Le Conseil d’Etat donne raison à des « reçus-collés »
Rédaction en ligne
jeudi 21 août 2008, 19:00
Le Conseil d’Etat a donné raison, en extrême urgence, à 17 étudiants en médecine « reçus-collés » de l’Université de Liège (ULg) qui ont contesté le refus d’inscription en deuxième année alors qu’ils avaient réussi.
Milutin – Le Soir
Simonet : le problème reste le numerus clausus
Le gouvernement de la Communauté française pourra faire ce qu’il veut, il ne trouvera jamais le bon système pour mettre en oeuvre le numerus clausus parce que le problème, c’est ce numerus clausus imposé par le niveau fédéral, a expliqué jeudi la ministre de l’Enseignement supérieur, Marie-Dominique Simonet.
La ministre ne souhaite pas commenter en tant que tel l’arrêt du Conseil d’Etat visant l’Université de Liège et des étudiants qui n’ont pas été admis en deuxième année de médecine alors qu’ils avaient 60 % des points. Il s’agit d’une décision de justice dans une affaire où, en plus, la Communauté française n’était pas à la cause.
Elle estime toutefois que le problème réside dans le numerus clausus lui-même. « On peut faire ce que l’on veut et on peut remonter aux gouvernements précédents : que ce soit une sélection après un an, trois ans ou sept ans, le vrai problème c’est que l’on empêchera toujours des étudiants motivés et sérieux de faire les études qu’ils ont choisi jusqu’au bout parce qu’il y a ce numerus clausus », a-t-elle souligné.
Elle s’est montré d’autant plus dépitée face à l’imbroglio actuel que des pénuries de médecins commencent à se faire sentir en Belgique.
Le 22 juillet, le gouvernement de la Communauté, confronté au problème des étudiants « reçus-collés » (c’est-à-dire des étudiants délibérés comme ayant échoué alors qu’ils ont obtenu la moyenne), a autorisé la délivrance de 100 autorisations de passage en 2e année de médecine supplémentaires mais ce n’est qu’un « sparadrap », regrette la ministre. « Il y aura toujours un 101e », a-t-elle fait remarquer.
Les étudiants en médecine « reçus collés » de l’Université de Liège, qui avaient introduit un recours devant le Conseil d’Etat, ont obtenu gain de cause en référé. L’arrêt a été rendu le 14 août et signifié aux parties mardi.
Les étudiants dénonçaient le fait que l’ULg n’a pas appliqué la mesure qui permettait au jury de décerner en 2008 15 % des attestations prévues pour 2009. A Liège, où 53 reçus collés ont été dénombrés, seules 22 places supplémentaires avaient été accordées grâce aux 100 places supplémentaires libérées par le gouvernement de la Communauté française en juillet pour l’ensemble des universités de la Communauté. Le fait de prélever 15 % du quota 2009 aurait permis de délivrer 16 attestations supplémentaires.
Le jury, composé par tous les professeurs de 1er baccalauréat médecine, avait décidé de ne pas prélever dans le quota pour ne pas pénaliser les étudiants de l’année académique 2008-2009.
Le Conseil d’Etat a estimé que le jury n’avait pas motivé suffisamment sa décision et n’avait pas tenu compte du fait que toutes les analyses annonçaient une pénurie de médecins dans les années à venir.
Le recteur de l’ULg décourage
« Le Conseil d’Etat nous reproche de ne pas faire la même gestion que les politiques, à savoir : prenez tout tout de suite et on verra plus tard pour le reste. Nous ne savons pas si le système perdurera ou non en 2009 mais rien ne nous permet de conclure qu’il ne sera plus d’application », a commenté le recteur de l’ULg, Bernard Rentier, directement visé par le recours au Conseil d’Etat.
Le recteur estime que le jury a agi en « bon père de famille ». « On nous reproche d’avoir fait l’écureuil avec ses noisettes et on nous demande de nous comporter comme la cigale. Perso
nne ne comprend rien à la situation. Nous sommes pantois », a-t-il expliqué, manifestant son découragement. « Je suis fatigué de rentrer dans ces systèmes générateurs de recours supplémentaires », a soupiré le recteur, qui a toujours marqué son opposition au numerus clausus. « Pour nous, un étudiant qui a obtenu 60 % et qui n’a pas de cote d’exclusion doit pouvoir continuer ses études. Mais le monde politique nous met dans une situation kafkaïenne et nous installe dans une situation qui n’est pas la nôtre. Nous devons ajourner des étudiants qui ont obtenu leurs points. C’est très décourageant », a commenté Bernard Rentier.
Le principe même du numerus clausus remis en cause
Le principe même du numerus clausus est remis en cause par le Conseil d’Etat qui s’interroge sur sa validité et sa conformité avec le pacte relatif aux droits civils et politiques, signé à New-York en 1966, qui prévoit que tout étudiant qui en a les compétences peut choisir et poursuivre ses études.
Le jury des professeurs de médecine de l’ULg se réunira samedi matin pour déterminer sa position. « Soit il décidera de motiver mieux la raison pour laquelle nous n’avons pas appliqué la règle des 15 %, soit les attestations seront délivrées. Mais il faudra expliquer pourquoi 129 étudiants ont reçu leur attestation cette année, contre seulement 95 l’année prochaine. Le jury est souverain, c’est lui qui décidera », a conclu le recteur liégeois.
Nous avons les hommes politiques les plus incompétents du monde occidental. D'abord il n'est pas possible de prévoir avec 7 ans d'avance (généralistes) ou 12 ans d'avance (spécialistes, ...) s'il y aura pénurie de médecins (et dans quelles spécialités ?). Tout ça, c'est à but budgétaire: moins de médecins, moins de soins, délais de rendez-vous allongés, etc, donc moins de dépenses de la sécu...moins de remboursements inami. Mais alors, dans cette même logique, il faut bloquer aussi l'entrée des médecins étrangers, qui viennent exercer en Belgique. pourquoi un médecin étranger pourrait-il s'installer et professer en Belgique alors que des belges ne le peuvent pas ? Il suffit d'aller aux urgences de n'importe quelle clinique pour s'apercevoir que des médecns étrangers, il y en a à la pelle. Quelle terrible discrimination !
Surtout qu'ils le savait... Cela fait dix ans que l'on sait que l'on doit être dans les meilleurs pour passer... Ou alors ils vont faire biologie, biomédicale ou pharma si ils veulent réussir avec une moyenne de 12 !
Oui mais tout le problème est que des étudiants réussisent avec 16 voire plus de moyenne (en première session!) et sont recalés, ça c'est injuste.
100% d'accord avec Smita, être bon en "théorie" ne signifie pas qu'on sera bon en pratique et la première année d'étude est d'ailleurs assez théorique. De plus les aléas de la vie font que bon nombre d'étudiants n'iront pas au bout de leurs études pour diverses raisons ou n'excerceront pas ici ou pas du tout.
Il serait plus logique de "forcer" certains étudiants à devenir généralistes, puisque à ce que je sache, c'est la que se situe la pénurie et si tous les étudiants sortant font une spécialisation...
@ [21] Smita Si, comme vous le suggérez, les meilleurs médecins ne sont pas ceux qui réussissent le mieux leurs études (même si votre exemple de "bêtes de concours" peut se présenter) je ne vois quand même pas d'autres critères de sélection que des examens. L'autre option serait la sélection "sur le tas" càd par la pratique effective; mais alors là: "bonjour les dégâts".
Le meilleur ? @ rolleiflex Oh, je n'avais jamais pensé à demander à mon médecin s'il était sorti avec une grande distinction. A vous lire, je devrais? n'avez vous jamais entendu parler des "bêtes de concours" qui déçoivent par après dans la vie réelle?
Pénurie et motivations Trop peu de médecins en Belgique ? Argument démagogique sans preuves incontestables. Délais d'attente démesurés ? Difficulté d'appeler un généraliste (et de se faire soigner à domicile) ? Par contre il y a des généralistes en manque de patients.La Wallonie oserait-elle par les temps qui courent déverrouiller le numérus clausus alors que la Flandre l'applique sans problèmes connus ou (sur)médiatisés. C'est que là haut on a choisi sans tergiversations l'examen d'entrée, clair et net dès le début.Remettre en question le système suite au recours d'étudiants moins performants que ceux qui les précèdent ? Aberrant. On ne légifère pas pour les cas particuliers ou extrêmes. Et pour minimiser les risques à l'université il bosser, comme dans la vie professionnelle d'ailleurs. Réjouissons nous plutot que ceux qui nous soigneront soient les meilleurs de leur promotion.
Il y aura toujours un 101e Mais les présidents du CDH et du PS avaient promis de "récupérer" tous ceux qui avaient réussi en juin! Pourquoi n'ont-ils pas tenu parole?
cohérence? Si le jury suit le conseil d'état, ceux qui commenceront leurs études cette année auront peut-être moins d'attestations mais aussi parmi eux moins de reçus collés que d'habitude. Ils ne seront donc pas aussi "pénalisés" qu'on pourrait le croire. Je note aussi qu'à Namur, il y avait moins d'étudiants qu'à Liège. Or, les attestations accordées sont plus nombreuses (on passe quasi, si mes informations sont correctes, de 1 sur 4 à Liège à 1 sur 3 à Namur). Je ne comprends pas bien la clé de répartition de ces attestations. Pourquoi Bruxelles et Louvain proches l'une de l'autre ont-elles plus d'attestations que Liège? Je trouve également injuste que selon l'université fréquentée, l'on puisse bénéficier ou non d'une seconde session. Un étudiant n'est pas égal à un étudiant! Il me paraît clair que par rapport au système actuel, un examen d'entrée serait un moindre mal. Mais le plus juste serait, au vu des médecins engagés dernièrement, de supprimer carrément le numerus clausus.
H3llozz, Mais pourquoi ne pas donner un n° INAMI à tous ceux qui réussissent leurs sept ans d'études ? Comment ils l'obtiennent, leur n° INAMI, les médecins qu'on fait venir de Roumanie et d'ailleurs parce qu'il y a PÉNURIE de généralistes dans nos hôpitaux ? Hein, vous pouvez me le dire ?
Tout médecin pratiquant dans la CEE a le droit d'a
H3llozz, Mais pourquoi ne pas donner un n° INAMI à tous ceux qui réussissent leurs sept ans d'études ? Comment ils l'obtiennent, leur n° INAMI, les médecins qu'on fait venir de Roumanie et d'ailleurs parce qu'il y a PÉNURIE de généralistes dans nos hôpitaux ? Hein, vous pouvez me le dire ?
Tout médecin pratiquant dans la CEE a le droit d'aller travailler où il veut au sein de celle-ci, selon la loi de la libre circulation des personnes et des travailleurs, et obtient d'office ainsi un n° INAMI en Belgique pour y travailler.
Deux problèmes distincts Il y a d'une part la question du nombre de médecins à qui le ministère de la santé délivrera un numéro INAMI. Personnellement, je ne me sens pas capable de dire si ce nombre est correct ou pas. Je ne suis pas convaincu non plus que beaucoup d'intervenants soient plus compétents en la matière. D'autre part, il y a la manière d'atteindre cet objectif. La Communauté Néerlandophone a choisi un examen d'entrée, ce que je trouve la moins mauvaise solution. La Communauté Française a choisi de faire la sélection à l'issue de la première année. En tout état de cause, lorsque le nombre de candidats susceptibles de passer est fixé, on n'appelle pas cette épreuve un examen mais un concours, et pour réussir il faut se classer en ordre utile. La présentation de l'épreuve sous forme d'examen avec reçus-collés est une manipulation pour tout mélanger et provoquer les problèmes actuels.
H3llozz, Mais pourquoi ne pas donner un n° INAMI à tous ceux qui réussissent leurs sept ans d'études ? Comment ils l'obtiennent, leur n° INAMI, les médecins qu'on fait venir de Roumanie et d'ailleurs parce qu'il y a PÉNURIE de généralistes dans nos hôpitaux ? Hein, vous pouvez me le dire ?
Avant de faire de telles banderoles, il faudrait que ces étudiants soient un peu confrontés à l'immoral, l'inhumain et l'injustice pour savoir de quoi ils parlent. Je comprends que ce soit révoltant de se faire recaler après avoir réussi et que le nc est trop rigide et trop peu logique face au marché de l'emploi, mais il y a nettement pire comme injustice.
Surtout qu'ils le savait... Cela fait dix ans que l'on sait que l'on doit être dans les meilleurs pour passer... Ou alors ils vont faire biologie, biomédicale ou pharma si ils veulent réussir avec une moyenne de 12 !
Spartan, ah vous trouvez ??? Un an de sa toute jeune vie passé à étudier grâce à l'argent de papa maman et la communauté toute entière, tout ça pour RIEN ! Vous trouvez que c'est moral, juste, humain ????
Avant de faire de telles banderoles, il faudrait que ces étudiants soient un peu confrontés à l'immoral, l'inhumain et l'injustice pour savoir de quoi ils parlent. Je comprends que ce soit révoltant de se faire recaler après avoir réussi et que le nc est trop rigide et trop peu logique face au marché de l'emploi, mais il y a nettement pire comme injustice.
[1] yvesgaston « Comment peut-on admettre dans une démocratie une limitation du nombre d'étudiants pour les études ? » Il faudrait que vous sortiez un peu de vos frontières. Beaucoup de pays démocratiques prennent un nombre limité d'étudiants, et leurs écoles font parties des meilleures au monde.