Paul Magnette PS : 72 %
Rédaction en ligne
lundi 07 juin 2010, 10:52
Ministre du Climat et de l’Energie.
© Belga
Sa vision : 30/40
Paul Magnette a un avantage : il succède à Marc Verwilghen (OpenVLD) qui fut au portefeuille de l’énergie ce que Mickaël Vendetta est à la télévision française. Soit une image et du son sans fond. Le Carolorégien s’est très vite investi et a creusé la matière, multipliant les contacts, jusqu’à se faire une opinion et à tracer une véritable ligne politique. Sans verser dans l’orthodoxie : convaincu de la nécessité de sortir du nucléaire, il a esquissé une méthode pour réaliser cet objectif.
En matière d’environnement, Paul Magnette s’est également abreuvé auprès des meilleurs et plus ambitieuses sources. En pointe sur le climat, sur le développement durable, cherchant à utiliser les interstices de la législation européenne pour mettre la Belgique en tête du peloton, il n’est cependant pas resté insensible aux arguments du privé et a su faire marche arrière ou réduire ses ambitions en cas d’obstacle, notamment lorsqu’il a fallu toucher à la publicité.
Son action : 29/40
Si l’idée venait de Guy Verhofstadt, Paul Magnette a « rapporté » 500 millions d’euros dans les caisses de l’Etat par le biais d’une taxe de 250 millions d’euros qui a frappé le nucléaire en 2008 et en 2009. Il a mis le service de médiation de l’énergie (attendu de longue date) sur les rails, travaillé à une simplification des factures et exclu les producteurs privés (surtout GDF Suez) de la gestion du réseau de transport gazier (Fluxys). Seul bémol mais de taille : crise gouvernementale oblige, il n’a pas pu finaliser la prolongation du nucléaire et la mise en place d’un système de contrôle des prix de l’électricité.
Dépositaire d’une compétence en cours d’« évaporation » au niveau fédéral, Magnette n’a pas de miracle à mettre à son actif en matière d’environnement. Il fut très présent sur le dossier climat, mais dépendant des Régions et de leur « mano a mano ». Son Printemps s’est enlisé dans des querelles de lobbies et a été lancé à la veille des élections régionales, une erreur stratégique. Résultat : quelques mesures, beaucoup d’études. Peu d’avancées vraiment tranchantes.
Sa communication : 13/20
Rare ministre à être « descendu » expliquer son action, Magnette n’a pas rechigné à la tâche pour se faire entendre. Mais gare à qui le critique : la réaction peut être cinglante. Ce qui, dans une compétence très partagée comme l’environnement, a parfois débouché sur des crispations et des énervements.