Joëlle Milquet CDH : 72 %
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lundi 07 juin 2010, 10:56
Vice-Première ministre, ministre de l’Emploi et de l’Egalité des chances, chargée de la Politique de migration et d’asile.
© Sylvain Piraux
Sa vision : 27/40
En pleine crise économique, où il s’agit surtout de sauver les meubles, pas facile d’avoir une vision de long terme. Aussi ne peut-on faire grief à Joëlle Milquet de ne pas avoir émis de lignes directrices sur la politique de l’emploi en Belgique pour les années à venir. En revanche, son action pour sauver l’emploi, notamment des plus âgés, aura des effets positifs à long terme puisqu’une personne licenciée après 50 retrouve généralement très difficilement du travail.
Son action : 35/40
Les chiffres sont là : la Belgique fait partie des pays d’Europe qui ont le mieux résisté à la crise de l’emploi. Personne, avant la crise, n’aurait osé le parier. Entre 2007 et 2010, le chômage a crû de 0,6 % en Belgique (normes Eurostat), alors que la moyenne européenne est de 2,5 %. Dans son dernier rapport, le Bureau du Plan a reconnu qu’une des raisons de cette limitation des dégâts était la présence d’un système de chômage temporaire en Belgique. On le doit en partie à la ministre : suite aux désaccords des patrons et syndicats, c’est à son initiative qu’un système de chômage économique a été introduit pour les employés. Lorsque le plus gros de la crise est passé, elle a lancé le plan win-win, destiné à remettre un maximum de travailleurs jeunes et âgés à l’emploi. Malgré quelques failles, ce système démontre son efficacité. Côté « égalité des chances », ce fut moins heureux. Plusieurs arrêtés d’application en rade, une grand-messe « interculturalité », beaucoup d’intentions et peu de réalisations concrètes. En revanche, Joëlle Milquet a trouvé sa place au kern, défendant les points de vue humanistes avec détermination et conviction ; ses adversaires lui reprochent de se montrer excessivement pointilleuse et, parfois, de revenir sur une parole donnée.
Sa communication : 10/20
C’est le point faible de Milquet. Sa communication est excessive et désordonnée. Excessive parce que la ministre a communiqué en permanence sur les dossiers de l’emploi, même lorsqu’ils n’étaient pas mûrs. Elle combattait également avec force tout propos, même autorisé (le Bureau du Plan, par exemple) n’allant pas dans le sens de sa communication. Ses prises de paroles présentaient aussi des aspects désordonnés, irritant journalistes et parlementaires. Ainsi Camille Dieu (PS), en pleine séance de la Chambre, a fait remarquer à la ministre que ses propos étaient incompréhensibles.