L’offre de la dernière chance
DAVID COPPI
jeudi 02 septembre 2010, 23:43
Le préformateur a soumis une dernière offre (écrite) à Bart De Wever. Elle porte sur BHV, le refinancement de Bruxelles et la loi de financement. Le leader nationaliste est au pied du mur. Le préformateur est toujours attendu chez le Roi. Par David Coppi
BELGA
Il ne désespère pas. Elio Di Rupo, en sa qualité de préformateur, a abattu hier sa dernière carte : il est sur le point de soumettre aux sept partis qui ont pris part aux négociations sur la réforme de l’Etat une note en trois points : BHV, le refinancement de Bruxelles, la révision de la loi de financement. Il a rencontré Bart de Wever jeudi après-midi. A bonne source, on glisse que le leader nationaliste flamand, négatif, provocateur et erratique ces derniers jours, s’est montré plus « participatif ». Pour autant : la même source donne les chances d’aboutir : « 2 sur 100, au lieu de une la veille… » Peu de chose. Mais une lueur dans les ténèbres est un phare !
Le climat reste exécrable. Certains épisodes périphériques en témoignent. Celui-ci : Joëlle Milquet a osé estimer que la Région flamande ne prenait pas la meilleure des décisions en voulant fermer certains accès autour de Bruxelles ? Crime ! Elle s’est vue répliquer qu’elle « prend les Flamands pour des Serbes, car c’est un peu comme si on voulait encercler la capitale ». Ajoutez – anecdotique mais bien dans le ton du moment – un communiqué express du CDH déclinant toute responsabilité après que son ex-porte-parole, Alain Raviart, devenu chroniqueur et directeur d’une agence de com’, eut diffusé une « lettre ouverte » à Bart De Wever où il écrit que le Flamand « se Khadafise ».
Pendant ce temps, Elio Di Rupo tente de convaincre Bart De Wever de se mouiller dans un compromis sur la réforme de l’Etat. A propos du lien entre le refinancement de Bruxelles et la révision de la loi de financement, on parle d’un possible consensus : un montant tout de suite, autour de 250 millions d’euros, le reste plus tard, avec la nouvelle loi. Le préformateur est (toujours) attendu chez le Roi. Bart De Wever a le sort du pays entre les mains. Pas rassurant.