L’affrontement Di Rupo-Reynders n’a pas eu lieu
Rédaction en ligne
mercredi 19 mai 2010, 22:20
J-25 Loin des invectives de la campagne aux élections régionales, le premier débat électoral télévisé en vue des législatives entre les présidents du PS Elio Di Rupo et du MR Didier Reynders sur le plateau de RTL-TVI n’a pas donné lieu à un véritable affrontement.
©Belga
Tout en prenant parfois des accents différents, les deux hommes ont marqué leur volonté de trouver un accord communautaire après le 13 juin mais aussi de renforcer le pouvoir fédéral sur certains points et de donner la priorité aux problèmes socio-économiques. M. Reynders estime que M. Di Rupo est capable d’occuper le poste de premier ministre mais il préférerait que si celui-ci est francophone, il soit… MR.
Le MR ne s’opposera pas à un premier ministre francophone
Le MR ne s’opposera « jamais » à la désignation d’un premier ministre francophone, a assuré mercredi Charles MIchel, ministre sortant de la Coopération au développement, à l’occasion d’un débat électoral télévisé à la RTBF.
« Au MR, on ne s’opposera jamais à un premier ministre francophone », a-t-il dit, refusant toutefois de préciser explicitement si la déclaration valait aussi pour le président du PS, Elio Di Rupo.
Sur la même question, M. Michel s’est montré favorable à une alternance entre Flamands et Francophones pour le poste de chef du gouvernement. Il a par ailleurs envisagé la création d’une circonscription électorale fédérale.
M. Michel s’exprimait sur le plateau de la RTBF, où il était confronté au président de l’Open VLD, Alexander De Croo. Interrogé sur la réforme de l’État, ce dernier a plaidé pour une responsabilisation financière des Régions. « Pour l’instant, nous sommes dans un fédéralisme de consommation », a-t-il dit, en référence au mode de financement des Régions par l’État fédéral.
M. De Croo a par ailleurs jugé « indispensable d’avoir un gouvernement » rapidement après les élections. « Il est clair qu’on ne peut pas se permettre d’avoir la même situation qu’en 2007 », a-t-il dit.
« Début septembre » serait à ses yeux « une date logique ». Mais soucieux sans doute d’éviter de crisper les esprits, il a précisé que « ce n’est pas un deadline ».
(D’après Belga)
M. Reynders a notamment plaidé pour l’instauration d’une circonscription électorale fédérale. Face aux futures négociations communautaires, il s’est dit « optimiste et déterminé » à fixer ce que l’on veut encore faire ensemble. Il acceptera de négocier avec Bart De Wever ou d’autres séparatistes si les élections aboutissent à cela, mais il fera respecter la dignité des Francophones.
M. Di Rupo a insisté sur sa volonté de trouver un accord, en évitant toute provocation francophone. Les deux hommes sont tombés d’accord pour dire qu’il fallait attendre les résultats du 13 juin en espérant que des personnes raisonnables seront en face d’eux pour trouver une solution et enfin s’occuper des problèmes sociaux et économiques.
Ainsi, le président du PS vise un « fédéralisme de prospérité » avec un pouvoir fédéral renforcé dans les domaines de la sécurité et de la solidarité et des Régions qui pourraient avoir davantage de responsabilités dans les secteurs des moins valides ou de la jeunesse par exemple.
Pour lui, la priorité des priorités, c’est l’emploi et les investissements. Il souhaite davantage de contrôle des prix, une réglementation des fonds spéculatifs et aider les jeunes qui se lancent.
Rigueur oui, austérité non, a-t-il dit, demandant une intensification de la lutte contre la fraude fiscale. On ne touchera pas à l’index, a-t-il averti.
Pour le président du MR, il faut aider ceux qui créent de l’activité et qui travaillent et ne pas laisser filer le déficit public, en faisant des choix, qui ne se fassent pas au détriment des malades chroniques ou des handicapés par exemple. Il faut aussi restaurer le rôle de l’État dans ce qu’il a de plus essentiel.
Si pour M. Reynders, cette politique passe par une diminution des charges, M. Di Rupo pense que cela n’est pas compatible avec une augmentation des pensions les plus basses et une progression des revenus.
Les deux chefs de file se sont montrés rassurants sur le financement des pensions et ont dit accorder aussi une priorité à la lutte contre l’insécurité, par une présence policière renforcée dans les rues notamment et en faisant avancer une réforme de la Justice qui piétine.
(D’après Belga)