Di Rupo prendra le relais de De Wever
Rédaction en ligne
jeudi 08 juillet 2010, 21:45
L’informateur Bart De Wever a remis son rapport écrit au Roi et lui a demandé d’être déchargé de sa mission. D’après nos informations, il passera le relais à Elio Di Rupo, qui est sur le point de quitter le Palais. Le texte complet des conclusions de Bart De Wever
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L’informateur Bart De Wever a remis son rapport écrit au Roi et lui a demandé d’être déchargé de sa mission. Le Roi a accepté cette demande.
Le CD&V remercie De Wever et se montrera constructif
Le CD&V a remercié jeudi le président de la N-VA, Bart De Wever, pour le travail qu’il a fourni en tant qu’informateur, tout en faisant remarquer que le travail n’était pas fini. « Ce n’était qu’une première étape dans la construction d’un nouveau gouvernement », a souligné le président ad interim Wouter Beke. Les chrétiens démocrates flamands se montreront positifs et constructifs dans les prochaines étapes, a-t-il assuré. « Ce qui importe pour nous, c’est la recherche de solutions aux problèmes dans notre pays et garantir l’avenir de toutes les générations », a-t-il ajouté.
M. Beke appelle tous ceux qui seront impliqués dans la mise sur pied d’un nouveau gouvernement à en faire leur objectif principal.
La présidente du sp.a, Caroline Gennez, a quant à elle indiqué qu’elle ne réagirait pas.
Lors du point presse tenu au Parlement, Bart De Wever a estimé que « les points de vue convergeaient mais pas suffisamment pour former un gouvernement. J’ai demandé au roi de prendre une initiative pour approfondir les discussions. Élargir les convergences », a-t-il ajouté, précisant : « J’ai fait plus que de l’information, les convergences sont là. Si on peut élargir cette base on aura un gouvernement. » « les points qui restent en suspens sont des points extrêmement difficiles », a prévenu Bart De Wever refusant d’en dire plus. « Tout le monde se souvient de l’été 2007… » Il a également indiqué qu’il n’était pas encore possible à ce stade d’énoncer « quels partis sont susceptibles d’entrer dans la coalition » car ce serait annoncer une phase de formation du gouvernement. Or, « nous n’y sommes pas encore », a-t-il dit.
Il s’est enfin dit satisfait de son travail « Je suis satisfait de ma mission d’informateur. J’ai fait ce que j’ai pu. Je ne vais pas prendre de vacances. Je reste disponible pour travailler. » a-t-il poursuivi avant de rassurer : « On a parlé avec le PS de manière constructive. Il n’y a pas d’atmosphère de crise. »
D’après nos informations, Bart De Wever passera donc la main à Elio Di Rupo. A charge de ce dernier, qui était attendu chez le Roi et serait sur le point de quitter le Palais, d’approfondir le travail.
Le texte complet des conclusions du rapport de De Wever
« Au terme de ma mission en qualité d’informateur, il est plus que jamais clair que constituer un nouveau gouvernement fédéral belge comportera, outre d’autres tâches telles que la réforme du système judiciaire et la révision de la politique d’asile et d’immigration, trois défis de la plus grande importance, qui forment en réalité un triple volet.
L’assainissement des finances publiques, qui consiste à trouver un équilibre entre les recettes et les dépenses afin d’éviter un effet boule de neige en matière de taux et de réduire la dette publique, va pour certains de pair avec la poursuite de la réforme institutionnelle. Cette réforme a en effet pour objectif d’améliorer l’efficacité de l’administration et de donner aux entités fédérées davantage de latitude pour développer leur propre politique et en assumer la responsabilité. L’assainissement des finances publiques et la réforme de l’Etat à mener en parallèle doivent en outre permettre de protéger au mieux et si possible – de préférence – de renforcer notre tissu économique et social.
Toutes les personnes que j’ai consultées au cours de ma mission sont également d’avis que ces trois défis sont les plus importants à relever et sont dès lors des objectifs à atteindre dans le cadre de la politique gouvernementale. L’accord est outre général sur le fait que ces trois objectifs sont indissociablement liés.
Exception faite des syndicats qui se montrent plus réservés en ce qui concerne le timing, tous les partenaires sont conscients que les finances publiques doivent être assainies au plus vite et ne peuvent encore se prononcer sur l’ampleur de la tâche. Etant donné que les points de vue et les visions divergent, des mesures équitables visant non seulement à réduire les dépenses mais également à augmenter les recettes devront être prises sur la base des nombreuses propositions émises en la matière.
Toutes les parties sont également unanimes quant à la nécessité d’une sixième réforme de l’Etat. Le statu quo n’est pas envisageable pour l’ensemble de mes partenaires, ne fût-ce que pour créer un climat de stabilité politique indispensable pour l’assainissement des finances publiques. J’ai d’ores et déjà pu constater des points de vue convergents sur la poursuite de la réforme institutionnelle – avec des transferts des compétences selon des modalités de financement à déterminer,
Personne ne conteste que l’assainissement des finances publiques et la réforme institutionnelle ne peuvent mettre à mal notre tissu économique et la sécurité sociale. Au contraire. Les mesures à prendre doivent autant que possible contribuer à les renforcer. Les points de vue exprimés et les propositions formulées à cet égard présentent de nombreuses similitudes.
Telles sont les conclusions que j’ai pu tirer des quarante entretiens que j’ai menés en qualité d’informateur.
Sur la base des entretiens et des contacts informels que j’ai entre-temps noués, je suis d’avis que les points de vue des parties qui entrent en considération pour former le gouvernement convergent mais pas de manière suffisante pour composer directement un gouvernement. Dès lors j’ai recommandé au Roi de prendre une initiative afin d’approfondir et élargir le débat sur les convergences que j’ai constatées, ce qui devrait permettre la formation d’un gouvernement. »