La police est entrée à l’école

HUGUES DORZEE

vendredi 29 mai 2009, 09:32

Drogue, racket, brossage... Une majorité de zones de police ont instauré « un point de contact pour les écoles ». Et près de 50 établissements ont conclu un véritable « protocole de sécurité » avec la police.
Notre édito : "La police à l'école devrait être l'ultime recours".

La police est entrée à l’école

© Belga.

Une opération antidrogue menée tambour battant à l’aide de chiens renifleurs. Un élève soupçonné de racket extrait de sa classe et auditionné sur-le-champ. Une liste des « brosseurs » réguliers transmise aux forces de l’ordre locales. Des faits isolés survenus dans l’enceinte scolaire ? Pas sûr. Depuis la mise en œuvre, en juillet 2006, de la fameuse circulaire ministérielle « PLP41 » (lire ci-contre), les collaborations entre les services de police et les directions d’école se multiplient.

Cette disposition prévoit un « renforcement et/ou un ajustement de la politique de sécurité locale », organise la création « de points de contact pour les écoles », et vise spécifiquement la « criminalité juvénile ». Le ministre de l’Intérieur, Patrick Dewael (VLD), avait pris cette mesure sécuritaire peu de temps après le meurtre de Joe Van Holsbeek afin de lutter contre les phénomènes de « violence, de menace, d’extorsion et détention d’armes par les jeunes ». Avec deux cibles précises : l’absentéisme scolaire et les stupéfiants.

« Hystérie sécuritaire » ; « amalgames malheureux entre jeune en décrochage scolaire et jeune délinquant » ; « confusion des genres »… Dès sa publication, cette circulaire « PLP41 » avait suscité une vague de protestations (FEF, CJEF, Fedito, CSC…) et débouché sur la création de la plateforme « L’école mariée de force à la police ». Trois ans plus tard, Le Soir a tenté de savoir ce qu’il était advenu de cette collaboration.

Selon les chiffres fournis par le ministère de l’Intérieur et arrêtés au 1er juillet 2008, une majorité de zones de police – 143 sur 196 – ont instauré un « point de contact pour les écoles » ; 95 sur 118 en Flandre, 45 sur 72 en Wallonie et 4 sur 6 en Région bruxelloise.

Autre statistique intéressante : dans 85 zones sur 196, la police organise diverses « initiatives » dans les écoles. Séances de sensibilisation (racket, assuétudes…), patrouilles régulières, cours de sécurité routière, action de « responsabilisation des parents »« C’est très varié, admet Els Clemput, porte-parole du ministre de l’Intérieur. Avec des approches spécifiques ou transversales. »

« Protocole de collaboration »

Certains établissements scolaires ont franchi un pas de plus en concluant un véritable « protocole de collaboration écoles/polices ». C’est le cas dans 48 zones sur 196 (37 en Flandre, 11 en Wallonie, 0 à Bruxelles). Ce protocole « de sécurité » fixe les modalités du partenariat (échange d’informations, signalement des faits, contact avec les médias, prévention, etc.). Et s’applique pour un temps précis (souvent trois ans), à l’échelle d’un établissement ou d’une zone ou d’un arrondissement judiciaire. Voilà pour les chiffres. Mais dans les faits ? Comment s’organise cette « collaboration » ?

« Cette circulaire est un simple outil à la disposition des directions, se défend le cabinet du ministre de l’enseignement, Christian Dupont (PS). A elles d’évaluer les modes de collaboration les plus judicieux en fonction du projet pédagogique et des dispositions décrétales. » Et d’ajouter : « Cette circulaire est là pour protéger l’élève (contre le racket, les trafics, etc.), pas pour le stigmatiser. L’école est un espace de liberté, certes, mais elle se doit d’être sécurisée et respectueuse de l’ordre public et de la loi. »

Pris à la hâte après le meurtre de Joe, sans concertation aucune avec le secteur et sans étude scientifique attestant d’une réelle progression des phénomènes de violence à l’école, la « PLP41 » est donc appliquée inégalement dans le pays.

Certaines équipes éducatives (pouvoirs organisateurs, parents, enseignants, PMS…) ont été consultées, mais pas toutes. Plus grave : un manque de transparence quant aux textes signés entre certaines directions d’école et les chefs de corps : « Nous avons eu une seule demande d’avis », admet-on au cabinet Dupont. Or, pour le réseau organisé par la Communauté française, la ministre Arena avait exigé en 2007 que les projets de convention soient soumis (et approuvés) par l’Administration avant d’entrer en vigueur…

« L’école est un lieu d’apprentissage et doit le rester, insiste-t-on au Service droit des jeunes. L’éducation doit se faire par la pédagogie et pas par la répression. Attention au mélange des genres malheureux. »

La police a ses missions – maintien de l’ordre, respect des lois, recherche des crimes et délits –, et l’école les siennes. Avec des exigences déontologiques différentes (lire ci-contre). « Mais l’école n’est pas pour autant une zone de non-droit, tempère Myriam Beckers, médiatrice scolaire. Si chacun reste dans ses compétences, avec un protocole souple et une confiance respective, cette collaboration peut être fructueuse. » Face à des situations qu’elles jugent « problématiques » (racket, trafic, violences…), certaines directions se disent « dépassées » et préfèrent donc travailler « main dans la main » avec la police.

« Face à la recrudescence de la violence, le silence des victimes et la peur des représailles, c’est rassurant de les avoir », explique-t-on ainsi dans un athénée namurois. « Je suis toujours disponible pour une demande d’identification ou d’adresse », reconnaît la responsable d’une école secondaire de Tubize.

« Nous échangeons autant que possible nos informations, confirme-t-on dans la zone de police de Philippeville. Les rumeurs, les petits règlements de compte, un fait, un endroit, un véhicule… tout ce qui peut servir de piste de travail. »

Ailleurs, la collaboration est même « proactive » et se concrétise, par exemple, par des opérations « antidrogue » avec descente massive de policiers, contrôles massifs, fouilles corporelles, recours à des chiens renifleurs, etc. Plusieurs cas ont été signalés à Marchin, Ciney, Mons, Verviers, Charleroi, etc.

D’importantes questions

Légal ? A condition qu’il y ait « suspicion raisonnable » (donc « trafic ») et, après autorisation écrite et préalable du procureur du roi, dit la loi. « Toutes ces interventions se font à la demande de la direction de l’école », se défendent les forces de l’ordre. Mais pour l’avocat JeanMarie Dermagne, ces opérations soulèvent « d’importantes questions en matière de respect des libertés individuelles, de la protection de la vie privée, du droit des jeunes, etc. »

Le délégué général aux Droits de l’enfant, Bernard De Vos, s’interroge, quant à lui, sur « la pertinence et l’efficacité » de ce type d’opération. Quant à la Fédération des institutions pour toxicomanes (Fedito), elle dénonce une forme de « violence institutionnelle », et s’inquiète des effets à terme (rupture de confiance dans le projet pédagogique, traumatisme et humiliation des jeunes, etc.)

Dans d’autres zones de police, la collaboration est moins rigide et systématique. C’est le cas en Région bruxelloise où aucune zone n’a signé de protocole. « Pourquoi formaliser ce qui est informel ?, dit-on du côté de Bruxelles-Ouest. Chaque école a son projet éducatif, sa gestion propre. Nous sommes là, disponibles 24 heures sur 24, à la demande. »

Idem à Schaerbeek où la police fait « offre de service », sans plus.

A l’athénée de Mons, c’est en cas « d’ultime recours » : « Ils sont intervenus à deux reprises : une agression au couteau et l’intrusion d’un père qui avait perdu la garde de ses enfants et voulait les voir. Sinon, ils patrouillent en civil aux abords, sur le temps de midi », explique la préfète.

Sa collègue d’Ath témoigne dans le même sens : « Il y a peu, un élève avait fugué, un policier est venu en civil, en toute discrétion. Il n’y a pas d’ingérence de leur part, mais nous avons tout intérêt à collaborer. » Dans l’arrondissement de Nivelles, un protocole a été formalisé. Mais, précise Eric Janssens, procureur du Roi du tribunal de la jeunesse : « L’école reste un sanctuaire. Pas question de la mettre sous tutelle, et respect mutuel. »

Autre exemple : dans la zone de police de Liège, où 170 établissements scolaires ont également signé un protocole dans le cadre du plan zonal de sécurité. « C’est notamment utile pour lutter contre l’absentéisme scolaire, se félicite le commissaire Renwa. Il y a des patrouilles régulières au centre-ville, dans le Carré. Avec des vérifications et des contacts réguliers. »

Ailleurs, ça passe par des actions de sensibilisation via le projet policier « Mega » (« Mon engagement pour garantir mon avenir »), en 5e et en 6e primaire. Au programme : gestion du stress, affirmation de soi, lutte contre les assuétudes, influence des médias… « Est-ce là le rôle de la police ?, dénonce-t-on chez Infor-drogues. N’y a-t-il pas confusion dans les missions ? » Police/écoles, mariage forcé ou de raison ? Le débat n’est pas clos.

p.2 l’édito

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[24] RockDoris envoyer un message personnel dit le 29/05/2009, 22:35


C'est la dure réalité de la vie moderne. Bientôt, avec des parents démobilisés s'il en est, il faudra faire rentrer la police dans les habitations. Pour certains, ça ne ferait pas de tort. Voilà le résultat d'années (que dis-je: de dizaines d'années) de laxisme et de mise sur un piédestal de ce fameux "enfant Roi". Un sursaut de réalisme SVP ! La discipline n'a jamais tué personne. Le laxisme, plus qu'apparemment, si !

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[23] Tchuudi envoyer un message personnel dit le 29/05/2009, 22:17

[13] XloX
"[ Et par ailleurs, un élève qui détient un peu d'herbe n'est pas un délinquant ]....... Ha ? C'est quoi alors ? Et si il refile sa merde à mes gosses, ce n'est pas grave ?" --- A vous lire, ça fera de vos gosses des délinqunants, tout simplement (tout au moins à vos yeux. Pour ma part, j'y verrai juste des gosses ayant un problème que vous ou les éducateurs pourrez prendre en main, si vous le désirez). N'oubliez pas de leur apporter des oranges...

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[22] Daernak envoyer un message personnel dit le 29/05/2009, 18:48


L'article me semble masquer à grand-peine les orientations de gauche du journaliste. Pour une fois qu'une loi va dans le bon sens...

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[21] JSB envoyer un message personnel dit le 29/05/2009, 14:29

[20] LAURIE
"S'ocuper de toxico ,c'est un autre métier". Mais est-ce celui de la police? Je ne crois pas avoir suggéré qu'il était acceptable que des élèves fument de l'herbe ou prennent quoi que ce soit d'autre pendant les heures de cours. Simplement, jusqu'à présent, la répression n'a jamais servi la cause de la lutte contre la toxicomanie. C'est certes plus facile et rassurant, mais n'est d'aucune aide.

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[20] LAURIE envoyer un message personnel dit le 29/05/2009, 12:26


Et par ailleurs, un élève qui détient un peu d'herbe n'est pas un délinquant." ....ben voyons . Et après la pause de midi ,il ressemble à quoi,à votre avis ?? Avec des yeux comme des balles de tennis ?Soit il dort sur son banc (on a de la chance !) ,soit il en en phase d'agitation . Une école est AUSSI un lieu de travail pour des gens qui ont avant tout choisi d'enseigner . S'ocuper de toxico ,c'est un autre métier .

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[19] JSB envoyer un message personnel dit le 29/05/2009, 11:03

[17] Gecko80
Bof... pas certain qu'une "bonne torgnole" ait jamais dissuadé un enfant de fumer. Disons qu'il le fera plus discrètement. Sur le fond, je suis d'accord avec vous: à chacun son rôle et ses responsabilités. L'enseignement pour l'école, l'éducation pour les parents. Le vrai problème, c'est que de nombreux enfants n'nt pas appris les codes sociaux, et quand un prof essaie ou doit le rappeler l'ordre, l'élève trouve en ses parents des alliés objectifs qui vont reprocher au prof / à l'école de se mêler de ce qui ne les regarde pas. Résultat: démission au propre ou au figuré des profs et porte ouverte à tous les abus. Et donc la seule solution qui semble efficace: la répression.

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[18] google trotter envoyer un message personnel dit le 29/05/2009, 10:57


Pour Gecko80 "les parents préfèrent mettre le directeur et les enseignants en cause en prétendant que c'est le rôle de l'école d'éduquer leur progéniture alors que c'est avant tout leur propre rôle de parent, l'école étant un complément à leur éducation." J'aurais plutôt tendance à dire qu'auparavant l'école jouait un vrai rôle dans l'éducation des enfants dans la mesure où la parole du directeur et du professeur étaient respectées. Aujourd'hui, le directeur et enseignants ont juste le droit de la fermer et distribuer les diplômes en fin de cycle.

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[17] Gecko80 envoyer un message personnel dit le 29/05/2009, 10:49

@JSB
"Et par ailleurs, un élève qui détient un peu d'herbe n'est pas un délinquant." A une certaine époque, ce genre de chose aurait pu se régler très simplement: convocation des parents chez le directeur de l'établissement, les parents donnent une bonne torgnole à leur moutard et tout serai rentré dans l'ordre. Mais aujourd'hui, comme le fait remarquer J.S., dans un cas pareil, les parents préfèrent mettre le directeur et les enseignants en cause en prétendant que c'est le rôle de l'école d'éduquer leur progéniture alors que c'est avant tout leur propre rôle de parent, l'école étant un complément à leur éducation. Alors aujourd'hui, les directeurs font appel à la police que les "parents" auront un peu plus difficile à ...intimider.

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[16] Strahd envoyer un message personnel dit le 29/05/2009, 10:42

A quand une responsabilisation penale des parents?
On se le demande, les premiers fautifs pour des troubles (trafic,racket, etc...) ce sont les parents et on ne les responsablilise pas assez. Condamnation d'un mineur le pere va en prison et paye les dommages et interets si nécessaie, ce n'est pas de la faute d'un adolescent si il est mal eduqué c'est la faute des parents. Je suis pere et je suis responsable de mes enfants! Mais quand on lit "Quant à la Fédération des institutions pour toxicomanes (Fedito), elle dénonce une forme de « violence institutionnelle »"...on ne prend pas de drogue à l"école ou au travail...si c'est dans un but recreatif..il y a les vacances, les WE et si c'est un probleme c'est un toxico qui doit etre traité.

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[15] JSB envoyer un message personnel dit le 29/05/2009, 10:35

[13] XloX
S'il la file à vos enfants, c'est un dealer, ce qui n'est pas tout à fait la même chose. Par ailleurs, je suis entièrement d'accord qu'il n'est pas acceptable que l'on fume de l'herbe (ni boive de l'alcool) dans l'enceinte de l'école ou plus généralement en présence de mineurs. Mais il faut faire preuve de discernement: le jeune qui possède de l'herbe est-il client ou dealer? Il ne faut pas se tromper de cible: 9 fois sur 10 il est un simple consommateur, et à ce titre, la répression policière n'est pas très utile.

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[14] google trotter envoyer un message personnel dit le 29/05/2009, 10:31


On se trompe de cible. Elle a bon dos la police ! La police est sans doute la moins mauvaise des solutions sur le court terme parce que ceux qui devaient prendre leurs responsabilités ne l'ont pas fait. Une solution à long terme ? changer les politiques.

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[13] XloX envoyer un message personnel dit le 29/05/2009, 10:15


[ Et par ailleurs, un élève qui détient un peu d'herbe n'est pas un délinquant ]....... Ha ? C'est quoi alors ? Et si il refile sa merde à mes gosses, ce n'est pas grave ? Qu'il fasse ce qu'il veut chez lui,ok, mais pas dans un endroit public, et surtout pas dans une école.

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[12] JSB envoyer un message personnel dit le 29/05/2009, 10:03


Restons très prudent, car une descente de police est très marquante pour les enfants. Et par ailleurs, un élève qui détient un peu d'herbe n'est pas un délinquant. L'influence d'une interpellation un peu voyante / musclée sur sa scolarité pourrait être néfaste. Surtout si les parents sont mal informés sur les vrais enjeux et les vraies causes de cette consommation. Ca peut vite devenir contreproductif.

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[11] J.S envoyer un message personnel dit le 29/05/2009, 10:00

les premiers
responsables de la violences à l'école, et cela dès le primaire, que je connais bien pour avoir une petite fille dans le primaire communal d'une commune rouge sang, c'est le pouvoir politique en place dont dépend l'établissement. Les directions d'écoles inféodées politiquement à ce pouvoir, marchent sur des oeufs...Punir un petit voyous? impensable. Menacer de renvois? faute impardonnable... Surtout ne rien revendiquer, surtout ne pas faire de vague, c'est mauvais pour la carrière. Qu'un parent aie se plaindre au copain politicien de la trop grande "sévérité" à l'école, et c'est l' instit ou le directeur qui prend le coup...Un électeur est un électeur...Avec une politique pareille, on va droit dans le mur...d'ailleurs on y est déjà.

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[10] yvanleriche envoyer un message personnel dit le 29/05/2009, 09:53

l'éductation...
Certes il y a un problème dans notre société mais l'éducation, avec des valeurs profondes, est aussi une des règles fondamentale pour bien vivre en société. Et celle-ci est sous la responsabilité des parents !beaucoup d'entre-eux ont jeté l'éponge depuis longtemps... alors il ne faut s'étonner de rien.

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