Les propositions de Di Rupo crispent la N-VA et le CD&V
Rédaction en ligne
jeudi 12 août 2010, 23:36
Les suggestions du préformateur pour la réforme de l’Etat satisfont les partis francophones, mais pas la N-VA et le CD&V qui estiment ces propositions insuffisantes. Jeudi soir, la réunion plénière a duré trois heures. Les négociations se prolongeront jusqu’à ce week-end inclus.
Bart De Wever (N-VA) et Wouter Beke (CD&V) © Belga
Le préformateur Elio Di Rupo a organisé jeudi soir une nouvelle réunion plénière avec les présidents des sept partis pressentis pour soutenir une réforme de l’Etat : N-VA, PS, CD&V, sp.a, cdH, Ecolo et Groen ! La réunion a débuté à 20h00 et s’est achevée peu avant 23h00.
Les travaux se poursuivront vendredi et sans doute une partie du week-end, a indiqué son porte-parole, jeudi en fin d’après-midi.
Jeudi soir, il précisait que de nouvelles réunions à sept étaient prévues vendredi.
Les Flamands ne sont pas d’accord entre eux
Avant la réunion plénière, les quatre partis flamands avaient déjà convenu de se revoir vendredi. Ils ne sont en effet pas d’accord entre eux, a-t-on appris de bonnes sources.
La N-VA et le CD&V considèrent que les avancées proposées par Elio Di Rupo sont insuffisantes, ce qui n’est pas le cas des deux autres partis.
Les partis flamands (N-VA, CD&V, sp.a et Groen !) se sont déjà réunis jeudi après-midi, d’abord entre eux puis avec le préformateur Elio Di Rupo. Il est apparu à cette occasion que, pour la N-VA et le CD&V, les avancées formulées par Elio Di Rupo mercredi soir ne sont pas suffisantes. Au vu du résultat des élections, la N-VA serait d’avis qu’elle est en droit d’obtenir plus même si elle reconnaît qu’elle ne pourra pas réaliser tout son programme.
Le sp.a et Groen !, pour leur part, considèrent les avancées proposées comme une bonne base, a-t-on appris de sources concordances.
C’était en fait la première fois que les quatre partis flamands se réunissaient depuis qu’ils participent aux discussions avec le préformateur pour trouver un accord en vue de la prochaine réforme de l’Etat.
Les divergences constatées à cette occasion ne sont d’ailleurs pas vraiment surprenantes. Elles étaient manifestes depuis plusieurs jours même si, elles n’étaient pas apparues au grand jour aussi ouvertement.
La N-VA et le CD&V font en effet régulièrement référence aux Communautés en matière de transfert de compétences, ce qui revient à remettre en cause l’existence même de la Région bruxelloise alors que le sp.a et Groen ! font, comme les francophones, référence aux Régions.
La solidarité interpersonnelle
Après avoir entendu mercredi soir un rapport oral de la situation par le préformateur, les sept partis ont eu des consultations internes.
Ecolo et Groen ! ont procédé à un « débriefing » commun.
Les partis francophones ont aussi eu une réunion avec le préformateur Di Rupo.
Quant aux partis flamands, ils se sont donc d’abord vus entre eux. En début d’après-midi, ils se sont retrouvés avec le préformateur pour une réunion qui a duré plusieurs heures.
Chacun restait très discret sur le contenu du rapport présenté par Elio Di Rupo.
Il semble cependant que celui-ci ait veillé, comme il l’avait d’ailleurs annoncé, à préserver la solidarité interpersonnelle malgré le transfert d’importantes compétences aux entités fédérées. Ce dernier mot cache d’ailleurs une incontestable ambiguïté puisque pour la N-VA et le CD&V le poids principal des compétences doit se retrouver dans l’escarcelle des Communautés alors que les autres partis optent pour des transferts vers les Régions.
Selon certaines sources, les transferts retenus par Elio Di Rupo représenteraient entre 60 et 70 pc de la « note Octopus » du gouvernement flamand. Ce qui constituerait une augmentation d’environ 30 pc du budget des entités fédérées. On transférerait cependant, par exemple, pas l’Impôt des sociétés (Isoc), mais on augmenterait les marges de manoeuvres pour accorder des soustractionnels ou recourir à des additionnels.
Si ces transferts étaient considérés comme insuffisants par certains partis flamands, on ne pourrait plus préserver la solidarité interpersonnelle à laquelle les francophones tiennent beaucoup, tout comme d’ailleurs le sp.a et Groen !, souligne un proche de la négociation.
Plus que jamais, la clé est dans les mains de la N-VA, commentait un autre.
(avec belga)