Reynders : les francophones sont mal défendus
Rédaction en ligne
vendredi 27 août 2010, 10:25
Le président du Mouvement réformateur juge très sévèrement les négociations en cours. Et dénonce l’attitude du PS, du CDH et de la presse. Sa conclusion : Conclusion : sans le MR, les francophones sont bien mal défendus… Intégralité de l’entretien dans Le Soir
© Pierre-Yves Thienpont
Il est encore en vacances « à mi-temps », préparant, comme ministre des Finances, la présidence belge de l’Union européenne, mais sans participer aux négociations gouvernementales et institutionnelles, le MR n’étant pas convié à la table. Et ce faisant, Didier Reynders refuse encore, dit-il, une vraie interview politique de rentrée.
Mais il a accepté de répondre à nos questions dans le cadre de notre série « Comment je prépare ma rentrée ». Et l’orientation qu’il donne lui-même à l’entretien est très politique, quand il s’agit des discussions communautaires menées par d’autres – il n’est en vacances que comme président du MR, dont il refuse de parler. Motif : « Il n’y a pas de nouveauté. »
Sur les négociateurs francophones, du PS et du CDH surtout, par contre, il est prolixe. Et assassin.
Un : le préformateur Elio Di Rupo, avec l’appui du CDH et d’Ecolo, a délibérément choisi d’exclure le MR des négociations, « peut-être parce qu’on a envie d’abandonner des positions francophones qui étaient communes ». Et il n’a pas réuni les présidents des partis francophones pour adopter une position commune. « Je n’ose imaginer ce que vous auriez écrit si je n’avais jamais réuni les francophones en 2007 ! Mais ici, comme c’est le PS qui le fait, ça paraît moins grave… », nous lance-t-il.
Deux : Joëlle Milquet, dont la légende de « Madame Non » n’est pas usurpée assure Didier Reynders, est responsable de la montée de la N-VA, et de l’échec de 2007, voulant « coller » au PS.
Trois : les négociateurs sudistes n’ont aucun projet pour les francophones ; ils se contentent de mettre des limites aux revendications flamandes. Le MR, lui, a un projet rassemblant Wallons et Bruxellois.
Quatre : la presse accepte le « secret » qui entoure les discussions, voire s’en réjouit comme d’un bon signe, alors que l’avenir du pays est en jeu. Drôle de façon de suivre l’actualité, juge-t-il.
Conclusion : sans le MR, les francophones sont bien mal défendus…