La police n’a pas agi violemment, dit Dewael

Rédaction en ligne

mercredi 30 avril 2008, 21:49

La police locale de Bruxelles n’a pas agi violemment à l’égard des manifestants, a indiqué au Sénat le ministre de l’Intérieur Patrick Dewael. Une vingtaine de personnes ont manifesté devant le siège du PS. Une délégation a été reçue. Par ailleurs, les deux avocats qui ont été malmenés par des policiers porteront plainte contre la police lundi prochain.

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Archives B.Revert

Deux avocats malmenés déposeront plainte lundi

Les deux avocats, Me Vincent Lurquin et Alexis Deswaef, qui ont déclaré avoir été malmenés mardi soir par des policiers alors qu’ils tentaient de rencontrer des sans-papiers interpellés dans le cadre d’une occupation organisée devant l’Office des étrangers, ont annoncé mercredi leur intention de déposer plainte lundi contre la police.

Le bourgmestre de Bruxelles a confirmé qu’il avait autorisé les deux avocats à rencontrer les personnes arrêtées pour apaiser les esprits. Les deux avocats ont eu un contact mercredi avec leur bâtonnier.

Une plainte pourrait être déposée

également au Comité P. Selon les deux avocats, les auteurs des coups sont identifiés et des images ont été enregistrées au moyen de caméras. Le bourgmestre s’est engagé à mener une enquête interne suite au dépôt d’une plainte de n’importe quel manifestant ou avocat qui estime avoir été malmené.

Me Vincent Lurquin s’est rendu à deux reprises à l’hôpital mercredi pour subir des examens. Frappé à l’oreille, il aurait été victime d’une légère commotion cérébrale. Il a également un pied enflé et souffre de douleurs sur tout le corps. Me Alexis Deswaef a expliqué qu’il avait été plaqué contre un mur et insulté. Une source proche de la police a précisé que l’un des deux avocats avait adopté un comportement de militant et non d’homme de droit.

« Nous avons décidé de porter plainte car nous estimons de manière légitime qu’il n’est pas tolérable d’exercer notre métier dans de telles conditions. Ce genre de gros dérapage est inquiétant pour notre démocratie. Nous regrettons également qu’on ait profité d’arrêter administrativement des manifestants sans-papiers pour les placer en centre fermés. Le droit à la manifestation est garanti par la constitution », a déclaré Me Vincent Lurquin.

Selon un étudiant membre de la délégation, les manifestants ont été réellement surpris par la réaction de la police et de la Ville de Bruxelles. Ils ont tenté à deux reprises de négocier auprès du bourgmestre mardi une occupation symbolique mais disent avoir trouvé porte close. « Les sans-papiers ont pris leur responsabilité en jouant leur rôle de citoyen mais nous avons une responsabilité morale envers ces personnes et nous continuerons à être sur la brèche », a ajouté Thibault Deleixhe, étudiant à l’ULB.

Les personnes arrêtées et qui pourraient se trouver dans les conditions de régularisation doivent être remises en liberté, estime le PS, qui dit reconnaître pleinement la légitimité des sans-papiers à porter sur la place publique des revendications politiques.

Le parti a condamné dans un communiqué tout acte de violence qui aurait pu être commis à l’encontre des manifestants ou de leurs avocats.

Les Socialistes indiquent qu’ils ont demandé à plusieurs reprises à la ministre de la politique migratoire de donner les instructions nécessaires à l’Office des étrangers pour que les personnes qui pourraient bénéficier d’une régularisation ne soient pas arrêtées et ne puissent faire l’objet d’une mesure d’éloignement.

Le PS déclare avoir obtenu l’engagement qu’une circulaire déterminant les critères de régularisation serait élaborée dans le courant du mois. Le parti a rappelé à la délégation qu’il avait obtenu lors de la négociation de l’accord de gouvernement l’élargissement des critères de régularisation, notamment pour inclure les personnes qui peuvent faire valoir un ancrage local durable.

La locale Ecolo de la Ville de Bruxelles a indiqué qu’elle restait perplexe sur la manière dont la police est intervenue mardi et sur le refus catégorique des autorités de la Ville de laisser s’exprimer, par une occupation symbolique de pelouses, un soutien à la situation inhumaine que connaissent aujourd’hui les sans-papiers.

Pas de violence, dit Dewael

La police locale de Bruxelles n’a pas agi violemment à l’égard des manifestants pour la cause des sans papiers, a indiqué au Sénat le ministre de l’Intérieur Patrick Dewael dans une réponse lue par sa collègue de l’Asile et des Migrations Annemie Turtelboom.

Mme Turtelboom a été interrogée par Isabelle Durant, co-présidente d’Ecolo, qui a qualifié de « très graves » les événements qui se sont déroulés mardi et mercredi à Bruxelles, et par le sénateur Marc Elsen (CDH) qui a indiqué que la manifestation témoignait de « la situation d’urgence » dans laquelle vivent les intéressés.

Deux avocats bruxellois ont indiqué avoir été molestés par la police à l’occasion de cette manifestation. Il y a eu une « certaine résistance » de la part d’une cinquantaine d’étudiants de l’ULB et de quelques avocats, a indiqué M. Dewael citant la police locale de Bruxelles. « La police n’a pas agi violemment », a-t-il précisé.

Le ministre de l’Intérieur a ajouté que lors des événements évoqués, 25 étrangers avaient été arrêtés dont 12 ont été transférés vers des centres fermés, n’entrant pas en considération pour une régularisation humanitaire. Trois étrangers se sont vus délivrer un ordre de quitter le territoire. Dix autres ont par ailleurs été libérés.

La ministre Turtelboom a confirmé que conformément à l’accord de gouvernement, un projet de circulaire était sur le point d’être finalisé reprenant les critères de longue procédure et d’ancrage durable. Actuellement, les services continuent d’appliquer les critères connus dans le cadre d’examens individuels, a-t-elle rappelé.(belga)

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