotidiens francophones, les plus belles plumes se distinguent par la richesse de leur argumentation tonifiante, de leur regard objectif et incisif posé sans concession sur un monde trop souvent injuste ou égoïste. Bénédicte Vaes m'apportait souvent le matin à la lecture de ces articles cette vitalité à lutter contre les visions réductrices et partisanes rencontrées au quotidien dans mes univers professionnel ou sociétal. Elle était et restera une sorte de complice de "mes" révoltes.

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