Di Rupo en homme d’État, De Wever la main tendue
Rédaction en ligne
mardi 15 juin 2010, 09:10
Les deux vainqueurs des législatives ont été reçus lundi par le Roi. Di Rupo a souligné la nécessité de trouver un compromis sur BHV. Futur Premier ? « Non, je n’y pense pas en me rasant le matin », a-t-il affirmé, indiquant qu’il avait eu un contact téléphonique avec De Wever. Les consultations royales se poursuivent ce mardi avec les présidents des partis ayant décroché une représentation à la Chambre.
PIERRE-YVES THIENPONT/LE SOIR
Albert II poursuit ses consultations ce mardi. Après avoir reçu, dans l’ordre, la démission du Premier ministre sortant Yves Leterme, les présidents des assemblées fédérales Patrick Dewaele et Armand De Decker, ce sont les présidents des deux partis sortis vainqueurs des législatives de dimanche, Bart De Wever (N-VA) et Elio Di Rupo (PS), qui se sont rendus à Laeken. Ce mardi, c’est au tour des autres présidents des partis ayant décroché une représentation à la Chambre. On peut donc s’attendre à voir dans les prochaines 24 à 48 heures défiler devant le chef de l’État les présidents des libéraux flamands et francophones, du SP.A, du CD&V, du CDH, des Verts flamands et francophones, de la LDD et du Parti populaire. À l’issue de ces consultations, les partis politiques attendent une initiative royale, à travers la désignation éventuelle d’un (in)formateur ou d’un médiateur.
« Trouver la voie du compromis »
Lundi, dans un point presse à l’issue du bureau du PS, Elio Di Rupo s’est véritablement posé en Premier ministre, commenté en français et en néerlandais, les résultats des élections. Se posant en homme d’État, il a notamment affirmé : « On est dans un moment historique, il faut trouver la voie du compromis ». Il est, selon lui, il est « trop tôt pour parler de coalition », notamment parce que les « programmes » et les « objectifs » des deux partis sont divergents. « Nous avons le sens des responsabilités », a-t-il souligné dans ce qui a pu apparaître comme une offensive de charme juste avant un entretien avec le roi. Elio Di Rupo a indiqué que le « vote différencié » qui s’est exprimé dimanche au nord et au sud du pays « ne conduit pas nécessairement à l’affrontement ». Chaque communauté du pays doit entendre le signal que lui a envoyé l’autre communauté, a-t-il répété, appelant à une réforme institutionnelle équilibrée.
Parlant de Bart De Wever, Elio Di Rupo a indiqué que les deux hommes s’étaient parlés lundi matin, sans préciser lequel des deux avait appelé l’autre. Le président du PS a mis l’accent sur la nécessité de respecter le choix des électeurs « Je respecte Bart De Wever. La démocratie s’est exprimée. Je ne veux pas entrer dans une logique de confrontation. »
Dans la foulée de ce point presse, qu’il a conclu en… anglais par un « thank you very much » décontracté, Elio Di Rupo s’est rendu chez le Roi, dans la foulée de Bart De Wever. « Il appartient au Roi de prendre une initiative, demain (ce mardi) peut-être ».
La main tendue de la N-VA
Réuni lundi matin en bureau de parti, la N-VA a donné à Bart De Wever mandat pour négocier avec les francophones. Les responsables de la N-VA ont accepté la « main tendue » par Bart De Wever dans son discours après sa victoire électorale dimanche soir. Bart De Wever se voit-il Premier ministre ? Il se déclare prêt à « prendre ses responsabilités. Mais si cela aide les francophones à avoir confiance d’avoir le poste de Premier, pas de problème », a-t-il affirmé.
@codip