Le torchon brûle au sein du groupe MR de la Communauté française
Rédaction en ligne
mercredi 07 juillet 2010, 16:47
Alain Destexhe, Caroline Persoons et Jean-Luc Crucke ont tenu des propos très critiques à l’égard de la chef de groupe MR Françoise Bertieaux à l’issue de la réunion du groupe réformateur du parlement de la Communauté française. Ils ont dénoncé la procédure utilisée pour désigner les sénateurs de Communauté et Jean-Luc Crucke a annoncé sa démission en tant que président de la Commission de l’Education du parlement.
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M. Destexhe, qui était candidat sénateur communautaire, a expliqué que Mme Bertieaux, Willy Borsus et leurs amis ont refusé un vote qu’il demandait. Chacun a eu droit à un seul tour de parole et la présidente a levé la séance, prétextant le début de la séance plénière du parlement à laquelle les élus MR devaient participer, a-t-il dit.
Selon lui, huit membres du groupe au moins ont vivement contesté la procédure utilisée et le fait que la liste des trois candidats retenus circulait et était déjà signée la semaine dernière, en l’absence de tout débat démocratique.
La réunion, émaillée de quelques éclats de voix, a permis de constater que le parti est gravement malade. « On nous mène au suicide collectif », a-t-il encore commenté, tout en précisant qu’il n’avait pas déclaré n’avoir plus confiance en Mme Bertieaux. Si ses collègues Jean-Luc Crucke etCaroline Persoons se sont exprimés en ce sens, il s’en est, lui, pris à la procédure utilisée en expliquant que Mme Bertieaux n’était pas seule responsable, a-t-il encore ajouté.
M. Crucke a souligné qu’il restait libéral et MR plus que jamais mais qu’il ne pouvait plus assumer les responsabilités d’une présidence de Commission avec une présidente de groupe qui est indigne de l’être.
Bertieaux défend la procédure
De son côté, la chef de groupe MR Françoise Bertieaux a rejeté toute accusation concernant la procédure utilisée pour désigner les candidats sénateurs communautaires de son parti.
Ces deux derniers étaient candidats à l’un des trois sièges mais une liste portant les noms de Christine Defraigne, Richard Miller et Jacques Brotchi et signée par 16 des 25 membres du groupe MR a été déposée au greffe du parlement de la Communauté, qui en a pris officiellement acte.
Pour rappel, une réunion du groupe mercredi midi, à laquelle participait notamment M. Destexhe, n’a rien changé à la situation et ce sont Mme Defraigne et MM. Miller et Brotchi qui devraient bientôt prêter serment devant la Haute assemblée.
La procédure légale, qui consiste à déposer au greffe une liste de trois noms signée par une majorité de membres du groupe plus un, a été respectée, a réaffirmé Mme Bertieaux dans les couloirs du parlement de la Communauté.
De même, elle réfute les critiques concernant le manque de démocratie du processus, alors même qu’une large majorité de députés du groupe (16 sur 25) ont signé le document de présentation des 3 noms. Par le passé, on n’a jamais procédé à des auditions de candidats et cela n’a pas été décidé par le Bureau non plus, souligne-t-elle.
Wahl et Borsus dédramatisent
Pour leur part, Jean-Paul Wahl et Willy Borsus ont tenu à dédramatiser la situation, affirmant que l’on n’avait pas affaire à une crise grave au sein du MR. Ils ont dit comprendre la déception et les réactions vives de ceux qui n’avaient pas été choisis. Mais une majorité des deux tiers a fait son choix, a souligné M. Borsus.
Il rejette toute volonté d’agression envers le FDF, assurant avoir le souci de respecter tant les accords internes au MR que ceux passés avec les partenaires du mouvement.
Pour M. Wahl, on ne risque pas une implosion du parti, même si celui-ci se trouve dans un moment difficile. Cetains comme M. Crucke s’expriment parfois avec fougue mais il faut laisser passer du temps et se reparler pour ensuite relancer le parti, a-t-il dit, rappellant qu’un nouveau président sera bientôt élu au MR.
Quant aux déclarations du président du FDF Olivier Maingain, selon lesquelles les FDF ne resteront pas sans réaction, il estime qu’il faut les prendre au deuxième degré.
Quant à Richard Miller, il a insisté sur le fait qu’il s’était déclaré ouvertement candidat à un siège de sénateur communautaire depuis longtemps et qu’il avait simplement maintenu sa candidature pour un rôle qui sera particulièrement important au moment des négociations institutionnelles.
Lui aussi s’est défendu de vouloir s’en prendre aux FDF. « On a voulu assurer une répartition Wallonie-Bruxelles au sein du groupe sénatorial », a-t-il dit, rappelant qu’il avait toujours soutenu les initiatives du parti de M. Maingain.
(D’après Belga)