La N-VA fait feu de tout bois
VERONIQUE LAMQUIN
jeudi 28 avril 2011, 14:15
Alors que Wouter Beke devrait poursuivre sa mission après son entretien royal de vendredi, la N-VA tire se déchaîne à la Chambre : débat européen, suppression de l’obligation de vote… Par Véronique Lamquin
On attendait la N-VA fin de la semaine, pour l’« évaluation des négociations » annoncée urbi et orbi par Jan Jambon. Mardi soir, Siegfried Bracke a changé la donne. Et fait d’une pierre quatre coups : a) il enterre les négociations de Wouter Beke (« il faut arrêter, faute de progrès ») mais b) assure que la N-VA « ne quittera pas la table seule » ; c) il réclame « la main des négociations » mais d) ne dit pas ce qu’elle fera si elle ne l’obtient pas.
Pendant ce temps, Wouter Beke poursuit. Non sans succès, si l’on en croit… Elio Di Rupo ! Nos confrères du Morgen ont en effet photographié un SMS envoyé, mardi soir, à l’ULB, par Johan Vande Lanotte, à l’un de ses conseillers. Sur l’écran, on peut lire « Elio dit qu’il est très près d’un accord avec le CD&V sur l’emploi et les soins de santé ». Il semble en effet que le CD&V et le PS soient quasi d’accord sur le chapitre « emploi ». Sur les soins de santé aussi, les positions des deux partis se seraient rapprochées – la réunion de ce mercredi aurait confirmé cette impression plus positive. Seul hic, mais il est de taille : la N-VA refuserait tout net le paquet « emploi » et ne serait guère emballée par le dossier « soins de santé ».
En clair : le trio est loin de conclure. D’autant que, sur la loi de financement, les positions seraient toujours très divergentes – ce mercredi, les discussions auraient été « très difficiles » entre le PS d’une part, le CD&V et la N-VA de l’autre. « Alors que, pourtant, on discute d’un modèle basé sur les additionnels ; une formule défendue par le PS », dit-on au Nord. Au Sud, on estime que le modèle « n’offre pas de garanties suffisantes ».
Malgré tout, tant du point de vue du PS que du CD&V, les choses « progressent ». Aussi souhaitent-ils que Wouter Beke continue quelques semaines encore.
Son rapport au Roi, vendredi, ne serait alors qu’intermédiaire. La N-VA acceptera-t-elle ce scénario ? A priori oui… « A la table des négociations, il n’a jamais été question ni d’ultimatum, ni d’arrêter la formule actuelle, ni de donner la main à tel parti », relève une source proche de la négociation. Le négociateur royal devrait donc rester en selle jusqu’à la mi-mai (et le vote du budget fédéral). C’est en tout cas le plan.
D’ici là, les élus nationalistes flamands se déchaînent… à la Chambre. Ainsi viennent-ils de déposer des propositions de loi visant à supprimer les dotations de Laurent et Astrid et à réduire drastiquement les montants alloués au Roi, à Fabiola et à Philippe. Mais aussi des propositions visant à supprimer l’obligation de vote. Mercredi matin, lors d’un débat européen, la N-VA rompt soudain le consensus national (lire ci-contre). Colère des autres partis.
Ce n’est pas tout : en fin de journée, la députée Daphné Dumery a dit vouloir réintroduire les contrôles aux frontières au sein de l’espace Schengen. Les nationalistes flamands, c’est sûr, ont compris qu’en tant que premier groupe à la Chambre, ils disposent d’une large tribune pour faire parler d’eux.
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On dirait que l'on s'approche du bouquet final du feu d'artifice. Ce moment où tout pète dans tous les sens en faisant du bruit et où l'on essaie d'être le plus grandiose. Je crois que l'extrême droite va s'entretuer. Hors NVA (Dewinter revient, en radicalisant ses positions), les élites intellectuelles de la NVA ceinturent Wafelman et lui collent une obligation de résultat. S'il rate ce coup-ci, assez foireux, un autre slimste prendra le contrôle de la garde rapprochée et s'estimera plus apte à réussir ce que BDW devait réaliser en une semaine et n'a pas concrétisé en un an ... Chapeau, et preuve que la démocratie constitutionnelle n'est pas facile à contourner. Leterme a signé le premier cartel avec la NVA pour les communales (à ne pas oublier) et remonte en crédibilité dans l'opinion .... No panic, les Fédérés Wallonie-Bruxelles, NUTS aux ukazes idiotes et primaires. Mais ayez au moins l'intelligence de prévoir une stratégie à long terme. Le jeu médiatique du nord tient les flamingants en haleine. Au sud ... bof. A part l'effet "Fédération" qui a suscité un sursaut ... Rien comme communication. Or le Francophone est moins mouton que les flamingants. Il demande à être concerné et à se sentir impliqué (pas avec des drapeaux distribués aux étapes du tour ou des festivals de chant brunâtres ... cela, c'est pour les nostalgiques qui veulent honorer un passé familial ).
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J'ai vu ce soir l'interview de Filip De Winter (VB) a Ter Zake (VRT) et sa radicalisation (il le doit pour rester à la droite de l'extrême droite) le fait de plus en plus ressembler à un Obersturmführer de l'occupation. Le ton des réponses est cassant, la voix est rauque. Et coupant les questions gênantes, il affirme qu'avec lui l'indépendance de la Flandre ce serait tout de suite. La course vers le pôle d'extrême droite, "plus nationaliste que moi tu meurs" est lancée entre lui, Bart De Wever et De Decker. Ou la Flandre plonge ou elle se réveille. Nous sommes juste en 1932 en Germanie.
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@[24] Jean-Michel II Nous avons tous eu nos hommes providentiels, et je suis un pur batard flamando-wallon. Ce que je trouve inquiétant est la perte de l'esprit critique - voir "sens commun" qui déclare dans la même journée approuver la constance de la N-VA vis-à-vis de son programme et plus tard une contradiction dans les termes de ce même parti par rapport à son programme. - Comment accomplir le projet commun à mes cousins néerlandophones, wallonophones, germanophones et francophones reste mon souci. Et le pire est que je reste convaincu que nous en avons un!
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"La N-VA ne sait plus sur quel pied danser. Elle est de plus en plus isolée et veut occuper le terrain. Mais elle ne le fait pas intelligemment"
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Débat communautarisé, débat mort et enterré. Par Dave Sinardet, dans Stoemp flamand, Le Soir du jeudi 28 avril 11, p. 14. Extrait : « Une réforme de l'Etat serait l'occasion de faire quelques réformes sensées pour mieux valoriser l'atout potentiel qu'est la région centrale du pays. De plus, il y a moyen d'échanger quelques demandes venant de partis flamands, d'autres émanant de partis francophones, ce qui est toujours nécessaire pour arriver à un accord , mais en réformant quand même dans l'intérêt général : celui de Bruxelles, des deux autres régions, et de tout le pays. . . . Car ce ne sont pas seulement les 19 communes qui sont parfois trop petites pour une politique métropolitaine convenable. A certains égards, la Région l'est aussi. Une bonne gouvernances en termes d'emploi, de mobilité ou d'aménagement du territoire ne doit pas seulement être conçue à l'intérieur des frontières de la Région bruxelloise, elle doit aussi tenir compte de l'entièreté de la zone économique bruxelloise. Et celle-ci s'étend loin dans le Brabant flamand et le Brabant wallon, comme démontrent depuis plusieurs années économistes et géographes. Les organisations patronales flamande, wallonne, bruxelloise et belge ont aussi uni leurs efforts pour réclamer une approche plus intégrée de cette « Région Métropolitaine Bruxelloise » . . . Bref, : bourgmestres flamands ou francophones, de Bruxelles ou de la périphérie, ils se dressent contre leur propre scénario catastrophe d'un « Grand Bruxelles ». Et leurs partis politiques les soutiennent et bloquent des deux côtés. Et donc, au lieu d'aller vers un win-win flamand-francophone, dans l'intérêt de tous, on campe sur ses positions. Et on continue les petits jeux stratégiques. » Si la société civile ne se mobilise pas pour soutenir ce projet, « alea jacta est et saecula saeculorum».