De Gucht : « Pas de crainte d'éclatement »

MARTINE DUBUISSON

samedi 22 septembre 2007, 17:00

104 jours sans gouvernement. La presse étrangère dramatise le "cas belge". Sur la scène internationale, le ministre des Affaires étrangères rassure.
Les plus: le forum, le dossier spécial, l'édito de Béatrice Delvaux, le commentaire de Luc Delfosse, les rétroactes, la crise vue par Kroll, l'identité francophone existe-t-elle?

De Gucht : « Pas de crainte d'éclatement »

EPA

ENTRETIEN

Le libéral flamand Karel De Gucht est à la fois ministre des Affaires étrangères sortant et négociateur de l'Orange bleue. À ce titre, il est en première ligne lorsqu'il s'agit de la réputation de la Belgique à l'étranger. Comment réagit-il aux analyses de la crise belgo-belge dans la presse internationale ?

Que pensez-vous des articles, souvent sans nuances, de la presse étrangère, présentant une Belgique au bord de l'éclatement ?

Je ne vais pas réagir à cela. Mais voici deux semaines, j'étais à Porto pour la rencontre des ministres européens des Affaires étrangères. Et mes collègues m'interrogeaient tous sur ce qui se passe chez nous, me demandant pourquoi nous n'avions pas encore de gouvernement.

Pensez-vous que ce soit mauvais pour la Belgique, à terme ?

Une fois que l'on aura un gouvernement et que ce gouvernement fera un boulot convenable, cela n'aura pas d'effet durable. Ce qui se passe actuellement n'est pas bon pour la Belgique, mais cela se dissipera vite.

Vous ne craignez donc pas que l'on perde des marchés, des investissements… ?

Non. Mais le monde s'étonne, se demande comment c'est possible, d'autant que la situation n'évolue pas beaucoup après plus de cent jours.

Faut-il rassurer, à l'étranger, quant à l'avenir de la Belgique ?

La seule façon de les rassurer est de faire un gouvernement.

Il ne faut rien dire d'autre ?

Je ne crois pas. Car on n'en est pas au point où ils s'inquiètent.

Il n'y a donc pas de gages à donner quant à la survie du pays ?

Je leur explique qu'il ne faut pas craindre que la Belgique disparaisse.

Il n'y a pas de vrai danger ?

Non.

Vous le leur dites ?

Oui. C'est la presse francophone qui a fait ce problème, avec une certaine émission télé (« Bye bye Belgium », en décembre, à la RTBF).

Il ne faut donc pas préparer l'étranger à la fin du pays ?

Pas du tout, non. Cela alimente surtout la presse

À vos collègues, vous dites simplement de ne pas avoir peur, sans donner d'autres arguments ou de « preuve » que la Belgique ne va pas disparaître ?

La preuve, c'est qu'on se dispute depuis 50 ans et qu'on n'est toujours pas séparé. On est finalement un couple très stable : quel couple survivrait à une telle épreuve durant 50 ans ?

Et ils sont rassurés ?

Je crois que oui. Je suis un type assez rassurant. Mon but n'est pas d'inquiéter les gens.

Vous semblez très zen…

Je peux être très efficace en étant zen. En étant calme, on rassure.

C'est le principe diplomatique

selon lequel on ne parle pas des problèmes belges à l'étranger ?

En Belgique aussi, je suis très calme. Mais je voudrais quand même que l'on commence à former un gouvernement. Je ne m'inquiète pas, mais ça commence à m'embêter.

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