« On ne va pas crier victoire, hein ! »
HUGUES DORZEE
dimanche 13 juin 2010, 20:49
20h25, au lounge bar les Salons de l'Atalaïde. Le Mouvement Réformateur y a installé son « QG ». Au rez-de-chaussée, les militants se pressent. Mines basses, rivées sur les écrans.
On devine l'inquiétude. Un petit air de défaite plane dans l'air « Attendez la fin des résultats ! » s'énerve un sympathisant, un verre de vin à la main. « On ne va pas crier victoire, c'est normal », ajoute un autre. La « MR TV » circule. A l'étage, le president Reynders boit une bière, faussement décontracté. On le sent crispé, déçu. Courtois, Jeholet, Bacquelaine,
Les cadres du parti sont là. Les Michel père et fils ne sont pas (encore) là. « Rien d'anormal », assure un membre du staff MR, « ils sont sur les plateaux télés ». Sabine Laruelle est sereine : « Nous subissons un vrai recul, n nous n'avons pas la main. Il faut respecter le choix de l'électeur. Et regarder devant ». Un bureau de parti s'est tenu fin d'après-midi. « Dans un esprit serein et réaliste », relèvent plusieurs sources. La jouer « fair-play », surtout. Reconnaître la défaite, sans ambages. « Nous sommes unis derrière notre président » assure Daniel Bacquelaine.
Et pourtant, entre les bars de l'Atalaïde, les voix s'expriment. Crispées. A demi-mot. Pour dénoncer les « bisbrouilles internes », le Parti Populaire « cailloux dans la chaussure » ; un discours « pas assez rassurant » sur le socio-économique ; le manque de temps pour faire « réellement campagne ».
Sur les PC, les militants squattent le site du SPF Intérieur. Chacun veut connaître les résultats. Ça discute ferme. Poliment. Mais le goût de la défaite est là. Et l'envie de jouer les prolongations proche de zéro. « On se serre les coudes », affirme une jeune réformatrice qui ne semble pas y croire elle-même. Les Bruxellois veulent encore croire « que tout n'est pas terminé ». Renaud Duquesne explique : « Il faut comparer notre score à celui de 2007. C'est pas tant la catastrophe que ça ». La « force de l'optimisme », ajoute un MR bon teint. Le bar ne désemplit pas. « On boit pour se détendre ou oublier » rigole un sympathisant. Le DJ monte le son. Mais au MR, la nuit ne sera pas longue