Un plan B francophone, si la négociation avec les Flamands échoue ? Le président du PS, Elio Di Rupo, y avait fait allusion, mercredi matin, évoquant, dans ce cas, une situation « qui pourrait se produire dans trois ou cinq ans », à savoir la création d'un État réunissant Bruxelles et la Wallonie.
Mercredi après-midi, la présidente du CDH, Joëlle Milquet, avait embrayé : « Si un partenaire veut s'en aller, qu'il s'en aille mais ce sera sans Bruxelles. »
Mercredi soir, le président du MR, Didier Reynders, reprochait à ses deux collègues de « s'inscrire dans la logique des nationalistes flamands et de Bart De Wever ». Et, jeudi, le président du FDF, Olivier Maingain, taxait ce plan B de solution « ambiguë ».
Que reprochez-vous à cette « alternative » francophone ?
Il faut, certes, se préparer à toutes les hypothèses mais annoncer qu'on a un plan B, c'est déjà annoncer qu'on est prêt à entrer dans une autre logique que celle d'un État fédéral. C'est aussi grave que lorsque Jacques Delors (ancien président de la Commission européenne) avait évoqué en 2005 un plan B après le traité constitutionnel. Résultat : les Français l'avaient rejeté par référendum.
Vous restez donc dans une logique d'État fédéral
Oui. Sortir de cette logique, c'est se mettre en position de faiblesse. C'est dangereux, particulièrement pour Bruxelles. MM. Magnette et Marcourt (PS, NDLR) ont laissé entendre qu'on pouvait parler du confédéralisme. Je le redis avec force : c'est le plus grand danger pour Bruxelles. Et je mets en garde tous les partis francophones : nous ne négocierons ni le confédéralisme ni le séparatisme. M. De Wever doit savoir que si c'est vers ça qu'il veut aller, il l'assumera tout seul devant son opinion publique.
Présenter l'alternative de la Fédération Wallonie-Bruxelles n'est-il pas de nature à rassurer les francophones ?
Nous avons la capacité de dire aux partis flamands : « Nous pourrions assurer la continuité de l'État belge » mais nous n'assumerons ni le poids, ni la responsabilité, ni le désavantage de l'initiative du séparatisme. C'est très important pour garder le rôle européen de Bruxelles et le maintien des institutions européennes. Or Joëlle Milquet a laissé entendre que nous assumerions la responsabilité de la sécession du pays. Parler d'un plan B permet à Bart De Wever de dire au Nord du pays : « Voyez, ils sont prêts à négocier le séparatisme
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Bart De Wever s'est engagé, mardi, à une « évolution douce vers des structures plus performantes de l'État »
Un piège nous est tendu
Le chantage des confédéralistes et des séparatistes flamands consiste à dire : « Nous ne garderons le pays que si vous acceptez d'abaisser le statut de la Région bruxelloise, si vous renoncez à l'élargissement et aux droits des francophones de la périphérie. »
Il faut leur répondre que la condition première de l'entente fédérale est précisément d'avoir une troisième Région dont on peut parler des limites.
J'en appelle donc à la sincérité et à la loyauté fédérale de tous pour reconnaître que Bruxelles ne peut jouer son rôle que si elle est reconnue comme Région à part entière, au bénéfice de tout le pays, et pour pacifier la périphérie via un élargissement de Bruxelles.
Doutez-vous de la loyauté de vos partenaires francophones ?
Certains francophones ne savent plus dans quelle direction ils vont
Ils fanfaronnent en se disant prêts à un plan B mais je redoute qu'une fois en négociation on n'ait plus la même cohérence pour exiger des choses aussi essentielles que la reconnaissance de Bruxelles comme Région à part entière et son élargissement. Les francophones doivent se ressaisir sur une ligne de conduite claire : ni confédéralisme ni séparatisme