IMMIGRATION / La directive retour sera votée en juin
La forteresse Europe rehausse ses murs
PASCAL MARTIN
mercredi 07 mai 2008, 07:05
L’UNION Européenne légifère sur la détention et l’expulsion des clandestins. Des ONG dénoncent
une « directive de la honte ».
Ses opposants l’appellent la « directive de la honte ». Ses concepteurs parlent d’une « directive relative aux normes et procédures communes applicables dans les Etats membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier ». Pour faire simple, cette « loi » européenne sera censée régler sur le territoire de l’Union le sort des migrants dont la présence n’est pas souhaitée. Ils seraient huit millions dans ce cas. Le Camerounais Ebenizer Folefack Sontsa, retrouvé mort jeudi dernier dans le centre fermé de Merksplas, en était.
Clandestins, déboutés du droit d’asile, déchus de la protection temporaire… tous sont concernés par cette directive qui apparaît déjà comme l’un des futurs piliers législatifs de la forteresse Europe dans sa lutte contre l’immigration illégale. Trois ans ont été nécessaires pour ficeler un texte de compromis, difficilement comme l’ont montré les reports successifs du vote au Parlement européen. Celui-ci devrait toutefois avoir lieu en juin.
En la matière, les Etats membres restent jusqu’à présent souverains. Chacun, dans son coin, décide du sort réservé à ses clandestins au moment de leur expulsion. D’où notamment des durées de détention variables avant le retour à la « case départ », qui peuvent aller jusqu’à 18 mois. Comme au Royaume-Uni.
La directive a pour objectif d’en finir avec cette cacophonie en harmonisant au niveau européen la législation en matière de rétention et d’expulsion des personnes en situation irrégulière. Mais à entendre ses détracteurs, elle aboutirait surtout à donner un passe-droit aux mesures les plus dures qui ont cours dans l’Union. Cela au détriment de la protection des personnes, avec au passage une « amélioration » de la procédure d’expulsion. Dans une Carte blanche (Le Soir du 5 mai), la Ligue des droits de l’homme et le Ciré (Coordination et initiatives pour et avec les étudiants étrangers) estiment que « le texte final donne plutôt l’impression que rien ne changera, ou si peu, dans les Etats les plus répressifs alors que les standards seront revus à la baisse ».
La mesure la plus polémique concerne la durée de la détention du futur expulsé. « Deux philosophies se faisaient face ici », commente-t-on chez les Verts. « Soit la détention a pour but d’assurer l’éloignement. Soit elle consiste en une mise sous contrôle de la personne. Ici, la détention devient mesure d’internement plutôt que mesure d’éloignement. »
Des ONG ont estimé ainsi qu’une dizaine de jours suffisent à éloigner un illégal frappé d’expulsion. Elles font valoir qu’une détention de 18 mois correspond à une peine pour homicide involontaire. Or le migrant qui verse dans l’illégalité n’est pas a priori un criminel de droit commun.
Autre point sensible : la directive donnera aux Etats la possibilité d’interdire la réadmission du clandestin expulsé pendant cinq ans sur le territoire de l’Union européenne (« reentry ban »). Le but est de le décourager de tenter à nouveau de franchir clandestinement les frontières de l’Union. En novembre 2007, une étude financée par l’UE avait notamment mis en lumière les troubles psychologiques endurés par un migrant rejeté. Sa situation était vécue comme un échec, par lui-même, ses proches voire sa communauté.
Au sein du Parlement européen, la directive retour est loin de faire l’unanimité. Les socialistes, les Verts et les communistes y sont opposés. Le principal groupe politique de l’hémicycle, le PPE (chrétiens-démocrates et assimilés) n’est pas soudé. Le vote des libéraux sera donc important. Mais les sensibilités des uns et des autres mises entre parenthèses, les eurodéputés auront sans doute à cœur de démontrer qu’ils sont à même de tirer parti d’un pouvoir qui leur permet ici de partager la décision avec le Conseil, lequel a durci progressivement le texte via ses amendements.
Ce mercredi, place du Luxembourg à Bruxelles, les opposants à la directive se réuniront pour demander un changement radical de cap aux autorités européennes. « L’Europe se transforme en une forteresse cadenassée et met en œuvre des moyens démesurés pour empêcher l’accès à son territoire et expulser les sans-papiers, peut-on lire sur leur tract. Le projet de directive, s’il était adopté, constituerait une nouvelle régression. » Les organisateurs – dont le Ciré et la LDH pour la Belgique – appellent « les parlementaires européens à prendre leurs responsabilités et à rejeter ce projet ». Un appel à signatures est lancé sur le site http://directivedelahonte.org.
La directive retour catalyse à son tour les tensions et les contradictions d’une Europe confrontée à l’accélération des flux migratoires. Si les migrants qualifiés y seront de plus en plus les bienvenus, les autres seront voués à l’expulsion.
Quitte à ce que l’UE bafoue les valeurs humanistes dont elle se prévaut.
"A ceci près que le Belge a des papiers, un ancrage évident, ne subit pas de discrimination à l'embauche. " AH bon ? alors le fait de préférer engager des personne "étrangère" car moins cher et authorisé par l'état ce n'est pas de la discrimination çà !!! Comme c'est le cas dans le transport ou même dans la grande distribution une enseigne qui aime la couleur orange au " prix le plus bas" par exemple c'est tout simplement honteux !!!
ONG: irresponsabilite Que sont ces ONG sinon des groupuscules gauchistes qui n'ont pas d'autre objectif que d'imposer des charges a ceux qui travaillent et a creer de l'insecurite. De plus ces escrocs a la charite font la manche aupres des politiques; ils aiment les subsides.
@ sampa : Non excusez-moi. Avant les flux migratoires, la pauvreté n'existait pas. Et oui, si un Belge est pauvre, c'est parce qu'il cohabite avec un immigré tout aussi pauvre. Ah oui, et lorsqu'ils ne sont pas (les immigrés) dans les pauvres, où sont-ils? Heu... Dans les usines, dans le bâtiment, dans une épicerie, dans une boucherie, dans le barreau, ... enfin au travail. Et oui, un immigré sans formation et qui ne maîtrise pas la langue viendra gonfler le flot des assistés. Comme un Belge, d'ailleurs. A ceci près que le Belge a des papiers, un ancrage évident, ne subit pas de discrimination à l'embauche. Mais pour le Belge pauvre, je lui conseille de regarder du côté des délocalisations, de l'actionnariat, de la spéculation. Il y trouvera plus d'explications à sa situation. Sans vouloir le désinformer, évidemment.
[42] Buster 2 Un copier/coller qui prête à réfléchir. « Les étrangers non-européens ont une chance sur trois de vivre sous le seuil de pauvreté ici en Belgique. C'est le résultat d'un rapport de la Fondation Roi Baudouin qui est le premier à dresser un portrait systématique de la pauvreté des personnes d'origine étrangère en Belgique. Jusqu'à présent les acteurs traditionnels de la lutte contre la pauvreté n'ont pas tenu suffisamment compte des liens croissants entre immigration et pauvreté. Le défi n'est pas mince : comment empêcher l'émergence d'une « génération de pauvres » et ainsi améliorer les relations entre les différentes communautés en Belgique. »
On a donné les statistiques avec les pays d'origine ? Je miserai sur une chance sur mille de ne pas être pauvres!
Selon une étude, un mendiant à Bruxelles se fait 50€ par jour sans payer de taxes... La plupart des immigrés viennent de pays où la population vit avec moins de 2 euros par jour (au niveau mondiale, c'est plus d'une personne sur 2)
@ Csodaszarvas et mch732 : Ha ha formidable ! Donc, non seulement ce sont tous des parias, des profiteurs mais en plus des menteurs manipulateurs compulsifs? @ mch732 : oui oui, j'ai bossé. Cela vous dérange-t-il? Et si je ne suis pas celui qui sait, vous êtes, par contre, clairement celui qui ne sait pas. Une bonne majorité des migrants porte sur leurs épaules les espoirs de leur famille. Espoir de trouver du travail, espoir de gagner sa vie, espoir de sortir sa famille d'un bourbier politique, économique ou sanitaire... Alors les traiter de parias, c'est un tour de force audacieux. Et monsieur, lorsque, à votre instar on distille la haine et la calomnie, on se garde de donner des leçons de courtoisie.
réactions @sampa, ce que vous dite là est exacte, rien que dans ma commune "Saint-Gilles à Bruxelles il y aurais 20.000 clandestins, qui logent ses immeubles loués par des marchands de sommeil ou par leurs propres familles, trop peu de contrôles hélas, et le travail au noir n'en parlons pas, il existe tout une économie souterraine, sans taxes ni impôts ! @Ledidi_745 Oui j'en ai eu l'expérience de me faire insulter de sale Belge par ma voisine Africaine parce que je lui ai demander de faire moins de bruit la nuit. Je suis pour la limitation et la réglementation du flux de l'immigration des ressortissants hors U.E. dans notre pays.Il est grand temps que ça change !!!
[42] Buster 2 Un copier/coller qui prête à réfléchir. « Les étrangers non-européens ont une chance sur trois de vivre sous le seuil de pauvreté ici en Belgique. C’est le résultat d’un rapport de la Fondation Roi Baudouin qui est le premier à dresser un portrait systématique de la pauvreté des personnes d’origine étrangère en Belgique. Jusqu’à présent les acteurs traditionnels de la lutte contre la pauvreté n’ont pas tenu suffisamment compte des liens croissants entre immigration et pauvreté. Le défi n’est pas mince : comment empêcher l’émergence d’une « génération de pauvres » et ainsi améliorer les relations entre les différentes communautés en Belgique. »
[42] Buster 1 A vous lire ces 15 % de pauvres en Belgique ont toujours existés et le fait d’avoir une immigration sauvage ne change en rien cette situation…Je crois que vous pratiquez clairement de la désinformation. Il est clair que ce flot d’immigré sans formation et sans presqu’aucune connaissance linguistique vient augmenter le flot des pauvres. Ou s’ils ne sont pas dans les pauvres, expliquez alors comment leur intégration se passe. C’est vrai que l’on a aussi importé une certaine mafia ou pègre. Même les associations qui prônent l’immigration reconnaissent que ces personnes viennent le plus souvent s’ajouter aux chômeurs et assistés de la sécurité sociale.
Buster: vous avez eu la malencontreuse idée de bosser (je note que vous n'avez pas utilisé le verbe travailler) à la Coordination et Initiative pour Réfugiés et Etrangers ; so what !Seriez-vous de ce fait devenu celui qui sait, par conséquent celui dont la parole ne peut être remise en doute ?Vous n'apportez pas plus d'éléments dans votre argumentation que moi alors je vous prierais d'adopter un profil plus bas ...
@[42] Buster "comme si la pauvreté n'existait pas avant les flux migratoires"...et comme si les flux migratoires avaient jamais apporté une solution à la pauvreté...comme si le fait d'ouvrir nos frontières allait se traduire par un renouveau économique flamboyant pour nos sociétés et un gain de développement pour les pays d'origine...Le mensonge est courant chez les demandeurs d'asile. Si je me souviens bien, même Sémira Adamou avait avoué à d'autres demandeurs d'asile avoir raconté des bobards. Ayaan Hirshi Ali aussi d'ailleurs. Bien sûr, je doute que quiconque confie ses mensonges aux gens du Ciré...
@ [34] mch732 et [31] mak5000: Non je n'ai pas cette prétention (sic). Juste celle d'avoir bossé à la Coordination et Initiative pour Réfugiés et Etrangers (Ciré), à Liège. Alors c'est bien beau d'affirmer que l'on connait (plein) d'étrangers qui se tapent sur les cuisses en se foutant de la gueule du Belge. Ca ne mange pas de pain. Et je répète que traiter de paria un homme, une femme ou un enfant qui quitte son pays (de gaieté de coeur, bien entendu) est consternant d'ignorance. Mais je suppose que vous aussi connaissez des millions (allons-y franchement) d'étrangers qui vous déclarent : "Ha ha ha gros con de belge, je suis un paria!". Et quant au 15% de pauvres bien de chez nous, pensez-vous qu'ils soient victimes des hordes barbares? comme si la pauvreté n'existait pas avant les flux migratoires.
@jullzz Rien qu'à Bruxelles, on estime qu'il y a 200.000 personnes qui ne sont pas déclarées. Même en enlevant de ce nombre les gens qui travaillent pour les institutions européennes (et qui ne sont donc pas obligées de se faire enregistrer), on est largement au-dessus de 40.000 illégaux pour toute la Belgique !