Di Rupo : « Un accord ou le chaos »
Rédaction en ligne
lundi 30 août 2010, 16:42
Lors de sa conférence de presse, Elio Di Rupo a mis la N-VA et le CD&V au pied du mur. Le préformateur a insisté : « Nous avons une chance de réussir, si tous les partis autour de la table font preuve de raison ». Faute de quoi, le chaos politique menacera la Belgique. Di Rupo rencontre les partenaires sociaux depuis 16h30. L'intégralité du discours d'Elio Di Rupo
@Pierre-Yves Thienpont - Le Soir
Dans une longue intervention, lue d'abord en néerlandais puis en français, Elio Di Rupo a rappelé que selon les accords déjà engrangés, des compétences sont susceptibles d'être transférées aux entités fédérées pour un montant de 15 milliards d'euros. Dans ces conditions, il est clair que le centre de gravité peut se déplacer - de manière déterminante - de l'Etat fédéral vers les entités fédérées. Outre ces compétences transférables, tous les partis autour de la table ont accepté d'ouvrir le débat sur un nouveau mode de financement entre Etat fédéral, Régions et Communautés, a-t-il ajouté.
Di Rupo rencontre les partenaires sociaux cet après-midi
Le préformateur Elio Di Rupo a annoncé lundi qu'il rencontrera cet après-midi, dès 16h30, les partenaires sociaux représentés au sein du groupe des 10, conformément à ce que lui a demandé dimanche le roi Albert II, à qui il a fait rapport de sa mission.
M. Di Rupo a rappelé l'importance des défis socio-économiques qui attendent le prochain gouvernement et la nécessité de trouver 25 milliards d'euros d'ici 2015 pour assainir les finances publiques.
Rappelant que certains au nord du pays avaient estimé que la recherche d'une solution aux problèmes institutionnels qui minent le pays constituaient la « première urgence », M. Di Rupo a expliqué s'être focalisé sur cette question durant deux mois et demi de préformation.
Dans les volets socio-économique et institutionnel, la responsabilité de chacun est « énorme », a indiqué M. Di Rupo. Si la recherche d'une solution institutionnelle est d'une importance capitale, les négociateurs ont aussi « l'obligation morale » de veiller à l'assainissement du budget de l'État, faute de quoi le pays serait laissé « entre les mains des spéculateurs », a-t-il averti.
Disant son espoir que la raison finisse par l'emporter, le préformateur a refusé de répondre ce lundi aux questions des journalistes. Donnant lecture d'une déclaration en néerlandais puis en français, il a tenu à peser et soupeser chaque terme de sa conférence de presse emprunte de solennité et d'une dramatisation renforcée par le retard de quarante minutes dont il s'est excusé auprès des journalistes présents.
(D'après Belga)
Elio Di Rupo a appelé ce lundi les 7 partenaires en négociation à trouver un compromis équilibré, faute de quoi le chaos politique menacera la Belgique.
M. Di Rupo, à qui le Roi a demandé dimanche soir de poursuivre sa mission de préformation, a rappelé qu'une des tâches qui lui avait été assignées par le roi était de rétablir la confiance. « Si la confiance signifie imposer unilatéralement ses vues, alors on entre dans le champ de l'impossible. Si par contre la confiance signifie la recherche d'un accord équilibré, alors nous restons dans le champ du possible », a-t-il dit à ce propos.
Il a rappelé que ni la N-VA ni le PS, malgré leur victoire électorale, ne peuvent, seuls ou ensemble, imposer leur vue aux autres partenaires.
Il a également rappelé que la N-VA a dit vouloir plus de garanties pour la mise en uvre d'une révision de la loi de financement et que le CD&V a souligné qu'il était nécessaire d'approfondir l'accord sur la révision de la loi de financement et qu'il fallait déterminer comment trouver les 25 milliards d'euros nécessaires pour assainir les finances publiques.
« L'assainissement des finances publiques est certes important mais si nous nous préoccupons depuis deux mois d'institutionnel, c'est parce que certains partis ont dit qu'il fallait d'abord un accord sur les dossiers communautaires et sur Bruxelles-Hal-Vilvorde », a dit M. Di Rupo.
Place aux experts
Quant à la réforme de la loi de financement, il a dit plaider pour que le groupe d'experts prévu dans l'accord de principe commence le plus rapidement possible son travail et qu'il élabore des modèles qui pourront être soumis au Bureau du plan. Ce dernier vérifiera, par des simulations, leurs conséquences pour toutes les entités du pays.
M. Di Rupo a aussi rappelé que le CD&V avec les autres partis flamands membres du gouvernement bruxellois avait approuvé la nécessité de refinancement de la Région bruxelloise.
Dans sa conclusion, M. Di Rupo a estimé qu'un accord était possible si chacun se montrait raisonnable.
(D'après Belga)