La Flandre s'interroge après l'évocation de la fin du pays par le PS
Rédaction en ligne
lundi 06 septembre 2010, 10:25
Revue de presse L'évocation ces dernières heures, au Parti socialiste, d'un scénario prévoyant la fin du pays suscite des réactions en Flandre : le monde politique et médiatique s'interroge sur la portée d'une tel message.
© Belga
Le président du PS, Elio Di Rupo et le vice-président Philippe Moureaux ont mis en évidence la semaine dernière, le premier, sur le risque de chaos qui accompagnerait l'échec dans la recherche d'un compromis équilibré, le second sur le délitement de l'Etat et la séparation du pays vers lesquels on semble s'acheminer. La chef de file PS au gouvernement fédéral Laurette Onkelinx a souligné au cours du week-end qu'il fallait désormais envisager « la fin de la Belgique », le ministre-président wallon et de la Communauté française Rudy Demotte appelant les francophones à se prendre en mains.
Dans la presse flamande, le président de la N-VA dit ne pas comprendre le message envoyé par les socialistes francophones. « Quelqu'un peut-il m'expliquer leur logique ? », lance-t-il dans le quotidien Het Laatste Nieuws. « Lorsque vous lui demandez de faire en sorte que Bruxelles et la Wallonie soient plus responsables, le PS dit non'. Et avec quelles menaces viennent-ils maintenant ? Faire exploser le pays, conséquence de quoi Bruxelles et la Wallonie seront totalement responsables de leur sort ».
Laurette Onkelinx revient sur ses propos dans le quotidien De Morgen. « Nous voulons une grande réforme de l'Etat mais nous disons aussi que personne ne doit venir nous rabaisser (
) Nous demandons le respect. N'est-ce pas la moindre des choses ? », explique-t-elle. Le Laatste Nieuws voit dans la stratégie du PS la volonté de faire monter la pression en évoquant le scénario du pire.
Ce « n'est pas intelligent », commente Yves De Smet dans le Morgen. « Ce n'est vraiment pas le moment de laisser l'agenda politique être influencé par de grandes émotions, de la rhétorique creuse et un esprit revanchard. (...) Ce n'est donc pas intelligent de présenter la fin de la Belgique comme un fait accompli, comme quelques maîtres penseurs francophones l'ont fait. (...) Et finalement cela fait de Demotte, Onkelinx et Moureaux rien de plus que des alliés objectifs de De Wever. (...) Nous sommes, une nouvelle fois, au point de départ, et par conséquent, nous devons, une nouvelle fois, partir avec les éléments de base : le PS et la NVA sont tous les deux incontournables, et donc sont des axes nécessaires pour former un quelconque gouvernement. »
Pour sa part, dans le Standaard, Guy Tegenbos croit avoir décelé dans cette stratégie un « truc » visant à faire reposer la culpabilité sur les Flamands. C'est aussi, précise-t-il, un moyen permettant par la suite de légitimer un nouveau compromis, sur le mode « nous avons fait des concessions mais nous avons pu éviter une véritable catastrophe la fin de la Belgique ».
Dans Le Soir, Béatrice Delvaux est d'avis que les menaces francophones relatives à la séparation du pays sont « stratégiquement et psychologiquement bien vues ». Elles permettent de dire que « les francophones ne sont pas réduits à conclure un accord à n'importe quel prix » et que, le cas échéant, « on empoignera sans complexe ce projet séparatiste, plutôt que de le subir ».
(D'après Belga)